Elisabeth Vallet
Elisabeth Vallet
2020, année électorale hors norme : découvrez comment la conquête de la Maison-Blanche redessine le monde. Comprendre les élections américaines décrypte les enjeux, les stratégies et les fractures d’une démocratie sous tension.
La conquête de la Maison-Blanche est une saga qui s'étire sur de longs mois, qui absorbe des sommes astronomiques et qui remue les eaux saumâtres du passé des candidats et de leur famille. Elle est désormais suivie, un peu à la manière des Hunger Games, comme une série télévisée où seul le candidat le plus rusé, le plus connecté, le plus nanti ou le plus agressif survivra, au terme de pratiquement une année et demie de joute. Le xxie siècle a complètement redessiné ce que sont les États-Unis : des événements de 2001 à l'avènement des Millenials (la génération Y), du bouleversement démographique du pays à la résurgence des « Hommes blancs en colère », le pays est en mal d'identité. Ainsi, l'essor du Tea Party, le retour de la peur en politique intérieure dans la foulée des attentats de Boston et San Bernardino, le déclin des droits des femmes, l'augmentation des tueries de masse et la lente déliquescence du Parti républicain mettent la table pour une année électorale inédite. Élisabeth Vallet est professeure associée et directrice scientifique à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, et chercheure à l'Observatoire sur les États-Unis de l'UQAM. Elle a été à plusieurs reprises chercheure invitée aux États-Unis et en Europe. Elle a notamment publié Comprendre les élections américaines (Septentrion, 2012), Borders, Fences and Walls (Ashgate, 2014) et a codirigé le livre L'Effet 11 septembre - 15 ans après (Septentrion, 2015). Elle collabore avec Le Monde diplomatique (visions carto), Piwl !, Diplomatie et tient un blogue sur les questions de politique américaine, hébergé par la plateforme universitaire Hypothèses, d'OpenEdition.
Quelles sont les frontières du Québec aujourd’hui ? Ce dossier collectif explore les limites territoriales, culturelles et linguistiques d’une société en pleine transformation.
Compte tenu du poids qu'occupent encore les États-Unis dans l'équilibre mondial, forts de leur économie, de leur armée, de leur prépondérance culturelle, l'élection du Chef de l'État est un moment déterminant de la politique mondiale et une année cruciale de la vie politique américaine. En effet, les États-Unis demeurent, malgré le polycentrisme croissant du monde, et la crise qui les a fragilisés, la pièce maîtresse de l'échiquier international. Ils représentent la moitié des dépenses militaires, le seul État capable d'intervenir militairement, et en autonomie totale, de l'autre côté du globe, ils sont - encore pour quelques années - la première puissance économique et financière, celle dont la diplomatie publique demeure la plus efficace. Pour accéder au pouvoir, le processus est long, ardu, exigeant, coûteux et toujours usant. Quatre années de préparation sont nécessaires pour rassembler une équipe de campagne, les fonds, les soutiens.
Un duel.Un face-à-face redoutable entre deux candidats,l'un démocrate, l'autre républicain, pour se partagerles grands électeurs, eux-mêmes désignés par le peuple américain. Le premiermardi de novembre de chaque année bissextile, les États-Unis désignent leurprésident. Tous les quatre ans a lieu, au terme d'une longue année électorale,un scrutin suivi par près de 300 millions d'Américains ainsi que par le restedu monde.Forts de leur économie, de leur armée, de leur impérialisme culturel, lesÉtats-Unis vivent alors un moment important de la politique internationalemais aussi une année cruciale. Pour accéder au poste de président, le processus est long, ardu, exigeant, parfois avilissant, toujours usant. Quatreannées de préparation suffisent à peine à rassembler l'équipe, les fonds et lessoutiens nécessaires à cette course.La nature de la nouvelle administration, le style du président, ses aspirations, ses convictions et son entourage peuvent avoir un rôle déterminantsur un grand nombre de dossiers internationaux. Bill Clinton aurait-il envahil'Irak s'il avait été président en 2003 ? Est-ce que quelqu'un d'autre queRonald Reagan aurait pu mettre un terme à la guerre froide ? Qui d'autre queHarry Truman aurait fait le choix de lancer deux bombes atomiques sur leJapon en 1945 ?C'est au-delà des apparences que résident les véritables fondementsde la politique américaine. Il y a de nombreux mécanismes, une histoirechargée, des identités et des perceptions propres à chacun des cinquanteÉtats fé dérés, des usages, des coutumes, des personnalités. Il s'agissait doncpour Élisabeth Vallet de dresser une véritable petite histoire de cette courseélectorale qui peut, on le sait, changer la face du monde.Élisabeth Vallet détient un doctorat de l'Université Pierre-Mendès France à Grenoble et un postdoctorat du Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal. Elleenseigne aujourd'hui la géopolitique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en plusd'être membre de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.
2012 : l’Amérique à la croisée des chemins. Entre crise économique, polarisation politique et campagne électorale milliardaire, ce guide percutant décrypte les rouages et les enjeux d’une élection présidentielle qui a redessiné le paysage américain.
La frontière avec le Labrador n'est pas la seule au Québec à poser un certain nombre de problèmes sociaux, économiques, culturels ou infrastructurels. Élisabeth Vallet, directrice scientifique à la Chaire Raoul-Dandurand et professeure associée à l'uqam, s'intéresse notamment à la frontière avec les États-Unis.
Depuis l'élection de Trump, le monde a changé. L'arrivée à la tête des États-Unis de ce magnat de l'immobilier a bouleversé les équilibres mondiaux et entériné le recul des relations internationales, à tel point qu'il pourrait être irréversible. L'abandon du leadership qu'avaient exercé tous ses prédécesseurs sans aucune exception a créé les conditions propices à des situations extraordinairement préoccupantes et menaçantes pour l'ordre mondial : fin du multilatéralisme, durcissement des frontières, compétition commerciale exacerbée, réarmement généralisé, fragilisation des grands traités mondiaux, ébranlement de la démocratie et de ses institutions, etc. L'ensemble de l'architecture du système international repose sur la mise en oeuvre d'une diplomatie américaine engagée et soutenue. Un monde qui en serait exempt deviendrait instable. La présidence Trump, dit-on souvent, est atypique. Sur de nombreux plans, à l'évidence, elle constitue un tournant dans l'histoire. Mais qu'en est-il des effets de cette politique à l'échelle internationale ? Charles-Philippe David est professeur titulaire de science politique à l'université du Québec à Montréal (UQAM) et président de l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand. Il a écrit, avec Olivier Schmitt, La guerre et la paix. Approches et enjeux de la sécurité et de la stratégie (4e éd., 2020) et dirigé l'ouvrage La politique étrangère des États-Unis : Fondements, acteurs, formulation (3e éd., 2015).