François Pieretti
François Pieretti
Issu d'une famille de sang bleu désargentée, un jeune homme se voit confier une mission par son père de substitution, Stefan, gardien vieillissant du domaine familial : retrouver Flora, sa petite-fille. Commence alors une traversée du miroir vers le monde d'un voyou magnifique, Sebastian qui règne sans partage sur un minuscule port de rivière où s'amarrent les épaves rouillées d'une communauté de laissés-pour-compte , et celui de sa fille, Flora, princesse des ronces et de la ruine, inséparable de Moloch, son inoffensif chien d'attaque. Autour de l'enfant : Baleine, homme massif et généreux qui lui sert de nourrice, et Valentine, jeune femme opiniâtre à la fibre maternelle contrariée. L'adolescence venant, la mue incandescente de Flora bouleversera leurs destins. Chasse gardée est une ode à la vie rêvée des voleurs de grand chemin du XXI siècle et à tout ce qui fleurit dans les interstices d'un capitalisme carnassier, ode incarnée par une héroïne-tyran en culottes courtes, allégorie sublime et inoubliable d'une révolte juvénile insatiable.
Issu d'une famille de sang bleu désargentée, un jeune homme se voit confier une mission par son père de substitution, Stefan, gardien vieillissant du domaine familial : retrouver Flora, sa petite-fille. Commence alors une traversée du miroir vers le monde d'un voyou magnifique, Sebastian qui règne sans partage sur un minuscule port de rivière où s'amarrent les épaves rouillées d'une communauté de laissés-pour-compte , et celui de sa fille, Flora, princesse des ronces et de la ruine, inséparable de Moloch, son inoffensif chien d'attaque. Autour de l'enfant : Baleine, homme massif et généreux qui lui sert de nourrice, et Valentine, jeune femme opiniâtre à la fibre maternelle contrariée. L'adolescence venant, la mue incandescente de Flora bouleversera leurs destins. Chasse gardée est une ode à la vie rêvée des voleurs de grand chemin du XXI siècle et à tout ce qui fleurit dans les interstices d'un capitalisme carnassier, ode incarnée par une héroïne-tyran en culottes courtes, allégorie sublime et inoubliable d'une révolte juvénile insatiable.
Une odyssée moderne et inattendue au pays de la réminiscence. Plusieurs années auparavant, j'avais suivi mon père sur un long trajet, vers Clermont-Ferrand. Parfois il me laissait tenir le volant sur les quatre voies vides du Sud-Ouest, de longs parcours, la lande entrecoupée seulement de scieries et de garages désolés, au loin. Je conduisais de la main gauche, ma mère ne savait pas que j'étais monté devant. C'était irresponsable de sa part, mais la transgression alliée à l'excitation de la route me donnait l'impression d'être adulte, pour quelques kilomètres. Mon père en profitait pour se rouler de fines cigarettes qu'il tenait entre le pouce, l'index et le majeur. Sa langue passait deux fois sur la mince bande de colle. Il venait d'une génération qui ne s'arrêtait pas toutes les deux heures pour faire des pauses et voyageait souvent de nuit. J'avais un jour vu le comparatif d'un crash-test entre deux voitures, l'une datant des années quatre-vingt-dix et l'autre actuelle. Mon frère et sa vieille Renault n'avaient eu aucune chance.