Denis Lacorne
Denis Lacorne
Automne 1955. L'Aspirant SAB (Sabatier) a 23 ans. Il sait ne pas pouvoir échapper à cette guerre d'Algérie qu'il désapprouve. Il a pourtant voulu des responsabilités, des galons, pour « l'ouvrir », pour « témoigner », comme on disait alors. Avec beaucoup d'autres « zéhoers » (E.O.R.), il vient de passer cinq mois à Saint-Maixent. Ses cinq derniers mois d'étudiant. À la tête d'une section de Tirailleurs Sénégalais, il est envoyé en Kabylie, puis dans le Nord-Constantinois Confronté à l'horreur quotidienne, à la trahison, à la mort, ébloui par la somptuosité solaire des paysages, empêtré dans son barda d'exigences morales et de préjugés politiques, SAB connaît, tour à tour, « l'illusion lyrique » et les vertiges du découragement. Mais d'embuscades fiascos en coups de main réussis, il s'efforce à son devoir. Et toujours arc-bouté dans son refus de la « corvée de bois », de la torture, de l'impunité pour les uns, de l'injustice pour les autres. « L'aspirant Sab » est un témoignage émouvant, véridique et réfléchi, de nature à réveiller les souvenirs de ceux qui ont été engagés bon gré, mal gré, dans la terrible tragédie algérienne. Mais, au-delà de cette expérience, l'auteur campe le portrait de cette génération qui a eu 20 ans entre 1950 et 1960 ; sans doute la dernière génération romantique du siècle, cherchant et trouvant - quand déjà s'en éteignaient, un à un, les repères - le dur chemin du devoir... non sans meurtrissure de l'âme
Plongez dans l’univers fascinant des signes et symboles africains avec Dit des signes, une exploration unique des cultures et arts traditionnels.
Sanctions économiques, embargos, rétorsions : De l'arme économique décrypte les stratégies cachées derrière ces outils de pouvoir. Une analyse rigoureuse et inédite en français, signée par trois experts en relations internationales.
La question de la race travaille l'histoire des États-Unis depuis l'origine dans une dualité tragique : la Constitution consacre la liberté individuelle et les droits politiques en privant les Noirs de leurs bienfaits ; les principes fédèrent les Américains, la race et l'esclavage les désunissent. Ce mot de race n'est pas une donnée biologique mais une construction sociale qui évolue dans le temps et dont ce livre restitue les avatars, de l'arrivée des premiers Pèlerins jusqu'à aujourd'hui. Denis Lacorne interroge les narratifs concurrents qui se disputent le récit national américain : d'une part, un idéal civique indifférent à la couleur des personnes ; de l'autre, une conception "racialisée" de la république, autrefois soutenue par les grands planteurs mais aujourd'hui revendiquée par les "identitaristes" et instrumentalisée par les partisans de la "théorie critique de la race". En Amérique, la peur de l'Autre n'a cessé de changer de cibles au rythme des immigrations, nourrie par la hantise lancinante de l'effacement de la race blanche au profit de nouveaux arrivants jugés inassimilables. Dans un pays devenu si métissé, la politique des identités recouvre de moins en moins une réalité démographique qui incline les individus à multiplier les appartenances sans nécessairement les opposer. Il n'y a plus d'identité fixe aux États-Unis, mais un E pluribus unum constamment réinventé.
La question de la race travaille l'histoire des États-Unis depuis l'origine dans une dualité tragique : la Constitution consacre la liberté individuelle et les droits politiques en privant les Noirs de leurs bienfaits ; les principes fédèrent les Américains, la race et l'esclavage les désunissent. Ce mot de race n'est pas une donnée biologique mais une construction sociale qui évolue dans le temps et dont ce livre restitue les avatars, de l'arrivée des premiers Pèlerins jusqu'à aujourd'hui. Denis Lacorne interroge les narratifs concurrents qui se disputent le récit national américain : d'une part, un idéal civique indifférent à la couleur des personnes ; de l'autre, une conception "racialisée" de la république, autrefois soutenue par les grands planteurs mais aujourd'hui revendiquée par les "identitaristes" et instrumentalisée par les partisans de la "théorie critique de la race". En Amérique, la peur de l'Autre n'a cessé de changer de cibles au rythme des immigrations, nourrie par la hantise lancinante de l'effacement de la race blanche au profit de nouveaux arrivants jugés inassimilables. Dans un pays devenu si métissé, la politique des identités recouvre de moins en moins une réalité démographique qui incline les individus à multiplier les appartenances sans nécessairement les opposer. Il n'y a plus d'identité fixe aux États-Unis, mais un E pluribus unum constamment réinventé.
Avant l'âge des Lumières, on tolérait mal la religion des autres, ou alors avec réticence, comme une anomalie qu'il fallait souffrir sans l'accepter. La "tolérance des Modernes", élaborée par de grands penseurs comme Locke et Voltaire, renversait la perspective : elle mettait en place un système harmonieux de coexistence paisible entre les groupes les plus divers, tout en prônant de nouveaux droits - la liberté de conscience et la liberté d'exercer sa religion dans l'espace public. Cette nouvelle conception n'allait pas de soi. Elle donne à voir des éléments précurseurs en des lieux aussi divers que l'Empire ottoman et le ghetto de Venise. Après de nombreuses querelles politiques et théologiques, elle s'est enracinée en Hollande, en Angleterre, en France et dans les colonies d'Amérique. Denis Lacorne observe les manifestations les plus récentes de la tolérance dans le monde contemporain, il en analyse les usages et les limites, qu'il s'agisse des symboles religieux, de monuments, de manières de s'habiller, de ce qu'il est permis de dire et de proférer. De l'Europe au Nouveau Monde, les territoires de la tolérance n'ont cessé de s'étendre, des déistes aux athées, des baptistes aux quakers, des sikhs aux musulmans. Aujourd'hui la tolérance demeure une vertu contestée : le retour du religieux, la montée des fanatismes menacent le projet émancipateur des philosophes. Faut-il imposer des bornes à la liberté d'expression ? Doit-on tolérer les ennemis de la tolérance ? Pour y répondre, il nous faut redécouvrir cette grande tradition afin de mieux la défendre.
Avant l'âge des Lumières, on tolérait mal la religion des autres, ou alors avec réticence, comme une anomalie qu'il fallait souffrir sans l'accepter. La "tolérance des Modernes", élaborée par de grands penseurs comme Locke et Voltaire, renversait la perspective : elle mettait en place un système harmonieux de coexistence paisible entre les groupes les plus divers, tout en prônant de nouveaux droits - la liberté de conscience et la liberté d'exercer sa religion dans l'espace public. Cette nouvelle conception n'allait pas de soi. Elle donne à voir des éléments précurseurs en des lieux aussi divers que l'Empire ottoman et le ghetto de Venise. Après de nombreuses querelles politiques et théologiques, elle s'est enracinée en Hollande, en Angleterre, en France et dans les colonies d'Amérique. Denis Lacorne observe les manifestations les plus récentes de la tolérance dans le monde contemporain, il en analyse les usages et les limites, qu'il s'agisse des symboles religieux, de monuments, de manières de s'habiller, de ce qu'il est permis de dire et de proférer. De l'Europe au Nouveau Monde, les territoires de la tolérance n'ont cessé de s'étendre, des déistes aux athées, des baptistes aux quakers, des sikhs aux musulmans. Aujourd'hui la tolérance demeure une vertu contestée : le retour du religieux, la montée des fanatismes menacent le projet émancipateur des philosophes. Faut-il imposer des bornes à la liberté d'expression ? Doit-on tolérer les ennemis de la tolérance ? Pour y répondre, il nous faut redécouvrir cette grande tradition afin de mieux la défendre.
En Amérique, tout semble imprégné de valeurs et de références religieuses : la politique, la morale, l'enseignement et jusqu'à la vie intime. Comme si l'esprit des premiers puritains continuait à régenter les lois et les moeurs de cette vieille démocratie. C'est ce rapport entre religion et politique, constitutif de l'identité nationale américaine depuis trois siècles, qu'explore le présent ouvrage. Il analyse la foi des pèlerins, la montée en puissance des sectes évangéliques, la "guerre des Bibles" entre catholiques et protestants au XIXe siècle, l'invocation du Credo anglo-protestant contre l'afflux des nouveaux immigrés, l'annonce de la "mort de Dieu" dans les années 1930, ou l'usage plus récent du fondamentalisme religieux à des fins électorales... Au fil des chapitres, il met en évidence deux conceptions rivales de la nation : l'une, séculière, qui puise ses racines dans l'héritage des Lumières ; l'autre baignée dans la culture des puritains et ses avatars. Dès l'origine, les Fondateurs ont érigé un "mur de séparation" entre l'Église et l'État - qui sera parfois ébranlé et toujours reconstruit. Mais cet essai ne se limite pas au seul discours de l'Amérique sur elle-même. Il ne cesse de solliciter, de Voltaire à Sartre, le regard tantôt avisé et plus souvent biaisé des Français, séduits par l'exotisme d'une Amérique si étrangère à leur tradition nationale et à leurs habitudes de pensée.
En Amérique, tout semble imprégné de valeurs et de références religieuses : la politique, la morale, l'enseignement et jusqu'à la vie intime. Comme si l'esprit des premiers puritains continuait à régenter les lois et les moeurs de cette vieille démocratie. C'est ce rapport entre religion et politique, constitutif de l'identité nationale américaine depuis trois siècles, qu'explore le présent ouvrage. Il analyse la foi des pèlerins, la montée en puissance des sectes évangéliques, la "guerre des Bibles" entre catholiques et protestants au XIXe siècle, l'invocation du Credo anglo-protestant contre l'afflux des nouveaux immigrés, l'annonce de la "mort de Dieu" dans les années 1930, ou l'usage plus récent du fondamentalisme religieux à des fins électorales... Au fil des chapitres, il met en évidence deux conceptions rivales de la nation : l'une, séculière, qui puise ses racines dans l'héritage des Lumières ; l'autre baignée dans la culture des puritains et ses avatars. Dès l'origine, les Fondateurs ont érigé un "mur de séparation" entre l'Église et l'État - qui sera parfois ébranlé et toujours reconstruit. Mais cet essai ne se limite pas au seul discours de l'Amérique sur elle-même. Il ne cesse de solliciter, de Voltaire à Sartre, le regard tantôt avisé et plus souvent biaisé des Français, séduits par l'exotisme d'une Amérique si étrangère à leur tradition nationale et à leurs habitudes de pensée.
Le modèle économique américain n'a jamais eu bonne presse en France. Et pourtant, la Silicon Valley est l'objet d'une admiration sans borne, avec tout ce qu'elle symbolise : la jeunesse, la prise de risque et la création de milliers de jeunes pousses en hypercroissance. Cette admiration a littéralement explosé à la fin de la présidence de François Hollande pour être magnifiée ensuite par Emmanuel Macron. Elle révélait une immense ambition : moderniser l'économie française pour en faire une Startup Nation. A cette fin, il fallait faciliter l'émergence de futurs champions de l'économie numérique, ces fameuses « licornes » (des entreprises valorisées à 1 milliard de dollars), dont l'Elysée souhaiterait qu'elles soient au moins 25 en 2025. Où en est aujourd'hui la « Mission French Tech », créée en 2013 pour nourrir cette ambition ? Il semblerait qu'elle n'ait pas réalisé tous les espoirs de ses concepteurs. La France, dépassée par le Royaume-Uni et l'Allemagne, n'est pas au premier rang des économies numériques européennes. Notre écosystème technologique n'est pas suffisamment performant et reste étonnamment dépendant des aides et des subventions de l'Etat. C'est pourquoi les startupeurs français les plus ambitieux n'hésitent pas à s'expatrier aux Etats-Unis. Cet ouvrage est construit à partir d'une vingtaine d'entretiens inédits menés pour la plupart au sein de la Silicon Valley. Il permet de comprendre ce qu'est la « culture startup », son mélange d'imagination et de passion, appuyé par une quête incessante de nouveaux financements pour mieux grandir et dévorer la concurrence, sans rien ignorer des critiques suscitées par cette culture.
""Depuis l'époque où, jeune recrue, il était entré dans la "Boîte', il y avait de cela plus de trente ans, Castle prenait son déjeuner dans un pub situé derrière Saint James's Street, non loin du bureau. Si on lui avait demandé pourquoi, il eû
A une époque où l'anglais est en passe de devenir la langue véhiculaire des pays de l'Union, sans qu'il y ait jamais eu de politique linguistique européenne clairement formulée, il est important de s'interroger sur la signification même d'une langue dominante, sur les phénomènes complexes de naissance, de déclin, de renaissance linguistique, sur les conditions historiques et les facteurs socio-économiques qui favorisent tantôt des situations d'hégémonie linguistique, favorables au monolinguisme, tantôt des situations de pluralité linguistique, débouchant sur des formes stables de bilinguisme ou de multilinguisme. Voyage à l'ombre de Babel (France, Californie, Canada, Belgique, Suisse, Israël, Ukraine, Lituanie, Biélorussie et ancienne Yougoslavie..)