Daniel Delanoë
Daniel Delanoë
Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart) Frapper les enfants pour les éduquer est un fait social. Claques, fessées et autres coups : depuis des millénaires, les parents élèvent leurs enfants en leur infligeant douleurs et humiliations. La Suède a été le premier pays, suivi d'une cinquantaine à ce jour, à interdire les châtiments corporels envers les enfants. La France reste un des rares pays européens qui refusent d'abolir cette violence éducative, malgré les demandes des Nations unies et les condamnations du Conseil de l'Europe. Pourtant, depuis une vingtaine d'années, de nombreuses études ont établi que frapper un enfant n'a aucune efficacité éducative mais produit des effets négatifs à court et long terme. Mieux, elles montrent qu'arrêter de le corriger améliore son intégration scolaire, ses relations avec les autres et diminue les comportements violents, dès l'enfance et à l'âge adulte. À partir d'une recherche clinique et anthropologique, nourrie de nombreux témoignages, Daniel Delanoë livre un bilan des connaissances médicales, juridiques, historiques et ethnologiques sur la violence éducative, qui, dans le long processus démocratique de nos sociétés, demeure l'une des dernières à être interrogée, les droits de la personne humaine s'arrêtant encore à la porte des foyers.
Selon l'ONU, environ 15 % de l'humanité va migrer au XXIe siècle, soit près d'un milliard de personnes. On estime ainsi que, depuis 20 ans, près de 180 millions d'humains ont quitté leur territoire de naissance ou de vie. Mais contrairement aux idées reçues, un très faible pourcentage de ces migrants rejoint les pays occidentaux.Les personnes qui arrivent en France peuvent parfois cumuler des fragilités médicales, sociales et psychiques. Ainsi, la question de leur prise en charge médicale constitue-t-elle un élément majeur dès leur arrivée. Mais dans un contexte où le système de santé est lui-même en crise, essayer d'y répondre, c'est s'interroger plus globalement sur l'accès aux soins des plus fragiles, quels qu'ils soient.Des pratiques innovantes montrent qu'une communication active entre soignants - parfois eux-mêmes issus de l'immigration - et soignés permet de mettre à profit les compétences thérapeutiques et l'expertise de certains migrants pour mieux faciliter cette prise en charge. C'est là un des enseignements de cet ouvrage riche de témoignages et de rencontres.Ce livre s'est construit sur la base d'enquêtes, d'observations et d'entretiens menés par un groupe d'universitaires, de chercheuses et de chercheurs issus de champs disciplinaires les plus variés. Chaque texte met ainsi en valeur la parole de nombreux témoins intervenant dans le système de soins. Tous livrent des réflexions passionnantes sur leur expérience, reflétant des démarches novatrices et humanisées.Les réponses apportées permettent de proposer en miroir un regard neuf et de repenser les modes de prise en charge pour (ré)humaniser les soins dans leur globalité, au profit de toute la population.
La ménopause est un phénomène biologique universel ; sa représentation sociale ne l?est pas. En Occident s?est longtemps imposée une image négative de la ménopause. Il y a quelques années encore, certaines publicités vantaient les traitements hormonaux avec ce slogan : « Pour que la femme reste femme ». Elle ne le serait donc plus ? Dans d?autres sociétés, au contraire, l?arrêt des règles signe un épanouissement social, amoureux, érotique des femmes, parfois même leur confère un pouvoir réel. Qu?en est-il vraiment, dans notre pays, aujourd?hui ? À travers une vaste enquête menée en France, l?auteur donne la parole à des femmes et des hommes de milieux et d?âges divers, sur ce qui est un sujet tabou autant qu?un enjeu social. Sexe, croyances et ménopause adopte un point de vue historique, anthropologique et sociologique, pour conclure que la réalité s?avère bien différente des clichés?