Félix Torres
Félix Torres
Et si l’État-providence n’était pas la seule voie possible ? Du berceau au tombeau propose une analyse historique et critique du système de protection sociale français, de ses origines à ses défis actuels.
« Depuis 40 ans... » : la formule fait florès depuis décembre 2018 et le mouvement des Gilets jaunes, jusqu'au président de la République Emmanuel Macron évoquant « quarante années de malaise qui resurgissent ». Le dérapage de la France est connu : désindustrialisation, envol d'un chômage de masse, explosion des déficits, des charges fiscales et sociales, un tournant symbolisé par un budget public toujours déficitaire depuis 1974, quand survient le premier choc pétrolier. Un tournant majeur a en effet eu lieu durant cette année charnière et celles qui l'ont suivie avec l'essoufflement de la croissance dans le monde occidental et, de façon inverse, l'entrée de plusieurs pays du « Tiers-Monde » dans un processus d'émergence et d'industrialisation accéléré. Déficit structurel des échanges, manque de compétitivité de l'industrie nationale... la France est l'un des pays qui se sont adaptés le plus mal à cette nouvelle donne mondiale. Une faiblesse structurelle qui, au-delà du rattrapage des Trente Glorieuses (et de ses illusions) remonte à 1945 et au poids de l'État-providence placé essentiellement sur les entreprises. Au fil des décennies, aucun gouvernement français de droite ou de gauche ne remettra en cause un système soumettant les producteurs nationaux à une véritable taxe douanière à l'envers. Ce handicap est devenu chronique quand la Communauté économique européenne s'est plongée, à partir des années 1970, dans l'océan du libre-échange mondial. Écrit par deux historiens réputés de l'économie et des entreprises, Le Virage manqué dresse le constat clinique du décrochage de la France au cours de la décennie 1974-1984 en analysant ses causes structurelles et son déroulement, sans oublier la responsabilité des gouvernements et des élites nationales choisissant - le gouvernement de Raymond Barre excepté - de faire peser sur l'industrie plutôt que sur les ménages le poids de la contrainte extérieure grandissante de l'économie ouverte et de la mondialisation qui va s'étendre à l'ensemble du globe dans les années 1980-1990.
1975 : un hebdomadaire de 12 pages révolutionne l’immobilier en France. Découvrez comment De particulier à particulier est devenu un empire de presse, avec 200 millions de chiffre d’affaires et une philosophie unique.
« Les patrons réfléchissent- ils? » « Y a t- il une pensée collective de l'entreprise française - et si oui, laquelle ? » Si l'économie et l'organisation des sociétés françaises, le monde patronal et son représentant privilégié, le MEDEF, sont des sujets bien connus, celui de la pensée entrepreneuriale et des grands thèmes qui la structurent dans la durée l'est beaucoup moins. Le principal lieu de réflexion collectif de l'entreprise française est sans nul doute l'Institut de l'entreprise, créé en 1975 dans le sillage de renouveau de l'entreprise française provoqué notamment par Mai 1968, rejoint à partir des années 2000 par plusieurs clubs de réflexion et autres think tanks . Cercles de réflexion, boite à idées, lieux de sociabilité tout court, ils structurent tout autant une philosophie de l'entreprise qu'un champ de réflexion et d'action collectif, ils forgent une intelligence de l'entreprise au sens fort du terme. Dont les thèmes clés restent étonnamment stables au fil des ans : faire dialoguer entreprise et société ; réfléchir à un meilleur rôle de l'homme dans l'entreprise ; appuyer la mondialisation nécessaire des sociétés françaises ; améliorer l'efficacité de l'État providence dans une perspective résolument libérale. Celle d'un libéralisme tempéré à la française, à mi-chemin entre les capitalismes Anglo-Saxon et allemand, conjuguant solidarité et réforme du rôle de notre État.
Pourquoi la France a-t-elle perdu son rang économique depuis 40 ans ? Le décrochage français offre une analyse implacable des choix politiques et des erreurs stratégiques qui ont conduit à la désindustrialisation.
L'histoire méconnue de la propulsion nucléaire françaiseÀ l'heure de la mise en service du Suffren, premier de la classe Barracuda - la nouvelle génération de sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) français -, l'histoire de la propulsion nucléaire française est racontée ici pour la première fois. Cachée dans ces navires du fond des océans ou au coeur des porte-avions, cette technologie n'a pas la notoriété de la bombe atomique, des réacteurs nucléaires ou des missiles intercontinentaux. Née outre-Atlantique avec le Nautilus, elle a pourtant précédé la bombe atomique ! La France gaullienne l'a réinventée au cours des années 1960 en réalisant le prototype à terre (PAT), à l'origine de la filière nucléaire civile française. Originale et innovante, elle confère aux navires qui en sont dotés une puissance, une rapidité, une compacité, une endurance et une quasi-invulnérabilité qui en font un outil redoutable, sans doute l'arme ultime en matière de dissuasion. Seul pays avec les États-Unis à disposer d'un porte-avions nucléaire - le Charles de Gaulle -, la France possède aujourd'hui une vingtaine de réacteurs (appelés " chaufferies ") nucléaires qui la placent parmi les six pays maîtrisant aujourd'hui cette technologie, à la fois instrument d'intervention et outil de projection géostratégique. Bénéficiant de l'accès à des sources, des informations et des témoignages le plus souvent inédits, Les Atomes de la mer nous introduisent dans les arcanes d'une aventure maritime passionnante et méconnue. À l'heure des tensions et crises actuelles en Europe et dans la zone indopacifique, cet ouvrage dresse un portrait informé de la propulsion nucléaire dans le monde, objet depuis la guerre froide d'une bataille acharnée sous les océans pour la conquête de l'hégémonie en matière de dissuasion.
Fils de paysans de la province du Jiangsu, au centre de la Chine, Shen Fuyu a été mingong (travailleur errant) et a exercé de nombreux métiers avant de devenir écrivain. Avec un formidable talent de conteur, il redonne vie à Shen, son Village en cendres, balayé, comme tant d'autres, par les violentes mutations de la Chine. Au gré de sa mémoire et de celle de ses ancêtres, il ressuscite un monde paysan aujourd'hui disparu et met en scène vie quotidienne, coutumes, relation de chacun à un monde nouveau. Une Chine éternelle jaillit de ces pages, avec sa façon d'être et ses traditions, ses figures hautes en couleur, sa dureté quotidienne mais aussi ses moments de grâce, marqués par la volonté têtue de chacun de survivre, tout en gardant le plus important - la face. On sillonne les rues du village, on pénètre les coeurs et les maisonnées, les cours fleuries et les jardins, on frôle les esprits et les dieux familiers, on croise un vannier amoureux de son boeuf, un charpentier patriarche et sa scie magique ou encore une femme rebelle qui rosse sans façon son kidnappeur... Délicatement imprégné de Tao et de Confucianisme, croisant sans cesse la grande Histoire qui a bouleversé la Chine au XXe siècle et l'histoire individuelle, Le village en cendres dresse le portrait surprenant d'un pays de contradictions et l'invitation à découvrir un auteur, très populaire en Chine, traduit pour la première fois en français.
Le livre : La grande histoire d'Aéroports de Paris, du terminal Charles de Gaulle au groupe aéroportuaire international. Bâtir un aéroport d'envergure mondiale qui soit la nouvelle porte de la France : c'est le projet que remet fin 1944 au général de Gaulle l'un de ses compagnons d'armes à Londres, Alain Bozel. Cette idée ambitieuse amorce le fil d'une histoire qui a fait d'Aéroports de Paris, désormais Groupe ADP, l'un des premiers groupes aéroportuaires du globe, avec une trentaine d'aéroports, aux premiers rangs desquels Paris-Charles de Gaulle, Paris- Orly et Paris-Le Bourget. Mais connaissons-nous vraiment la réalité de l'aéroport, ce lieu-charnière qu'arpentent chaque jour des dizaines de milliers de voyageurs aériens, dont beaucoup d'entre nous ? Histoire totale, La Ville du ciel nous plonge dans les coulisses de ce qui est à la fois une organisation, un pôle de développement régional et national, une entreprise en compétition européenne et mondiale, mais aussi un geste architectural, culturel et patrimonial. Objet de fascination à ses débuts - comme le montrent les belles heures du Bourget de l'entre-deux-guerres et d'Orly durant les sixties -, l'aéroport s'est peu à peu banalisé jusqu'à devenir un " non-lieu " contesté pour ses nuisances. Depuis quelques années, il se métamorphose, devenant un élément essentiel de rayonnement : hub économique et multimodal, espace de consommation et de loisirs, d'hospitalité et de brassage, où le temps suspend son vol... La Ville du ciel nous convie à découvrir le nouvel aéroport à l'heure de l'après-Covid et des défis environnementaux du transport aérien.
La première biographie d'un ingénieur général de l'Armement qui joua un rôle de premier plan dans la modernisation de l'industrie française d'après-guerre. Hors du groupe Safran et du monde aéronautique, le nom de René Ravaud (1920-1986) ne dit pas grand-chose. Il a cependant été l'un des grands industriels français de la deuxième moitié du XXe siècle. A la tête de Snecma de 1971 à 1982, il a contribué de manière décisive à la percée du CFM56, le moteur d'avion le plus vendu de l'histoire de l'aviation civile. Aujourd'hui encore chez Safran - le groupe issu de la fusion entre Snecma et Sagem -, René Ravaud reste une figure tutélaire sinon mythique, à laquelle le groupe doit sa place parmi les quatre premiers motoristes mondiaux. Le parcours de René Ravaud est exceptionnel. Après avoir perdu son bras droit dans les bombardements de Brest en 1944 - ce qui lui vaut la Croix de Guerre et la Légion d'honneur -, il travaille dans l'Aéronavale à Toulon et sur le porte-avion Arromanches, révolutionne dans les années 1950 la mission d'Achats d'armement de l'ambassade de France à Washington, une " catapulte américaine " qui attire l'attention des nouveaux responsables de la Ve République et lui permet de devenir l'un des directeurs de la nouvelle Délégation ministérielle pour l'Armement. A ce poste, ses idées et son action originales préparent la réussite des années Snecma : renaissance d'une industrie française des moteurs d'avion - souhaitée par le général de Gaulle -, modernité des méthodes de gestion, alliance à contre-courant avec un partenaire américain dans le but d'acquérir une dimension mondiale... Cette biographie extrêmement documentée nous éclaire également sur l'ensemble des acteurs de la modernisation de l'industrie française d'après-guerre et nous donne les clés pour mieux comprendre les enjeux actuels. A tous égards, la vie et l'action de René Ravaud gagnent à être mieux connus !