Espedite
Espedite
Kenza a foiré sa mort. Retrouvée gisant dans son sang en petite culotte, l'oeil arraché par la balle qu'elle a tenté de se tirer dans la tête mais bien vivante, elle traverse désormais l'existence sous un masque de cicatrices qu'elle revendique comme preuve ultime d'un geste de liberté à haute tension. Dalton, le pompier qui l'a ramassée, joue aussi, à ses heures perdues, les dealers de médicaments volés. Un jour, par accident, il crée un cocktail bouleversant : plus addictive que toutes les drogues déjà sur le marché, la schizoïne se répand bientôt dans la société comme une traînée de poudre explosive. Et va irrémédiablement lier, dans une échappée de violence sauvage, le trafiquant fasciné par les distorsions de trajectoires et la jeune femme à l'identité fracturée. À travers le portrait cruel de ces deux alchimistes du pire, se dessine une cosmogonie du chaos teintée d'une poésie des corps rongés, brute et acérée. Ce court roman très noir en forme d'ego-trip grand-guignolesque impose à nos errances contemporaines un fascinant reflet grimaçant.
Soit deux comètes adolescentes engagées dans des pratiques anorexiques sévères les menant à confondre vie privée et privatisation de soi. Dans le creuset de ses réflexions autour du corps - fabriqué, policé, souffrant voire annihilé par nos sociétés modernes -, Espedite compose la géographie des délires adolescents, en parcourt les territoires, les soubassements, les impasses et les issues de secours. En suivant les voies de ces intériorités possédées, l'utérus en guise de graal.
Suite à son licenciement, Hasna se doit d'accepter les opérations de chirurgie esthétique préconisées par sa conseillère de réinsertion dans l'emploi. Elle vit très mal ces interventions et sombre peu à peu dans une étrange résistance. Novella noire inspirée de la littérature d'anticipation, ce récit à la deuxième personne est l'histoire d'une insurrection silencieuse, d'une insurrection sans visage, à l'endroit d'une société normée par les technologies du regard et de la surveillance de masse.