Denis Montebello
Denis Montebello
Une colline, près de Sion. Mais on est loin de celle qui inspira Maurice Barrès, même s'il y a la terre et les morts. Ici les morts parlent, et c'est une voix qu'on entend, comme à Domrémy tout proche, une parole qui jaillit, une résurgence. Des mots qu'on souffle, qui sonnent, mots d'une personne appelée Petturon, prince celte, qu'une pelleteuse tira de son sommeil, et que les archéologues tentent d'arracher à son séjour doré. C'est pourquoi il parle. La bouche pleine. De terre. De soi. De mots. Petit poisson mélancolique. Et surgissent devant nos yeux Grannica l'épouse, Padula l'indocile, Claude Gellée dit le Lorrain, la ligne de partage des eaux et l'immense forêt des Vosges.
La collection Contes et Légendes raconte... Le Poitou et les Charentes qui sont l'Aunis, la Saintonge et l'Angoumois. Le Poitou est le royaume de la fée Mélusine qui détruit autant qu'elle construit, car elle est capable de colères dont se souviennent les ruines des Charentes et les îles qu'elle arracha au continent. Mère à la fois généreuse et terrible, comme la mer, Mélusine ressemble à cette région où le soleil brille un peu plus qu'ailleurs et où les tempêtes sont aussi exceptionnelles. Ces contes naviguent entre réalité et rêve, rêve et cauchemar. Ils sont une invitation au voyage.
Verrines : le mot désigne, en Lorraine, les pots de confitures rangés en haut de l'armoire, tout en haut, en enfer, où sont aussi les livres qu'on ne touche que des yeux. Il les désigne à notre concupiscence, image qu'on croit saisir dans la glace, dans le regard qui fige, de feux roulant, fragiles, jusqu'à la mer.