Christophe Perruchas
Christophe Perruchas
Entre les branches, parfois, se dessinent quelques centimètres de vide, un espace irréductible. On appelle cela la timidité des arbres : ils ne se touchent pas, jamais. Christophe aime Anne, Anne aime Christophe. Mais eux aussi semblent séparés par une frontière invisible. Ce roman retrace les étés de Christophe sur les plages de la côte atlantique entre 1990 et 1994. Il y bosse dur, vendeur de chouchous sous les ordres d'un patron roublard. Il y grandit aussi, loin de ses parents, avec d'autres jeunes qui comme lui entrent dans l'âge adulte. Loin d'Anne, surtout. Portrait d'un jeune homme romantique, le troisième roman de Christophe Perruchas explore avec délicatesse les marges obscures des sentiments et des désirs. En cinq étés, un garçon amorce sa vie d'homme dans l'ardente solitude d'un amour impossible. C'est l'histoire d'une métamorphose et d'une disparition. Des mots d'amour échangés à dix-sept ans, et l'empreinte qu'ils laissent, pour toujours.
Il s'appelle Antoine, il a quarante-trois ans. Il travaille dans la publicité et quand il reçoit la visite d'un inspecteur du travail au sujet de la tentative de suicide d'une employée, il se dit que la procédure ne présente pas le moindre risque. Ce premier roman de Christophe Perruchas suit comme en caméra embarquée un homme rattrapé par la vague #metoo.
Dans ce roman puissant, Christophe Perruchas confronte un fils à la folie de sa mère, atteinte du syndrome de Diogène (elle accumule les objets qui envahissent peu à peu la maison). En deux séquences séparées d'une vingtaine d'années, le fils adolescent puis jeune père fait face à cette mère inaccessible qui l'a « orpheliné » de son vivant. Saisissant.
Baptiste Travert n'en finit pas d'écrire un second roman. Il approche de la cinquantaine. Sa mère vient de mourir. Ses enfants entrent dans l'adolescence. Un jour de solitude il revoit Le Feu follet de Louis Malle. Maurice Ronet y incarne un personnage inspiré de Jacques Rigaut. En même temps que renaît une obsession ancienne pour le dandy dadaïste, Baptiste, en rupture avec sa famille, s'installe dans la maison de sa mère. Telle une chambre d'échos, entre les larmes et les rires, ce roman de Christophe Perruchas compose le portrait halluciné d'un type qui se débat entre ceux qui l'entourent et un monde d'ombres. La mère disparue et l'oncle assassiné à la fin de la guerre d'Algérie s'y mêlent à l'aura des écrivains morts. Ainsi se brouille la frontière entre la littérature et la vie.