François-Xavier Nsanzuwera
François-Xavier Nsanzuwera
1994, Rwanda : Martin, seul survivant de sa famille, fuit le génocide. Trente ans plus tard, en Belgique, il raconte comment la rage de vivre a triomphé de la barbarie.
Entre avril et juillet 1994, plus d'un million de Rwandais (environ 12 % de la population), dans leur grande majorité tutsis, furent exterminés par des éléments de l'armée et de la gendarmerie, par les miliciens Interahamwe et aussi par leurs voisins. Pour tenter d'expliquer l'efficacité meurtrière de ce quatrième génocide du XXe siècle, trop de commentateurs occidentaux convoquèrent les stéréotypes de la « sauvagerie tribale africaine » en refusant d'analyser un régime justement qualifié de « nazisme tropical » par le grand historien Jean-Pierre Chrétien. Le mystérieux attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana le 6 avril au soir, imputé sans la moindre preuve « aux Tutsis », a été invoqué pour justifier une prétendue « colère populaire spontanée » qui aurait été massive et incontrôlable. Or ce narratif se révèle fallacieux : l'attentat n'est pas la cause du génocide. Le « crime des crimes » est l'aboutissement d'une idéologie raciste attisée, depuis l'indépendance du Rwanda, par une mafia politique et militaire hutue décidée à monopoliser le pouvoir, quel qu'en soit le prix. Si des hommes et des femmes « ordinaires » ont participé au génocide des Tutsis et à l'extermination simultanée des démocrates hutus, il y avait, parmi ceux qui portent la plus lourde responsabilité, les donneurs d'ordres en place dans les coulisses du pouvoir, mais également ceux qui étaient présents sur les scènes des crimes. L'ouvrage met en lumière la personnalité et l'itinéraire de douze d'entre eux, condamnés par la justice pénale internationale au terme d'enquêtes soigneusement documentées et de procès équitables.
« La battante voulait-elle que je trouve moi-même ma thérapie à travers sa propre histoire ? Quelles que soient ses motivations, je lui sais gré de m'avoir fait ce cadeau qui m'a permis de rendre hommage aux miens et à tous ceux que j'aimais, massacrés pendant le génocide des Tutsis en 1994. Merci à toi, chère battante ; ta vie est une victoire sur ton destin. » Dans la soirée du 6 avril 1994, l'avion du Président Habyarimana est abattu par deux missiles. Le lendemain débute une des plus grandes tragédies de l'histoire de l'humanité, le génocide des Tutsis, qui coûtera la vie à 800 000 personnes en cent jours à peine. Le 18 décembre 2008, lors du Tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha, dans le nord de la Tanzanie, François-Xavier Nsanzuwera assiste au verdict du jugement du colonel Théoneste Bagosora, directeur de cabinet du ministre de la Défense, considéré comme le cerveau des opérations et surnommé « l'homme de l'apocalypse ». Dans cette foule, il croise le regard d'Inès. Il se souvient alors qu'ils s'étaient réfugiés ensemble à l'Hôtel des Mille Collines à Kigali... Là, face au Mont Méru, au clair de lune, sur sa terrasse, elle va lui conter son histoire. Un témoignage poignant ainsi qu'un vibrant hommage à la vie. Si l'oubli n'est pas une option, la reconstruction est plus qu'un choix, une obligation. L'amour de la vie en est l'ingrédient secret. Préface de Antoine Garapon
Sous la forme d'un abécédaire, dont les 33 lettres de l'alphabet russe sont les étoiles, un voyage, réel autant qu'imaginaire, en Russie (ou plutôt en « Soviétorussie » comme disait Marina Tsvétaïeva).Revenu d'on ne sait où, le poète Lermontov est le maître à danser de cet opéra-ballet linguistique. D'autres revenants (un sosie de Leopardi, un double de Kojève, un pseudo Beaudelaire...) lui donnent la réplique, tandis qu'un narrateur du nom d'Aïe Ivanovitch assure la mise en scène.Entremêlant micro-fictions, bribes de poèmes, fragments autobiographiques, dialogues et jeux sur les langues, Alphabet cyrillique est un livre au genre délibérément indécis. C'est aussi à l'occasion un abécédaire enfantin, contenant un bestiaire, un livre sur l'art d'être grand-père et même à l'occasion un manuel de russe pour grands débutants, doublé d'un cahier de solfège et de chant pour l'éternel étudiant en art de vivre qui sommeille en chacun.