Frederic Milan
Frederic Milan
Eté 1720 : tandis qu'à Paris, l'affaire Law ébranle le pouvoir du Régent, la peste éclate à Marseille. Mais dans ce roman, c'est la passion qui est le maître mot de l'histoire. Par l'auteur de Pacha et Les Grosses bêtises. « Copyright Electre »
Marseille, début des années 60 : une ville fantomatique, et inaccessible pour les habitants de l'impasse des Anges, une quinzaine de familles immigrées : italiennes, portugaises, grecques... Mon histoire a toutes les apparences du conte, dit Boccadoro, le narrateur. Il était une fois une petite fille malade, qu'on nourrissait de mots pour l'empêcher de mourir, ombre d'enfant lunaire aux yeux immenses et hagards, veillée par deux chats de gouttière qu'elle avait mystérieusement apprivoisés. Miche, dix ans et orpheline de père, souffre d'anorexie aiguë. Médecins et prêtres se succèdent en vain à son chevet, tandis que les mères italiennes se confortent mutuellement dans la certitude que le cas Miche relève du surnaturel. Son cousin Alexandre, dit Boccadoro, lui rend visite, et lui raconte l'histoire fabuleuse de leur oncle Marco Alfieri, dit le Pacha. La petite fille, dont le menu ordinaire se limite à une olive verte et à un verre d'eau, est si avide de mots qu'elle s'empare, avec une sorte de frénésie mystique, de la figure légendaire du héros familial, comme s'il venait combler le manque de sa vie. Le jour où le Pacha réapparaît, en chair et en os, à l'impasse des Anges, tout le monde observera avec surprise les effets de la passion dévorante de Miche sur ce personnage d'odyssée. La cruauté des vieux enfants est impitoyable : telle est peut-être la leçon de ce conte moderne et fellinien.
Les derniers jours d'un écrivain célèbre - et notoirement alcoolique - fasciné par le suicide, qui, en un ultime et éblouissant paradoxe, veut croire encore à la rédemption par l'écriture. Tel est le sujet, si l'on peut dire, de cette authentique fiction. Car si le récit s'inspire très librement de la vie romanesque de Jack London, encore fallait-il qu'un auteur eût l'audace d'écrire ce roman ! En proie à une partition radicale de la personnalité, London écrit des lettres à ses amis, sous le nom de Wolf. Dénonçant et exaltant à la fois les ravages de l'alcool, ce loup ivre de solitude, vit dans la nostalgie du temps où le jeune Jack se lançait dans les aventures du grand théâtre du monde, tour à tour vagabond du rail, pilleur d'huîtres dans la baie de San Francisco, manutentionnaire, reporter, boxeur, militant socialiste, et chercheur d'or au Klondike... Mais le succès, la gloire imprévue, sont venus élever son existence à la hauteur du mythe. Un mythe, dont la pesanteur n'a fait qu'aggraver, au fil des années, la déchirure intérieure d'un homme qui se croit traître à lui-même. D'où la tentation d'écrire un dernier livre salvateur, qui réconcilierait enfin Wolf, le loup solitaire, avec l'image hélas pervertie par le mythe du Jack London d'autrefois...
À travers les yeux d’Alice, onze ans, découvrez un roman drôle et poignant où les adultes commettent les pires bêtises. Entre Mai 68, les rêves brisés et l’Inde mythique, une histoire qui bouleverse l’enfance et questionne le monde des grands.