Édouard Corbière
Édouard Corbière
Edouard Corbière (1793-1875) "Un jeune capitaine négrier, que j'avais connu à Brest dans mon enfance, me rencontra, en 1818, à la Martinique. Il se mourait d'une maladie incurable, contractée à la côte d'Afrique. « Si tu es encore ici quand je filerai mon câble par le bout, me dit-il dans le langage qui lui était ordinaire, tu ramasseras quelques paperasses que j'ai laissées au fond de ma malle. C'est le journal de ma vie de forban, écrit sur l'habitacle de ma goélette, en style d'écumeur de mer. Tu m'arrangeras un peu tout ce barbouillage, en ayant soin de cacher mon nom, par égard pour ma pauvre mère. C'est bien assez que je lui aie ravi tout ce qui la consolait de m'avoir mis au monde, sans que j'aille encore poursuivre les jours qui lui restent, du souvenir d'un garnement comme moi. » Je ne compris que plus tard le sens de ces derniers mots. Cinq jours après notre rencontre, mon ami négrier expira dans mes bras, chez une mulâtresse. Quelques minutes avant d'exhaler son dernier souffle, ses lèvres charbonnées murmuraient encore une chanson de gaillard d'avant. Il voulait, disait-il, faire tête à la mort jusqu'au bout. Il tint parole. On ouvrit son testament. Il me léguait son brick-goélette, superbe embarcation sur laquelle il avait fait trois voyages à la côte. Le reste de sa fortune revenait à sa mère. Je savais qu'il avait un frère qu'il aimait beaucoup, et je fus surpris de ne retrouver, dans l'expression de ses dernières volontés, aucune disposition favorable à celui-ci... Je ne voulus accepter que le journal de mer de mon compatriote. C'est cet écrit, aussi bizarre que les événements qui l'ont produit, que je me suis appliqué à mettre un peu en ordre, en traversant une douzaine de fois l'Océan."
1838, Guadeloupe : trois marins aux destins opposés scellent un pacte audacieux pour une année de piraterie. Les trois pirates d’Édouard Corbière mêle aventure, trahisons et humour noir dans un classique du roman maritime.
Découvrez Contes de bord, un recueil de récits maritimes où Édouard Corbière, marin et écrivain du XIXe siècle, dépeint avec humour et réalisme la vie des marins, leurs traditions et leurs aventures en haute mer.
1810, Bretagne. Un marquis exilé par la Révolution revient sur les ruines de son château familial, tandis que la mer et ses secrets façonnent des destins entre nostalgie et renouveau.
Lorsque le vent s'est élevé avec trop de violence et que la mer a grossi de manière à empêcher le navire de continuer sa route au milieu des lames dont le choc pourrait l'endommager, on met à la cape, sous une voile que l'on présente obliquement au vent. Dans cette position, le bâtiment, conservant très-peu de vitesse, dérive en cédant plutôt à l'impression de chaque vague, qu'en y résistant. Son avant, s'offrant à chaque coup de tangage à la lame qui déferle, reçoit quelquefois des chocs très-forts ; mais le navire culant alors dans le sens de la force de la lame, évite au moins le danger qu'il y aurait à la rencontrer avec une vitesse opposée à sa direction. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Les observateurs qui ont vu d'un oeil curieux s'éloigner du port un navire emportant au loin sur les mers un équipage sortant du cabaret, n'ont pas manqué de raconter, et les adieux du matelot à ses amis, et les baisers effusifs dont il couvre les filles en pleurs qu'il va quitter peut-être pour toujours. Sans doute il y a quelque chose d'étrange dans ce spectacle du capitaine impatient, qui gourmande l'hésitation de ces marins, qui semblent se rattacher à la terre, en prodiguant toutes les marques possibles d'affection aux objets qu'ils abandonnent sur ce rivage qui va disparaître à leurs yeux pénétrés de regret.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
1810, Rouen. Jean Tulipeau, capitaine blessé au service de l’Empire, rentre au pays avec une modeste retraite et des cicatrices qui racontent une autre histoire.
1810, Rouen. Jean Tulipeau, ancien lieutenant de la Garde impériale blessé au combat, rentre au pays avec une modeste retraite et des cicatrices invisibles.
BnF collection ebooks - "Les observateurs qui ont vu d'un oeil curieux s'éloigner du port un navire emportant au loin sur les mers un équipage sortant du cabaret, n'ont pas manqué de raconter, et les adieux du matelot à ses amis, et les baisers effusifs dont il couvre les filles en pleurs qu'il va quitter peut-être pour toujours. Sans doute il y a quelque chose d'étrange dans ce spectacles du capitaine impatient, qui gourmande l'hésitation de ces marins..."
Edouard Corbière (1793-1875) "Lorsque le vent s'est élevé avec trop de violence et que la mer a grossi de manière à empêcher le navire de continuer sa route au milieu des lames dont le choc pourrait l'endommager, on met à la cape, sous une voile que l'on présente obliquement au vent. Dans cette position, le bâtiment, conservant très peu de vitesse, dérive en cédant plutôt à l'impression de chaque vague, qu'en y résistant. Son avant, s'offrant à chaque coup de tangage à la lame qui déferle, reçoit quelquefois des chocs très forts ; mais le navire culant alors dans le sens de la force de la lame, évite au moins le danger qu'il y aurait à la rencontrer avec une vitesse opposée à sa direction. Une fois à la cape, l'équipage n'a plus rien à faire, et pendant tout le temps que dure la tempête, il faut attendre, dans cette position passive, que le mauvais temps s'apaise et permette de manoeuvrer. C'est pendant ces longues heures de coup de vent et de dangers, que l'on peut remarquer plus particulièrement cette heureuse indifférence que l'habitude du péril donne aux matelots. Assis à l'abri des pavois ou de la chaloupe, pendant qu'une mer furieuse mugit autour d'eux et menace quelquefois d'engloutir le navire, on les voit se réunir et s'approcher le plus possible les uns des autres, pour raconter de ces contes dont la tradition perpétue le souvenir parmi les marins. Souvent ils chantent ensemble, d'une voix rauque, ces complaintes monotones comme le bruit des vagues qui les environnent, et mélancoliques comme la plupart des airs qu'aiment les gens de mer." Recueil de divers scènes maritimes.
1846, Bretagne. Un navire anglais s’échoue sur les récifs meurtriers de Basse-Bretagne, déclenchant une lutte sans merci entre les naufragés et les habitants des côtes.
1846, Bretagne. Un navire anglais s’échoue sur les récifs meurtriers de la côte bretonne, livrant ses naufragés à la merci des habitants.
1843, au large du cap Finistère : un commandant ouvre des instructions secrètes qui scelleront le destin de son équipage.
1843, au large du cap Finistère : un commandant ouvre des instructions secrètes qui scelleront le destin de son équipage.
Edouard Corbière (1793-1 875) "La paix s'était étendue, depuis quelques années, sur ces mers qu'avaient si longtemps ensanglantées les querelles de l'Empire français et de l'Angleterre. La tranquille carrière du commerce venait, en se rouvrant aux spéculations lointaines, d'offrir une ressource ou un refuge aux jeunes gens qui, après avoir quitté à regret la profession des armes, cherchaient à user la bouillante activité de leur âge et de leurs souvenirs, dans des emplois utiles et paisibles. Les anciennes colonies de l'Espagne brisant violemment le joug de leur métropole, troublaient bien encore de temps à autre le repos universel que le monde épuisé semblait vouloir goûter après tant de secousses terribles et de luttes acharnées. Mais le bruit éloigné de ces petits combats que le Pérou et le Mexique livraient aux débris des flottes espagnoles se faisait à peine entendre au sein du calme de la paix générale ; et le pavillon blanc pouvait, en attestant aux yeux des autres nations l'humiliation que nous avions consenti à subir, se promener sur toutes les mers du globe, sans avoir à redouter les ennemis qu'une bannière plus glorieuse avait naguère suscités à la France. Il est des époques où les nations conquérantes n'ont qu'à s'avouer vaincues, pour jouir de la demi-liberté que les triomphateurs daignent abandonner aux peuples qu'ils estiment assez peu pour les traiter en alliés soumis ou en vaincus inoffensifs." Le Banian... un ami à éviter ! Edouard Corbière est considéré comme l'un des pères du roman maritime.
Edouard Corbière (1793-1875) "Les observateurs qui ont vu d'un oeil curieux s'éloigner du port un navire emportant au loin sur les mers un équipage sortant du cabaret, n'ont pas manqué de raconter, et les adieux du matelot à ses amis, et les baisers effusifs dont il couvre les filles en pleurs qu'il va quitter peut-être pour toujours. Sans doute il y a quelque chose d'étrange dans ce spectacle du capitaine impatient, qui gourmande l'hésitation de ces marins, qui semblent se rattacher à la terre, en prodiguant toutes les marques possibles d'affection aux objets qu'ils abandonnent sur ce rivage qui va disparaître à leurs yeux pénétrés de regret. Mais ce n'est pas au moment du départ que le matelot est l'être le plus intéressant à observer : c'est quand il se sent une fois au large que la plus singulière des métamorphoses qu'il peut subir s'opère dans son individu pour ainsi dire multiple. La première chose qu'il fait lorsqu'il a bien pris son parti et qu'il a dit adieu à la côte chérie qui va s'évanouir à l'horizon, c'est de changer son costume ; il descend dans le logement de l'équipage, et il ne remontera sur le pont qu'après avoir fait subir à sa toilette le changement le plus complet." 11 contes maritimes : "Les premiers jours de mer" - "Le Roi-Matelot" - "Petite guerre en mer" - "Le Baron-Rouge" - "Un négrier" - "Folie de bord" - "Le naufragé de la Barboude" - "Un contre-amiral en bonne fortune" - " Petit combat" - "Le novice des aspirants de marine" - "Le forban mon ami". Edouard Corbière est considéré comme l'un des pères de la littérature maritime.
Edouard Corbière (1793-1875) "Un jour que la brume d'automne, chassée par un vent d'Ouest assez fort, commençait à s'étendre sur les flots qui s'agitent presque continuellement entre l'île d'Ouessant et le terrible Raz-des-Saints, une petite barque de pilote, surmontée d'une misaine et d'un taille-vent, tournoyait au milieu des lames, dans le passage de l'Iroise, attendant les navires qui voudraient entrer à Brest ou relâcher à Camaret. En courant ça et là des bordées, tantôt au Nord-Nord-Ouest, tantôt au Sud-Sud-Ouest, le vieux patron du bateau s'entretenait gravement, la barre en main, avec les deux marins qui composaient son équipage. C'étaient tous trois de ces hommes simples, moitié cultivateurs, moitié matelots, comme la plupart de ces braves gens qui naissent sur les îlots et les rivages de la Basse-Bretagne. L'île d'Ouessant, posée avec son phare célèbre, à sept lieues de Brest, en sentinelle avancée de l'Océan, était la patrie du pilote Tanguy et de ses deux compagnons. La conversation qu'ils avaient entamée en bas-breton, en courant leurs bordées, roulait sur différents objets, monotone et inconstante, comme les vagues qui battaient la petite barque. - Maître Tanguy, dit l'un, des jeunes matelots, vous allez souvent à Brest, vous, n'est-ce pas ? Pour moi, je ne l'ai encore vu ce fameux Brest, qu'en traversant le Goulet. On dit que c'est une bien belle ville. - Superbe, répond Tanguy à son élève Jean-Marie. Il n'y a rien de plus beau que le spectacle ; mais ce qu'il y a de plus joli, c'est le bagne, où l'on garde huit mille forçats habillés en rouge de la tête aux pieds. - Qu'est-ce que c'est que ça, le spectacle ?" Tanguy, marin de l'île d'Ouessant, repêche, sur les lieux d'un naufrage, deux enfants déposés dans une cage à poules. Il décide de les élever : son matelot Jean-Marie sera le parrain de la fille et lui celui du garçon.... Edouard Corbière est considéré comme l'un des pères du roman maritime.
BnF collection ebooks - "Lorsque le vent s'est élevé avec trop de violence et que la mer a grossi de manière à empêcher le navire de continuer sa route au milieu des lames dont le choc pourrait l'endommager, on met à la cape, sous une voile que l'on présente obliquement au vent. Dans cette position, le bâtiment, conservant très peu de vitesse, dérive en cédant plutôt à l'impression de chaque vague, qu'en y résistant..."
BnF collection ebooks - "En l'année 1803 ou 1804, quelque temps après le commencement de la guerre acharnée qui venait de se rallumer entre la France et l'Angleterre, on vit arriver à Brest un jeune homme auquel d'abord personne ne prit garde, et qui bientôt sut se venger du dédain avec lequel on l'avait accueilli en se faisant, par son seul mérite, une des réputations les plus populaires que l'ont ait vu briller dans les fastes de notre marine."
Plongez dans une réflexion inédite sur le génie de Michael Jackson : entre talent exceptionnel et créativité fulgurante, ce smartbook explore ce qui fait de lui une icône intemporelle.
La musique adoucit-elle les moeurs ? À Hollywood, rien n'est moins sûr. Brooke et Julian filent le parfait amour depuis neuf ans. Il est auteur-compositeur-interprète et a une voix en or. Seulement, de la scène underground aux sommets des hit-parades la route est longue... Un jour pourtant, c'est la consécration ! Sony accepte de financer son album. Le premier showcase est un succès, et les propositions de concerts affluent de toutes parts. Les dates s'enchaînent et les médias, eux, se déchaînent ! La vie privée de leur couple se retrouve étalée dans les tabloïds, les rumeurs les plus folles courent à leur sujet, et face aux créatures de rêve qui peuplent les palaces où évolue désormais sa rock star de mari, la jolie rouquine commence à perdre confiance. Entre l'éloignement, les horaires de dingues, les paparazzis et les groupies, la mélodie du bonheur vire à la cacophonie. Et puis arrivent les photos de trop. Qui dit conte de fées, ne dit pas forcément happy end, Brooke...