Colette Vlérick
Colette Vlérick
Louise n'a pas encore treize ans quand la police du roi la déshabille en pleine rue de Brest. Son crime ? Elle porte une étoffe prohibée, une indienne. Toute l'Europe s'est prise de passion pour ces cotons tissés en Inde et peints de couleurs éclatantes. Mais la France les interdit toujours, en plein XVIIIe siècle ! La honte pousse Louise à s'enfuir de la maison de son tuteur, le chevalier Philippe de La Gambais. Envoyé à sa recherche, Nicolas, un autre protégé du chevalier à peine plus âgé qu'elle, choisit de l'accompagner. C'est le début d'un long périple semé d'obstacles et de drames mais aussi de rencontres lumineuses. À Lorient, Louise trouve une place dans une bonne maison et Nicolas à la Compagnie des Indes. Il y découvre la beauté des indiennes, importées légalement pour être exportées dans les pays qui les autorisent. Dès lors, convaincu que la prohibition ne tiendra plus longtemps, il veut tout apprendre sur leur fabrication. Là sera son avenir ! Mais pas à Lorient : à Nantes ! Louise l'y retrouve et le succès leur semble promis quand, l'interdiction enfin levée, se créent les premières manufactures d'indiennes nantaises. Mais de lourds secrets pèsent sur eux...
Pont-Aven a séduit les artistes bien avant que Gauguin y vienne. Dès 1866, une petite colonie de peintres américains s'y établit. Tout les enchante : la lumière incomparable de la Bretagne, lespaysages et les moulins pittoresques, les sentiers du Bois d'Amour, le soleil sur la rivière, le spectacle du port animé par les bateaux de pêche et, bien sûr, le magnifique costume des femmes. Ils dessinent, ils peignent, se font adopter par la population. Parmi eux, on remarque Mary Ann Flynn, une jeune Américaine adepte du fusain. Bientôt, elle est rejointe par sa cousine anglaise, Victoria Greylord, qui préfère l'aquarelle. Ensemble, elles achètent un terrain au bord de la rivière et s'y font construire une maison qui accueillera leurs amis peintres, plus ou moins argentés. Ravissantes et libres, les deux jeunes femmes mettent en émoi plus d'un homme, artiste, aristocrate ou pêcheur. Mais l'une et l'autre cachent une blessure. Auraient-elles choisi l'art contre l'amour ? À travers la peinture d'une amitié sans faille entre deux femmes à l'esprit libre, Colette Vlérick fait revivre une page colorée mais souvent oubliée de la longue histoire entre Pont-Aven et les artistes.
En cette fin du XIXe siècle, la vie est rude au pays des abers. Pour les femmes, les travaux de la ferme et le soin de la famille. Pour les hommes, les dangers de la mer quand ils partent récolter le goémon sur les îles. À onze ans, celle qu'on nomme La Petite échappe au labeur de la terre : une parente lui trouve une place d'aide-lingère à l'Hôtel des Anges au port de l'Aber-Wrac'h.Le destin de La Petite bascule quand un riche inventeur de Normandie s'installe sur la rivière avec sa famille. Il y bâtit une magnifique demeure et crée le premier parc à huîtres de l'Aber-Benoît, à Prat-ar-Coum.Embauchée « aux huîtres » avec son amie Maria, La Petite est prise en affection par le plus proche collaborateur de l'inventeur. Face aux incertitudes du destin, les deux fillettes se promettent une amitié indéfectible. Elles ignorent la rivalité qui naîtra lorsqu'elles découvriront l'amour...
1875. De retour d'une année de service militaire à Brest, Jean-Marie Le Guen reprend son poste de chauffeur mécanicien à la Société linière du Finistère, grande usine de filature et de tissage employant des milliers d'ouvriers à Landerneau. Orphelin de père et de mère, il y a commencé comme apprenti quand il avait douze ans. Le travail est exténuant. Jean-Marie, qui a des racines paysannes, supporte mal le bruit, la crasse, la poussière, les horaires interminables, les risques d'accident. Il rêve de devenir ingénieur et étudie d'arrache-pied quand il en a le temps. Mais sans argent, sans expérience, sans appuis, quitter la Linière pour tenter l'aventure serait un pari risqué. D'autant qu'il est passionnément épris de Mary, la fille du contremaître en chef, l'intimidant David Mac Leod. Celui-ci acceptera-t-il de laisser la jeune Écossaise suivre dans ses projets fous un Breton avide de liberté ? S'appuyant sur un véritable travail d'enquête, l'auteur de La Fille du goémonier reconstitue dans ce roman vivant et chaleureux le destin d'une de ces figures méconnues mais exemplaires qui peuplent la mémoire de la Bretagne.
1865, dans le Finistère. Jean-Marie Le Guen, jeune paysan de douze ans brutalement orphelin, est mis en apprentissage à Landerneau, à la Société linière du Finistère, une fabrique de tissage de lin forte de plusieurs milliers d'employés. Jean-Marie est encadré par les mécaniciens écossais recrutés pour s'occuper des métiers mécaniques et des machines à vapeur qui les actionnent. Le travail, harassant, l'occupe quatorze heures par jour, du lundi au samedi, mais Jean-Marie est courageux et ambitieux. Il se promet de tout faire pour améliorer sa condition. Grâce à l'aide d'un pharmacien philanthrope, il apprend à lire, à compter ; il peut bientôt rêver d'un avenir meilleur. Mais des liens puissants le retiennent à la Linière : l'amitié d'Yves, apprenti comme lui, et ses sentiments secrets pour une jeune fille aux yeux brillants...
Dans le monde en mutation de l'entre-deux-guerres, en Bretagne et au Canada, deux soeurs arrivent à un tournant de leur existence. Héritières de terres familiales à Plougastel, où poussent les célèbres fraises, Blanche Le Bras et Eugénie Kervella ont construit des destins très différents. Blanche a choisi l'exil dans l'Ouest canadien, où elle s'est forgé une vie heureuse auprès des siens dans l'esprit pionnier des migrants bretons. Sa cadette, Eugénie Kervella, fragilisée par son veuvage, l'y a rejointe avec ses enfants sans réussir à s'adapter au froid ni à l'espace ; elle se languit de la mer et de sa Bretagne, si lointaines... Lorsque deux lettres arrivant du Vieux Continent les invitent à rentrer à Kerviel, leur village natal, pour régler de difficiles affaires de famille, vient le temps des décisions. Le coeur et la raison entre deux pays et deux traditions, Blanche et Eugénie doivent choisir : quel héritage culturel et patrimonial, quelle vie transmettre à leurs enfants ?
Finistère nord... La culture de la fraise se développe dans la presqu'île depuis le milieu du XIXe siècle. On se dispute à grand renfort d'argent les meilleures terres, " ces terres chaudes " où le fruit pousse si bien. Début du XXe siècle. Au hameau de Kerbiel en Plougastel, la famille Le Gall, dont les ancêtres ont acquis une belle prospérité grâce à la culture du lin, continuent d'accroître leurs biens en agrandissant leurs fraiseraies. Les deux filles Le Gall, Blanche et Eugénie, sont liées par un secret : le terrible accident qui a causé la mort du petit frère et qui a fait de Blanche une infirme. En 1903, apprenant le départ d'émigrants pour le Canada, Blanche convainc l'un de ses oncles de l'emmener. Mais l'exil est rude pour cette belle jeune femme, profondément liée à sa Bretagne et à sa soeur... Tandis que Blanche reconstruit sa vie dans les vastes plaines de l'Ouest canadien, Eugénie épouse un voisin. Le domaine des Le Gall s'agrandit donc de nouvelles terres productives. Année après année, la vie réservera aux deux soeurs joies et coups durs. Longtemps, elles se demanderont ce qui les réunira, la réussite, le chagrin ? Ou bien le secret qui pèse sur elle - la mort du jeune frère -, les séparera-t-il pour toujours ?