Francis Kramarz
Francis Kramarz
On observe, aujourd'hui plus encore qu'hier, un processus de concentration de l'activité économique, tandis que les ménages, soucieux de leur cadre de vie, ne sont pas tous attirés par les zones les plus denses. La mobilité des travailleurs n'est donc pas toujours corrélée aux processus de relocalisation des emplois. Inversement, les entreprises ne sont pas toujours à même de répondre aux nouvelles formes d'habitat et de mobilité en ajustant leurs stratégies de localisation. Ce double décalage nourrit des situations de chômage chronique. Cet ouvrage, qui s'appuie sur une recension des travaux récents de recherche en économie en France comme à l'étranger, analyse cette géographie de l'emploi en France et présente des solutions ciblées dépasser ces contradictions. Thomas Delemotte est doctorant affilié au CREST (École Polytechnique & Ensae) et à l'Institut des Politiques Publiques.Ancien directeur du Centre de recherche en économie et statistique (CREST), Francis Kramarz est professeur à l'École polytechnique.Benoït Schmutz est professeur associé à l'École Polytechnique.
Les jeunes désengagés à la fois du monde du travail et du système éducatif, aujourd'hui désignés par l'acronyme NEET - « Not in employment, in education or training » (sans emploi, ne suivant ni études ni formation) - , représentent plus de 16,3 % des 15-29 ans en France, et ce taux s'élève en moyenne à 15,7 % pour l'Europe. Même si la structure du chômage diffère d'un pays à l'autre, ces chiffres ne sont pas seulement les symptômes de difficultés économiques profondes, ils révèlent l'inopérance croissante des systèmes éducatifs face à ces difficultés. Parce que le chômage touche davantage les jeunes ayant un faible niveau d'éducation et de compétences, y remédier passe par l'amélioration de l'offre éducative. Cet ouvrage compare les performances de divers programmes d'éducation, de formation et de prévention proposés aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes dans plusieurs pays d'Europe ainsi qu'aux États-Unis. Il montre notamment que les mesures visant à élargir et à prolonger l'accès à l'éducation générale ainsi que les programmes d'apprentissage et de prévention proposés dès la petite enfance aux familles défavorisées comptent parmi les plus efficaces pour améliorer l'entrée et le maintien des jeunes sur le marché du travail.