Daniele Lochak
Daniele Lochak
Comprendre les rouages de l'administration publique n'a jamais été aussi accessible. La Science administrative de Danièle Lochak et Jacques Chevallier offre une analyse claire et rigoureuse des mécanismes.
Les droits de l'homme ne sont pas un corps de principes intemporels, gravés une fois pour toutes dans le marbre. Ils ont une histoire, qui continue à s'écrire en fonction des aspirations nouvelles qui s'expriment, des défis inédits auxquels l'humanité est confrontée : la mondialisation, les mutations technologiques ou encore le dérèglement climatique. Nés sur le terrain des idées, les droits de l'homme ont été consacrés par le droit positif, ils ont servi d'étendard à des combats politiques. C'est dans ces différentes dimensions - idéologique, juridique, politique - qu'il convient de les analyser, comme se propose de le faire cet ouvrage. À l'heure où s'affiche clairement, jusque dans les pays démocratiques, la volonté des gouvernants de s'affranchir du respect des droits humains fondamentaux, on ne peut pas adhérer à la vision idéalisée d'un progrès continu de ces droits, qui entraînerait l'humanité vers toujours plus de justice. Mais, plutôt que d'en tirer la conclusion que la cause des droits de l'homme serait perdue d'avance, ce constat doit inciter à poursuivre les combats qui ont été l'essence même de leur histoire.
Impérialistes, impuissants, inefficaces, manipulés, abstraits, trop nombreux ou trop faiblement exigeants, dépourvus de sanctions lorsqu'ils sont violés : les droits de l'homme sont critiqués de toutes parts. On les accuse aussi d'être néolibéraux, de détruire la justice sociale pour mieux servir les puissances économiques, qu'elles soient étatiques ou qu'elles recouvrent des intérêts privés multinationaux. Pourtant, les droits de l'homme sont mal aimés des néolibéraux qui n'ont de cesse d'en privilégier certains (civils et politiques) contre d'autres (économiques et sociaux), quitte à les sacrifier tous au nom de la liberté du marché pensée comme forme optimale de l'organisation sociale. Ces droits constituent même souvent des instruments de résistance au néolibéralisme. Pablo Gilabert est professeur au Département de philosophie de l'Université Concordia. Danièle Lochak est professeure émérite de droit à l'université Paris Nanterre. Elle est engagée de longue date dans le milieu associatif, notamment à la Ligue des droits de l'homme et au Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigré·es). Christian Nadeau est professeur au Département de philosophie à l'Université de Montréal.
Un inventaire des textes juridiques concernant les Juifs depuis la Révolution française jusqu'à aujourd'hui, resitués dans leur contexte historique, politique et sociologiqueDe prime abord, la conjonction de ces deux mots : " le droit " et " les Juifs " peut surprendre, voire choquer. Spontanément, en effet, on a tendance à penser que, depuis la Révolution française qui a fait des Juifs des citoyens comme les autres, le droit n'a rien à faire de la qualité de Juif. Sauf sous Vichy, bien sûr, cette sombre " parenthèse " dans l'histoire de la République. Mais la réalité est moins simple. Cet ouvrage fait l'inventaire des textes de nature juridique concernant les Juifs depuis la Révolution française jusqu'à aujourd'hui en les resituant dans leur contexte historique, politique et sociologique.
La réflexion sur les mutations contemporaines de l'État sert ici de point de départ pour appréhender les transformations qui affectent le contenu, l'effectivité et les modalités de garantie des droits de l'homme : la délégation de fonctions régaliennes ne dilue-t-elle pas les responsabilités Étatiques ? Comment comprendre les stratégies développées par les États face aux mécanismes de protection internationale des droits de l'homme ? Quelles sont les conséquences du repli de l'État providence sur l'effectivité des droits sociaux lorsque leur garantie est de plus en plus souvent confiée à des personnes privées ? Comment analyser le rôle ambivalent des organisations économiques internationales, acteurs clés de la mondialisation libérale et attachées à la liberté des échanges, sur la réalisation de droits aussi fondamentaux que la santé, le travail ou l'éducation ? La multiplicité de ces questionnements et la richesse des contributions réunies montrent que les droits de l'homme constituent bien une discipline scientifique à part entière et qu'il y a place en ce domaine pour des analyses juridiques rigoureuses et des réflexions théoriques fécondes.
Historiquement, la justice administrative s'est constituée comme un démembrement de l'exécutif, et cette entorse apparente au principe de la séparation des pouvoirs fait - aujourd'hui encore - l'objet de controverses. Présenter la justice administrative, c'est donc - d'abord - montrer pourquoi son existence ne va pas de soi, c'est aussi insister sur le statut particulier des organes chargés de rendre la justice administrative face au pouvoir politique ; c'est, enfin, mettre en évidence la fonction de régulation politique et sociale que remplit le juge administratif, au-delà de sa fonction première, qui consiste à trancher les litiges où l'administration est partie.
La forme qu'ont prise en France les discussions sur la parité, le port de signes religieux à l'école ou les statistiques ethniques, a mis en lumière la dimension idéologique et polémique de la notion d'universalité, les positions en présence étant rapportées à l'opposition irréductible entre les tenants du modèle républicain universaliste et les partisans d'un communautarisme différencialiste.Mobilisant les grands principes constitutionnels comme l'égalité, la dignité ou la laïcité, ces débats ont également montré à quel point l'universalité a partie liée avec le droit.D'où l'intuition, qui est à l'origine de cet ouvrage, que l'universalité ne peut être pensée sans prendre en compte sa dimension juridique et que le droit peut servir d'analyseur pour éclairer la notion d'universalité, pour faire apparaître les tensions et les paradoxes qui la traversent.