Elsa Sfartman
Elsa Sfartman
Brûlées, ces nouvelles le sont, à bien des égards. A l'instar de leurs personnages : en quête d'eux-mêmes, ils se brûlent les ailes à trop vouloir approcher le soleil. A l'image des histoires qu'elles racontent, consumées d'une ardente flamme. Brûlées, enfin, comme tout ce qui vit et meurt dans l'incandescence du verbe. Les maux écrits deviennent les cris donnés à entendre, donnés à lire. Ici, interviennent monstres, parias, pauvre diables que la Nature, en son sommeil, a formés dans un encrier. Ici, se mêlent fous, amoureux, passionnés, ce qui revient au même finalement.
En donnant à lire au monde ses Petites Offrandes Particulières, l'auteure tente d'exorciser ce qui la terrorise : l'aspect irrévocable de la succession du jour et de la nuit, et ce, sans aucune autre alternative. C'est avec cette peur panique de l'instant perdu qu'ont été écrites ces quelques pages. Une frayeur qu'il faudra dépasser pour aller au-delà des apparences. A picorer comme des haïkus occidentaux, certaines pages respectent une forme bien définie de trois vers succincts, contemplation, émerveillement, adoration ; d'autres écrits arriment le lecteur à la proue du navire vers des compositions plus littéraires.