David Baverez
David Baverez
Trente ans après la chute du Mur, assiste-t-on au retour d'un affrontement entre blocs ?
2022 a marqué une rupture générationnelle d'une ampleur insoupçonnée. Elle clôt un cycle de trente ans, ouvert en 1989 avec la chute du Mur de Berlin. Deux évènements majeurs sont à l'origine de cette cassure : la guerre menée par la Russie en Ukraine, qui n'est en réalité qu'une variante du conflit sino-américain et marque le début d'une seconde guerre froide au détriment de l'Europe ; et l'entrée de la Chine dans un nouveau modèle politique et économique à l'issue du XXe Congrès du Parti communiste chinois.Ces deux évènements produisent des conséquences en chaîne. Sur le plan économique, « l'économie de guerre » succède à « l'économie de paix » ; sur le plan géopolitique, la planète se transforme en une « demeure du chaos ». En « économie de guerre », la confiance fait place à la méfiance, l'équilibre des forces cède face aux rapports de dépendance, le droit se mue en arbitraire, le libre-échange se heurte à de nouvelles frontières, le conflit à haute intensité devient le mode de résolution des problèmes. Et le monde est contraint d'adopter la nouvelle définition de l'ESG : Énergie, Sécurité, Guerre.Dès lors, une question est cruciale : nos démocraties occidentales sauront-elles s'adapter à cette nouvelle situation, alors que la Chine s'y prépare depuis dix ans ? Dans cet essai, David Baverez appelle à une prise de conscience collective de l'évolution des rapports de force internationaux. Il propose également aux acteurs publics et privés des mesures à prendre de toute urgence pour assurer la survie des sociétés européennes.Installé à Hong Kong depuis 2012, David Baverez est investisseur, essayiste et conférencier. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les relations entre la Chine et l'Occident. Il est également chroniqueur à L'Opinion. Durée : 05H30
David Baverez dresse une cartographie à la fois originale, dépassionnée et dérangeante de ce que pourrait être une nouvelle relation économique, technologique, financière entre l'Europe et la Chine sans gommer pour autant les immenses défis relever. Le retour de la Chine sur l'échiquier mondial, entamé lors de la Grande crise financière de 2008, s'accélère avec le Covid de 2020. L'empire du Milieu s'affirme en nouveau " rival systémique ", bousculant les équilibres mondiaux sur le plan géopolitique, économique et financier. L'Occident doit donc étudier de manière objective ce système, reposant sur des principes généralement à l'opposé des siens de manière à en identifier les faiblesses et les forces, quand bien même celles-ci viendraient remettre en cause ses convictions les plus profondes. Il semble nécessaire de repenser structurellement les fondations de la relation entre Europe et Chine pour construire au xxie siècle le " Grand Pont en avant ". Pour cela, il faut accepter une profonde rupture avec les habitudes et schémas du passé, de la part des dirigeants tant politiques qu'économiques, des décideurs tant chinois qu'européens. David Baverez propose une approche unique, non pas celle d'un sinologue, politologue ou sociologue confirmé, tournant son regard vers le passé, mais celle d'un investisseur occidental vivant quotidiennement en Chine et habitué à défricher les disruptions à venir. Il imagine des dialogues imaginaires entre le président Xi Jinping et cinq experts européens, des échanges sans concessions ni tabous, à l'opposé du " politiquement correct " ambiant. David Baverez dresse une cartographie à la fois originale, dépassionnée et dérangeante de ce que pourrait être une nouvelle relation économique, technologique, financière entre l'Europe et la Chine sans gommer pour autant les immenses défis relever. Ni pro- ni antichinois, ce livre se veut avant tout une invitation adressée au lectorat occidental à combler son déficit de connaissance de la réalité chinoise.
Paris, mai 2017 : le nouveau Président de la République prend ses fonctions. Il sait quil faut engager la France vers des réformes radicales. Il la promis durant la campagne et cest pour cela quil a été élu. Comment frapper les esprits demblée, marquer la rupture avec les politiques menées par ses prédécesseurs ? Lui vient alors une idée : au lieu deffectuer sa première visite officielle à Berlin, comme le veut la coutume, pourquoi ne pas se rendre à Pékin ? Il sait que sa démarche va paraître choquante, mais de quel meilleur exemple de réformes radicales et réussies pourrait-il sinspirer ? Pour se faire une idée plus précise des changements à loeuvre dans lempire du Milieu, il demande à être accompagné durant son voyage par quelquun qui y vit, y travaille et côtoie les Chinois au quotidien. Au cours du vol Paris-Pékin dans lavion présidentiel sengage alors un dialogue « express » : vif, surprenant, loin des idées reçues et qui révèle la vraie nature de la nouvelle révolution culturelle chinoise, nourrie par les technologies, les services et la soif de consommation. Elle pourrait constituer une source dinspiration inattendue pour réformer la France.
Le nouveau monde né de la crise de 2008 n'est pas un monde qui s'écroule, comme on le croit trop souvent en France, c'est juste un monde qui tourne. Une boule en rotation, qui, comme dans toutes les révolutions, offrira des opportunités uniques à ceux qui sauront les saisir. Avis à la " Génération tonique " !L'année 2008 se révèle celle d'une rupture historique, dont nous n'avons pas encore saisi toute l'ampleur, illustrée par l'accélération du retour de la Chine face à l'Occident et l'avènement d'un nouveau monde multipolaire. En découlent de nouveaux enjeux, soulignant comment les tendances des dix dernières années sont amenées à s'inverser durant les dix prochaines. En résulte une nouvelle manière de vivre et de penser. Période d'autant plus excitante que ces nouvelles interactions se devront d'intégrer la nouvelle donne asiatique, notamment chinoise, qui surprendra par ses capacités d'innovation, telles que déjà observées depuis Hong-Kong, la New York du xxie siècle. A chacun d'entre nous d'inventer sa propre grille de lecture d'un futur inversé : nécessité d'abandonner " la pensée unique " de la génération précédente pour la " pensée tonique ", remettant en cause nombre de nos convictions acquises.