Dominique Lhuilier
Dominique Lhuilier
Une spécialiste en psychologie du travail et une sociologue analysent les entraves à l'épanouissement dans le travail ainsi que les stratégies des personnes pour s'en libérer, à travers une vingtaine de récits de vie à la fois individuels et universels.Le monde du travail, nous le voyons tous, connaît de nombreux bouleversements. Et nombre de personnes souffrent d'un travail " empêché ". Soit qu'elles en sont privées (chômage, exclusion en raisonde l'âge oudu handicap, assignation à la maison pourcertaines femmes...), soit qu'il comporte son lot de souffrances ou de frustrations (harcèlement, perte de sens, jobs précaires à répétition, doubles journées harassantes...). Cet ouvrage retrace en trois temps le processus qui conduit de situations d'immobilisation, inactivité, repli, solitude,vers des voies de dégagement. Comment ? En retrouvant les autres par la médiation d'une activité investie, susceptible de restaurer lesens de sa vie par la construction et l'engagement dans un projet personnel et/ou professionnel. Le propos est soutenu par des récits de vie illustrant ces différents empêchements et stratégies de sortie d'impasse. Nous croisons notamment Lucas, qui s'émancipe d'une place assignée par son père ; Louise, qui trouve sa place en rejoignant des collectifs de lutte ; Sophie, qui peut déclarer que, " finalement, il n'y a pas que du négatif dans le burn-out ", etc.
Alors que les périodes de chômage émaillent de plus en plus les parcours professionnels, les chômeurs semblent tomber dans une zone d'invisibilisation majeure. Sont-ils toujours des travailleurs ? Ou errent-ils entre les statuts légitimes qui fondent les différentes catégories instituées : ni en emploi, ni en éducation, ni en formation, ni en retraite ? Au-delà des chiffres du chômage régulièrement commentés, ou des injonctions répétées à « traverser la rue » pour retrouver rapidement un emploi, cet ouvrage lève le voile sur ce qu'est la vie au chômage. Les auteurs sont allés à la rencontre de chômeurs faisant face à une problématique de santé au sens large : des femmes et des hommes de tous âges, de différentes catégories socioprofessionnelles, vivant en zones urbaines ou rurales. Ils ont cherché à comprendre, avec eux, ce qui les avait conduits au chômage, leurs expériences de ces temps plus ou moins longs, plus ou moins récurrents sans emploi, les questions qu'ils se posent, qu'ils nous posent... Si le travail peut nuire gravement à la santé, qu'en est-il alors du chômage ?
Dans le prolongement du Moi-Peau, D. Anzieu et Didier Houzel ont élaboré le concept d'enveloppes psychiques qui s'est imposé comme un processus de contenance (Les enveloppes psychiques, 1re éd. 1992, Dunod). En effet, ce qui soigne n'est pas tant de décharger sa souffrance par la parole. Ce qui soigne est l'expérience selon laquelle la vie émotionnelle trouve un espace dans lequel elle puisse être reçue et contenue. Ce qui dans l'analyse soigne le patient, c'est la capacité de l'analyste à contenir/héberger les émotions, les pensées que le moi trop fragile du patient, ne peut tolérer, ne peut penser. En psychopathologie ce concept d'enveloppes psychiques s'est développé dans le travail auprès des patients psychotiques, limites, des enfants, des bébés, des familles, des groupes. Cet ouvrage réunit de grands psychanalystes autour du « singulier » de cette notion d'enveloppe et incite à revenir sur sa nature conceptuelle, puis à la placer au coeur de la psychopathologie psychanalytique actuelle. En quatre directions il développe : 1. les particularités de sa corporéité : la transformation de l'enveloppe psychique à chaque crise développementale ou environnementale (petite enfance, adolescence, parentalité, vieillesse...) mais aussi suivant les « accidents » du sujet (maladie, handicap, échecs scolaires, précarité, insertion...) ; 2. sa spécificité avec les différents niveaux de l'intersubjectivité : l'individuel, le groupal, le couple, le fraternel et le familial, l'équipe et l'institutionnel, le sociétal et le transculturel ; 3. sa congruence avec la variété des dispositifs d'intervention de prévention, de soin et de thérapie : accueil, consultations, groupes, médiations, réseaux ; 4. les caractéristiques selon les diverses voies de la psychopathologie : mentale, comportementale, somatique, addictive, sociétale...
Quelles sont les ressources pour l'action en milieu de travail ? Autour de cette question centrale en clinique du travail, diverses approches alimentent des perspectives communes. Cet ouvrage contribue au développement de la clinique du travail entendue comme métaphore de l'engagement de l'homme dans le monde, comme confrontations aux réalités matérielles et symboliques, comme espace où le lien social, l'intersubjectivité ont pour centre et mobile l'action, les objets et les fins poursuivies. Référés à la clinique de l'activité, à la psychodynamique du travail, à la psychologie sociale clinique, à la sociopsychanalyse, à la sociologie clinique..., les auteurs rendent compte de recherches réalisées dans des secteurs professionnels variés - hôpitaux, industrie, restauration, banque, aide à domicile, élevage industriel, animation et éducation, services publics...
Prix du livre RH Le Monde - Sciences Po - Syntec 2017 La part des maladies chroniques va croissant avec les progrès de la médecine : en France, près de 10 millions de personnes en âge de travailler ont une ou plusieurs maladies chroniques - diabète, cancer, asthme, VIH-sida, hépatites, maladies mentales ou atteintes anatomiques ou fonctionnelles (cécité, sclérose en plaques...), etc. Le plus souvent, elles souhaitent se maintenir en emploi ou retrouver un travail. Leurs raisons ne sont pas seulement financières, ni uniquement liées à l'intérêt que peuvent revêtir l'activité et les relations sociales : l'activité est un puissant instrument pour lutter contre l'emprise de la maladie. Aussi elles déploient énergie et ingéniosité pour faire avec leurs symptômes et rejettent violemment ces représentations de malades, passifs ou victimes, qui ébranlent leur identité et les enferment dans un statut qu'elles refusent. Ce livre s'appuie sur une enquête approfondie explorant à la fois l'expérience de personnes qui vivent avec la maladie et la façon dont les entreprises, les milieux de travail gèrent les situations des « personnes ayant des problèmes de santé ». Il indique aussi des voies de dégagement des difficultés et impasses rencontrées. L'une d'entre elles est essentielle : sortir du silence sur ces questions car la clandestinité des « malades au travail » fabrique à terme de l'exclusion.
Conçu comme un texte de référence pour la clinique du travail, cet ouvrage présente différentes perspectives théoriques et méthodologiques développées autour de la problématique «subjectivité et travail». Une approche pluridisciplinaire rigoureuse qui renouvelle la psychologie du travail et s'intéresse à la question du plaisir et de la souffrance au travail. Dominique Lhuilier est professeure de psychologie du travail, université de Rouen.
La réalité concrète des épreuves du travail contemporain ne porte guère à cultiver les exclusives. Sociologie, ergonomie, psychologie sociale, psychopathologie, psychanalyse, histoire, philosophie... se trouvent convoquées pour comprendre le sort qui est fait au travail humain, objet de tant de convoitise et de tant d'ignorance, courtisé et dénié à la fois, objet de tant de discours convenus, de déplorations rituelles ou d'éloges suspects ; de tant de passions finalement, même les plus tristes. Mais cette compréhension doit d'abord servir à agir. Elle doit être utile pour transformer les situations et devenir un instrument de travail à entretenir, au tranchant toujours affûté par les débats et discussions rigoureux entre professionnels. Yves Clot est professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM. Dominique Lhuilier est professeure, chaire de psychologie du travail du CNAM.
La clinique du travail s'est affranchie de ses origines médicales. Reste que la référence au soin imprègne les pratiques. Et la demande sociale en la matière est en expansion : soigner les « blessés » du travail, réparer les « déficiences », accompagner les « vulnérables », écouter les plaintes, faire disparaître les symptômes... aux risques toujours d'une individualisation de questions sociales, d'une externalisation à des prestataires de service tenus à la porte de l'organisation, d'une contribution à des processus de normalisation et donc aussi de relégation, voire d'exclusion. Sur cet axe santé/travail, ici encore les questions à instruire sont nombreuses. Quelles conceptions de la santé orientent les pratiques ? Comment approfondir cette double perspective qui tient en tension la conception du travail pathogène et celle du travail comme opérateur de santé ? Comment, au-delà de ces analyses, voire de ces diagnostics, concevoir l'action autour de cette problématique ? Quels dispositifs ? Quels instruments ? Yves Clot est professeur titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM. Dominique Lhuilier est professeure, Chaire de psychologie du travail du CNAM