François Bourguignon
François Bourguignon
Depuis les années 1960, l'essor de certains pays, notamment en Asie, a contribué à masquer le faible développement de l'Amérique latine, voire le retard d'autres pays, comme l'Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, plus d'un milliard d'habitants dans le monde vivent encore dans la pauvreté. Les acteurs politiques privilégient actuellement la mise en oeuvre d'interventions au niveau des populations pauvres plutôt que des politiques macro-économiques et structurelles adaptées. François Bourguignon entreprend d'interroger le bien-fondé de ce choix, d'évaluer les savoirs acquis et d'identifier la nature des contraintes politiques dans le contexte de la mondialisation.
La mondialisation est-elle responsable de la hausse sans précédent des inégalités dans le monde ? Condamne-t-elle tout espoir d'égalité et de justice sociale ? En réalité, elle a eu des effets antagonistes. D'un côté, en raison de la croissance des économies émergentes, l'inégalité mondiale a diminué : le niveau de vie des Brésiliens, des Chinois et des Indiens se rapproche de celui des Américains et des Européens. En une vingtaine d'années, plus de 500 millions de personnes sont sorties de la pauvreté. Mais, d'un autre côté, les inégalités ont explosé à l'intérieur d'un grand nombre de pays, alimentant injustices et tensions sociales. Ce livre examine les tenants et les aboutissants de ce paradoxe, ainsi que les instruments dont disposent les décideurs nationaux et internationaux pour le maîtriser. Le développement de l'économie mondiale doit continuer à faire converger les niveaux de vie, mais ce progrès ne sera durable que s'il respecte un principe d'équité au sein même des nations. Ancien économiste en chef de la Banque mondiale, François Bourguignon est directeur de l'École d'économie de Paris. Spécialiste des inégalités, il a notamment publié, avec Anthony Atkinson, Handbook of Income Distribution (North-Holland, 2000).