Claude Minière
Claude Minière
Ces poèmes, nés de l'expérience sensible (Brebis) ou de la réflexion historique (Féérie), mesurent les chances (ce que l'on « chérit », selon le mot de Rimbaud) de retrouver la franchise première.
Prenant le contre-pied de l'épigraphe de Blaise Pascal qu'il a choisie : "L'éloquence continue ennuie", Claude Minière invoque l'orage comme principe de discontinuité et place le lieu essentiel de la poésie dans l'entre-deux, l'espace entre l'éclair et le tonnerre, le peintre et son modèle, la source et la mer, l'émotion première et le poème. "Nous aimons les espaces, écrit-il. Leur éloquence n'est pas continue" ; ils permettent la mise en oeuvre, à coups de poèmes brefs et tendus, d'une interrogation métaphysique qui confère à cet ensemble poétique son caractère singulier et sa dimension tonique et séduisante.
Prenant le contre-pied de l'épigraphe de Blaise Pascal qu'il a choisie : "L'éloquence continue ennuie", Claude Minière invoque l'orage comme principe de discontinuité et place le lieu essentiel de la poésie dans l'entre-deux, l'espace entre l'éclair et le tonnerre, le peintre et son modèle, la source et la mer, l'émotion première et le poème. "Nous aimons les espaces, écrit-il. Leur éloquence n'est pas continue" ; ils permettent la mise en oeuvre, à coups de poèmes brefs et tendus, d'une interrogation métaphysique qui confère à cet ensemble poétique son caractère singulier et sa dimension tonique et séduisante.
Encore une fois, la poésie de Claude Minière est resserrée comme un poing, frappe juste à coups de vers sans pathos. Brève, sèche et minimaliste, mais dense, à la musique discrète. Ce recueil reprend un thème traditionnel depuis Sénèque dans une époque, la nôtre, qui a bien besoin de consolations. Créant une atmosphère intimiste, l'auteur parvient à "écarter le bruit des flots" : telle est la définition inspirée d'un poète chinois pour sa haute consolation.
Encore une fois, la poésie de Claude Minière est resserrée comme un poing, frappe juste à coups de vers sans pathos. Brève, sèche et minimaliste, mais dense, à la musique discrète. Ce recueil reprend un thème traditionnel depuis Sénèque dans une époque, la nôtre, qui a bien besoin de consolations. Créant une atmosphère intimiste, l'auteur parvient à "écarter le bruit des flots" : telle est la définition inspirée d'un poète chinois pour sa haute consolation.
Alors que l'on parle d'esprit cartésien, de système cartésien, les écrits de Descartes ne posent pas un édifice stable ni clos, leurs conquêtes sont mouvantes, inquiètes, traversées de contradictions et retouches. Bataille - peut-être le meilleur lecteur de Descartes - dira qu'il a eu une intuition non-subordonnée qu'il a tenté de domestiquer en la soumettant à des principes. Comment peut-on être cartésien ? En le voyant raisonner, méditer, écrire, sur un théâtre personnel.
"Herman Melville aurait aujourd'hui deux cents ans. Il a survécu et continuera de vivre, mais quelle histoire, que de risques encourus ! On pense parfois que l'on peut dessiner une ligne de vie, en suivre la courbe. En fait, on doit y revenir sans cesse, par de multiples touches, sous des angles variés, des "éclairages". Même sentiment pour ce qui concerne l'avenir de Melville, l'à-venir de son oeuvre. Dès avant le décès d'Herman (en 1891), il était oublié, sorti de la scène littéraire. On en reparlera dans cent ans." Claude Minière.
"Herman Melville aurait aujourd'hui deux cents ans. Il a survécu et continuera de vivre, mais quelle histoire, que de risques encourus ! On pense parfois que l'on peut dessiner une ligne de vie, en suivre la courbe. En fait, on doit y revenir sans cesse, par de multiples touches, sous des angles variés, des "éclairages". Même sentiment pour ce qui concerne l'avenir de Melville, l'à-venir de son oeuvre. Dès avant le décès d'Herman (en 1891), il était oublié, sorti de la scène littéraire. On en reparlera dans cent ans." Claude Minière.
Refaire le monde, le refonder sur de meilleures bases, dans et par la langue, c'est ce que Claude Minière se propose de réaliser dans ce recueil. Pour donner plus de vigueur et de portée à ses textes, il remet en pratique l'éclatement du poème inauguré par Mallarmé, sans se priver pour autant de la présence de rimes ou d'assonances. L'écologie et le sort de notre espèce, mais aussi la politique, l'économie, le temps et la mémoire, voilà quelques-uns des thèmes principaux de ce bel ensemble poétique. Mais une ironie amère ou laconique l'emporte ici toujours sur le lyrisme imprécatoire d'un Chénier ou d'un Hugo. Car le poète aujourd'hui ne tombe plus des nues comme l'orage : il descend modestement l'escalier de cette HLM qu'est l'univers humain.
Refaire le monde, le refonder sur de meilleures bases, dans et par la langue, c'est ce que Claude Minière se propose de réaliser dans ce recueil. Pour donner plus de vigueur et de portée à ses textes, il remet en pratique l'éclatement du poème inauguré par Mallarmé, sans se priver pour autant de la présence de rimes ou d'assonances. L'écologie et le sort de notre espèce, mais aussi la politique, l'économie, le temps et la mémoire, voilà quelques-uns des thèmes principaux de ce bel ensemble poétique. Mais une ironie amère ou laconique l'emporte ici toujours sur le lyrisme imprécatoire d'un Chénier ou d'un Hugo. Car le poète aujourd'hui ne tombe plus des nues comme l'orage : il descend modestement l'escalier de cette HLM qu'est l'univers humain.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Sur une ligne générale, strong line, voici que les figures s'emportent. Dans le feu de l'action et leurs trébuchements de chansons courantes. À un point de non-retour et de retour, de fuite et de saisissement... Figures égarées et conduites en coup de vents contraires, en coups de fraîcheur brusque, en un moment de difficulté somme toute passagère. Vertu de la poésie, le scandale n'est-il pas, au fond, cette course arrêtée et qui reprend, rompue aux soulèvements, suspendue dans ses enjambements, ses variations ? On reprend la pose, la scène s'arrange.