Euchariste Paulhus
Euchariste Paulhus
L'éducation de la foi, la catéchèse, est-elle, au moins dans certains cas de rééducation, aussi une psychothérapie ? Plus encore, doit-elle faire partie du traitement global d'un enfant ? Beaucoup de pasteurs et de catéchistes répugnent à considérer l'éducation de la foi comme événement thérapeutique, craignant qu'on ne réduise ainsi la foi et l'Évangile à des fins médicales. De même, beaucoup de psychiatres et de psychothérapeutes refusent d'introduire la dimension de la foi dans leur traitement, estimant qu'il doit rester une activité profane. Certains, cependant, tiennent à conjoindre les deux démarches. Euchariste Paulhus maintient une dimension thérapeutique à l'éducation de la foi, sans faire de celle-ci un succédané de la psychothérapie. Il est vain de nier ses conséquences thérapeutiques. Mieux vaut les discerner et en estimer le bien-fondé. L'auteur s'appuie sur une large expérience de catéchèse spécialisée. Il s'appuie aussi sur une réflexion critique, qui dégage quatre points majeurs : les perspectives de l'Évangile et, notamment, l'attitude du Christ envers les malades, l'unité de l'être humain et la cohérence des différents aspects de son développement, d'où la foi ne saurait être exclue, l'originalité de la relation catéchétique dans les cas de rééducation, la place du symbole dans l'éducation de la foi. Cet ouvrage explique - aux catéchistes et aux psychothérapeutes - comment l'éducation de la foi peut s'inscrire dans un processus de rééducation.
E. Paulhus, né le 26 septembre 1924, à Sherbrooke, province de Québec, est actuellement Vice-Doyen de la Faculté des Sciences de l'Éducation de l'Université de Sherbrooke et Responsable du secteur de psychopédagogie de l'enfance inadaptée. Il est chargé, en outre, de la pastorale catéchétique de l'enfance et de la jeunesse inadaptées, au plan diocésain et provincial. Pendant plusieurs années il fut directeur de l'Institut Val du Lac (Sherbrooke) qui accueille des enfants et des jeunes de 7 à 18 ans, déficients moyens et légers, dont certains manifestent des troubles de la personnalité. Il est docteur en pédagogie des facultés catholiques de Lyon pour sa thèse bien connue sur « l'Éducabilité religieuse des déficients mentaux » (1957). Jean Mesny, né le 9 avril 1925, à Redon, est depuis douze ans responsable de l'enseignement religieux des inadaptés pour le diocèse de Lyon. Après avoir élaboré une méthode de catéchèse avec E. Paulhus ainsi que Marguerite-Marie Orban (Bruxelles) et le Frère Bellarmin Fontaines (responsable de l'enseignement religieux de la R.C.A.), il poursuit ses recherches avec une équipe internationale : Belgique, Canada, États-Unis, France, Italie, R.C.A., Suisse. Le présent ouvrage se propose d'apporter une première réponse à la question brûlante des possibilités d'engagement de foi du jeune inadapté. Il relate l'expérience réalisée depuis plusieurs années en France et au Canada et fournit au lecteur des moyens concrets d'action. Trois points entre autres retiennent l'attention : d'abord, la proposition aux enfants et aux jeunes d'un double engagement : au moment de la première maturité, soit à 14 ans ; et à l'entrée du jeune dans le monde adulte du travail. Ensuite, les incidences cliniques d'une catéchèse symbolique réalisée dans un climat communautaire. Enfin, l'application de cette expérience aux jeunes non handicapés. Les éducateurs et catéchistes spécialisés seront les premiers intéressés par cet ouvrage... mais aussi tout catéchiste et éducateur conscient de l'ampleur de sa tâche. Des prêtres de paroisse, si souvent désemparés devant le comportement de certains enfants apprendront, à travers ces lignes, à mieux connaître ceux-ci et entreverront plus clairement la façon de leur annoncer la Bonne Nouvelle. Bref, à commencer par les parents eux-mêmes, tous ceux qui pensent que l'éducation concerne la « personne » tout entière, liront ces pages avec intérêt.