Elisabeth Du réau
Elisabeth Du réau
Cet ouvrage rassemble seize communications faites lors de deux colloques internationaux sur les rapports entre la Grande-Bretagne et le continent européen au XVIIIe siècle. Une moitié des communications est de nature littéraire, touchant quelques-uns des auteurs britanniques les plus marquants de l'époque, examinés dans leurs liens intellectuels avec l'Europe (qui les influence ou qu'ils influencent). L'autre moitié contient des études sur les moeurs observées par les voyageurs, sur les représentations et images réciproques. Viennent également au jour les rivalités entre les pays (dans le domaine de l'érudition orientaliste), ainsi que la situation des habitants du Nord et l'Écosse, en marge de l'Europe, mais souvent enjeu politique pour l'Europe. La gravure satirique, enfin, a largement sa place avec un article sur les caricatures de Hogarth.
Ce recueil contient le texte de dix-huit communications faites en décembre 1990 et en décembre 1991 lors de deux colloques internationaux organisés à Paris par le Centre d'Études Anglaises du XVIIIe siècle de la Sorbonne Nouvelle-Paris III. Le thème retenu, « Les âges de la vie », a été examiné dans la plupart de ses sens. Il est éclairé par des lectures d'ordre littéraire aussi bien que théorique, philosophique historique, juridique, médical, artistique. La diversité des origines géographiques et culturelles des auteurs contribue à la richesse, méthodologique notamment, de ce travail collectif.
Il n'est pas de meilleur accès au modernisme argentin que de le saisir à la source dans la presse et les revues du tournant du siècle. Octavio Paz l'a déjà dit, qui relevait le rôle fondateur du poète Rubén Dario, sa prodigieuse curiosité, sa capacité à rendre au langage son pouvoir secret de métamorphose et de surprise. C'est en Argentine que son rayonnement avait acquis sa plus grande force. Les premiers textes du grand mouvement littéraire et esthétique que fut le modernisme hispano-américain nous sont donnés à lire ici dans la fraîcheur de leur première publication : textes de création en prose et en vers, textes de réflexion, débats. L'humour, le pittoresque ou la mélancolie de l'écriture, graphique et littéraire, y manifestent les liens qui unissent l'Argentine à la mère patrie espagnole, mais aussi à la France de Huysmans et Verlaine, à la Vienne de Freud. La rencontre entre le modernisme, le dadaïsme et le surréalisme produit un tableau haut en couleurs. L'universalité du courant moderniste s'y montre dans les échanges d'une passion pour l'art partagée en Europe et en Amérique, dans l'adhésion de tout ce que l'Argentine compte, en 1900, de jeunes talents et d'esprits combattifs.
Alors que certains célébraient la plus importante consultation électorale transnationale jamais organisée en juin 2004, d'autres insistaient sur la montée inexorable de l'abstention. De vraies questions de fond sont objets de débat et portent sur le modèle de légitimité et de représentation politique sur lequel repose l'Union européenne. Le présent ouvrage est consacré à l'analyse des résultats des élections européennes de 2004, il met aussi en perspective le débat sur l'avenir de l'Union.
Outil de conseil pour l'utilisation de la motorisation, ce guide aborde les caractéristiques techniques des matériels et met l'accent sur la diversité des choix possibles en matière de façons culturales et sur les interactions entre motorisation, pratiques culturales et traction animale. Les grands types de culture sont analysés en insistant sur les contraintes propres à la mise en oeuvre de la motorisation.
Les échecs de la construction européenne font plus de bruit que ses succès. Les blocages de l'Europe sont patents et, pourtant, l'Europe avance encore, car elle s'appuie depuis le milieu du XXe siècle sur une « dynamique » ou un ensemble de « dynamiques » intéressantes à analyser dans leur complexité. Les chercheurs qui ont contribué au présent ouvrage ont concentré leur réflexion sur cette notion de « dynamique européenne » en scrutant une période décisive, celle des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt. Avec l'élargissement de la Communauté européenne, de nouveaux acteurs entrent en scène, un nouvel espace se dessine, de nouveaux enjeux s'imposent. Une identité nouvelle est même affirmée à la conférence de Copenhague en 1973, une identité politique communautaire, différente de la vieille et classique identité culturelle européenne. En outre, avec la « détente » entre l'Est et l'Ouest et le processus d'Helsinki, l'Autre Europe, celle de l'autre côté du rideau de fer, est dès cette époque concernée par la dynamique d'échanges intra-européens. L'étude de ces changements déterminants, qui ont contribué à modeler l'Europe d'aujourd'hui, a été développée lors d'un colloque organisé à Oxford, sous la direction d'Élisabeth du Réau (École doctorale « Espace européen contemporain », Paris III), d'Anne Deighton (St Anthony College, Oxford) et de Robert Frank (Institut Pierre Renouvin, Paris I), dans le cadre du vaste réseau international d'historiens travaillant sur « Les identités européennes au XXe siècle ».
Affligé d'une réputation suspecte _ en particulier à cause de sa passivité à la conférence de Munich où les démocraties abandonnèrent la Tchécoslovaquie _, Edouard Daladier, président du Conseil de la IIIe République à plusieurs reprises, ministre de la Guerre au cours des années cruciales qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale, demeure pour beaucoup de nos contemporains un simple nom dans les ouvrages d'histoire. Ce qui est un peu court pour juger un homme et son action. La carrière de ce boursier de la République, fils d'un boulanger de Carpentras, agrégé d'histoire, profondément républicain et dirigeant éminent du Parti radical, a pourtant connu de multiples moments forts: le Cartel des gauches en 1924, le 6 février 1934, la constitution du Rassemblement de Front populaire, Munich, bien sûr, en septembre 1938, la déclaration de guerre, l'expédition de Norvège, l'inique procès de Riom intenté par Vichy pour le charger, avec quelques autres, de tous les péchés supposés avoir causé la défaite. Peut-être Daladier a-t-il été parfois écrasé par l'ampleur de ses tâches et de ses responsabilités gouvernementales, peut-être a-t-il mal supporté le caractère nécessairement solitaire de l'exercice du pouvoir dans des circonstances dramatiques, mais on ne peut dénier à cette figure complexe, énigmatique, secrète de grandes qualités intellectuelles et morales, une lucidité et une énergie manifestes. Son attitude de 1938 à 1940, en tant que président du Conseil et que responsable du réarmement, où ces qualités firent merveille en dépit d'oppositions jusque dans son propre gouvernement, le montre bien. Quand il dut abandonner le pouvoir (en mars 1940), il pouvait à juste titre considérer qu'il avait provoqué un sursaut spectaculaire dans la diplomatie, dans la préparation économique à la guerre, dans le réarmement et même dans les esprits. C'est aller un peu vite en besogne que de le rendre responsable de la défaite. S'appuyant sur un considérable travail d'archives en France et à l'étranger, et sur de très nombreux témoignages, Elisabeth du Réau éclaire voire modifie l'idée que l'on se fait du rôle de Daladier. Sans laisser ses faiblesses ou ses carences dans l'ombre, elle fait justice d'une légende noire que les faits et gestes de son personnage ne confirment pas. Elisabeth du Réau, spécialiste de l'étude des relations internationales, est professeur d'histoire contemporaine à l'université du Maine et enseigne également à l'Institut d'études politiques de Paris.