Frank Dopkine
Frank Dopkine
Le blouson d'Evelyne gisait sur le tapis derrière elle. Le mouvement qu'elle fit pour faire passer la robe au-dessus de sa tête découvrit son corps hâlé, la ligne gracieuse de ses jambes, son ventre plat. Elle exécuta le geste en un seyant ralenti, livrant en se cambrant ses seins jeunes et ronds, aux pointes couleur de pain brûlé. -; Envoie-moi ton slip. Le geste de la jeune fille pour s'en défaire ne démentit pas l'impression de souple aisance qu'évoquaient ses lignes. Elle tendit du bout de ses doigts le triangle humide, et comme Alexa ne faisait pas mine de s'approcher, le lança vers elle. Il disparut dans la main baguée qui le froissa. -; Joli, très joli, vraiment, murmura Alexa.
J'ai très froid, soudain. J'avance dans la chambre en me tenant éloigné du lit. Je le contourne, butant au passage dans un peignoir en éponge blanc, roulé en boule. J'aperçois le bras. Il est presque vertical et la main dépasserait du rebord du lit si elle n'était recourbée, crispée sur le drap. Le corps est coincé entre le lit et le mur, la tête reposant contre le bois du sommier, les jambes à demi tendues, cherchant un appui sur l'angle du mur. Les cheveux blonds sont maculés de traînées sanglantes, et le visage défiguré par la terreur. Je ne vois pas la blessure, mais je sais déjà que je n'entendrai jamais la voix de Valérie.