Dominique Souton
Dominique Souton
Le collège se divise en classes. 1) Tout en haut, les populaires, qui dirigent leur petit monde. 2) Au milieu, les normaux, la grande masse des collégiens, des gens sympas qui ne la ramènent pas trop. 3) Et en bas, les bolosses, ou encore les invisibles, qu'on n'entend jamais et qui servent de souffre-douleur. Comme moi. Dans tous les collèges, c'est comme ça. Chez nous, à Nicolas-Hulot, il y a 365 élèves. Sauf quelques populaires, les autres sont tous normaux, je suis à peu près le seul bolosse.
Félix Thomassin rêvait d'avoir un chien pour son anniversaire, mais à la place de la boule de poils qu'il attendait, ses parents lui ont offert un bouledogue à piles qui remue la queue quand on l'active. Félix s'inquiète. Ce chien-robot va t-il le faire redescendre illico dans la catégorie des « bolosses », lui qui avait eu tant de mal à en sortir ? Au contraire ! L'animal en plastique fait sensation parmi les gens de sa classe. Imaginez ! Il parle ! Il répète même tout ce qu'il entend autour de lui. Le meilleur comme le pire. Surtout le pire...
Avoir son bac, rouler cheveux au vent en mobylette et rêver à la vie parisienne, cela s'appelle le bonheur. Ensuite, vient la déception. Parce que les formalités d'inscription à la fac peuvent facilement provoquer un état dépressif. Parce qu'une fois le loyer et la carte orange payés, il ne vous reste que 33,333 francs en poche. Parce qu'il n'est pas forcément amusant de dormir à trois dans un couloir, devant la porte des W.-C. Alors il faut tâcher d'avoir de sérieuses motivations. Camille s'éclate dans un groupe de théâtre hystérique et révolutionnaire. Nat ne rate par un épisode d'Hélène et les garçons. Hélène, elle, se passionne pour le structuralisme, sous la houlette de la prodigieuse Olga Diamant. Cette divine grammairienne n'aura sans doute pas assez de l'année universitaire pour expliquer Les Chats de Baudelaire, mais quel charisme !
Des invitations, des amitiés nouvelles, un mois excellent, voilà ce que son horoscope a promis à Debbie. Mais peut-être les centres de vacances échappent-ils à l'influence des planètes. Pour l'instant, en fait d'amitié, elle n'a trouvé qu'Aurélie et Magali, qui n'hésitent jamais à lui faire sentir quand elle est de trop. Et ce sont elles qui reçoivent des invitations, et même des déclarations d'amour qu'elles trouvent, le soir, sur leur oreiller. Quand on n'aime pas trop la piscine, ni la balle au prisonnier, quand on préfère se mettre à l'écart soi-même avant que les autres ne vous oublient comme une vieille chaussette, est-ce qu'on a une chance de plaire à quelqu'un ? Debbie décide de rester confiante. Aujourd'hui, c'est mercredi, et mercredi, c'est le jour de la boum. Il va peut-être enfin se passer quelque chose.
Voici un couple en perte de vitesse. Une femme et un homme qui, à force de se poser des questions, ne savent plus de quoi est faite leur relation. Alors ? Neuroleptiques (aux effets inattendus), psychothérapie (rapide), shopping (un véritable sport)... les solutions qu'ils trouvent ne font qu'aggraver leur cas. À travers l'épopée d'un couple moderne, Dominique Souton décrit le monde comme elle le ressent : tragique et drôle
" Il faut privilégier l'extrême et le sensationnel ", conseille la libraire à la romancière. Mue par une étrange impulsion, celle-ci décide alors de s'enfermer dans un carton au milieu de son salon, et de revivre le mythe de la caverne, décrit par Platon dans le livre VII de la République. Sa mission : traquer le réel dans tous les faits et gestes de ses meilleurs amis. Chantal, " en noir, une paire de bottes de cuir gras, façon motard ", qu'elle ne quitte jamais. Le Colonel, " personnellement tout entier du côté du symbolique ", et donc dépourvu d'imaginaire. Véronique, " figurante pudique " et " téléopératrice mystique ". Il y a aussi David le sociologue des classes moyennes, Jeanne la contestataire, John l'idéaliste, Michel le médecin, un perroquet existentialiste... À mi-chemin du roman conceptuel et de la comédie, L'Année du réel est à la fois un reportage intime, une satire des moeurs contemporaines et le récit d'une crise existentielle.
Un gynécologue, saisi par l'arrivée dans son cabinet d'une très séduisante patiente, se passionne pour les troubles divers qu'elle présente et décide d'étudier son cas. Persuadé d'avoir affaire à une nouvelle forme d'hystérie, il accumule les notes, lui propose des expériences auxquelles elle se prête assez volontiers, et finit par mettre le doigt sur ce qui perturbe Maria Teresa Paradis : les tracts enragés que distribuent les copropriétaires de leur résidence. Mais son but secret, ou inconscient, ne serait-il pas de se faire aimer d'elle ? Avec ce portrait d'un médecin piégé par ses ambitions scientifiques et ses sentiments, Dominique Souton se livre à une satire cinglante du délire sécuritaire qui envahit notre société. Nous sommes chez Molière, le titre de ce roman s'en amuse et annonce la couleur : il s'agit d'une comédie contemporaine.
Mélanie Coste est mise au pied du mur : elle doit écrire le discours inaugural d'une exposition sur la sexualité, et pour cela (pense-t-elle) trouver un amant, la semaine même où elle a décidé d'arrêter de fumer, de boire et de manger. Difficile pour cette " professionnelle de la communication " de 40 ans, bourrée de symptômes. Psychanalyste, alcooliques anonymes, tabacologue, hypnotiseur, tous lui proposent leurs services. En vain. Amateur de vernissage, internaute, cadre sup, joueur en bourse, militant altermondialiste, aucun ne fait vraiment l'affaire. Comment va-t-elle s'en sortir ? Prenant exemple sur la comédie anglo-saxonne, Dominique Souton trempe sa plume dans l'acide et dézingue les clichés d'une pseudomodernité envahissante. " L'adolescence, l'amour, le couple, la routine, le voisinage : plutôt que de s'en affliger, Dominique Souton s'en inspire. Et elle s'en amuse, satire à l'appui. " Isabelle Lortholary, Elle