Georges Gougenheim
Georges Gougenheim
Le ménage, le repassage, la garde des enfants, le nettoyage des cages d'escalier, l'entretien et la réparation des bâtiments, l'usage de la domotique pour réguler le chauffage, le portage des repas à domicile, sont des activités banales de la vie quotidienne en habitat urbain, individuel ou collectif. Ils constituent une partie de ce que l'on appelle, aujourd'hui, les services de proximité. Ils organisent la vie du quartier, à la fois sur une base sociale, familiale, amicale ou de voisinage, et technique avec, notamment, les nouvelles technologies de l'information, comme celles liées à l'informatique ou au minitel. Les services de proximité sont donc des analyseurs des nouvelles sociabilités, et des nouveaux modes d'habitat, en cours d'émergence aujourd'hui en France. Les enquêtes, menées par des sociologues et des anthropologues, font ressortir que déléguer un travail domestique ne va pas de soi, [...] montrent comment sont réinterprétées les nouvelles technologies domestiques, comme la domotique, soit dans le sens d'une demande sécuritaire, soit dans celui d'une valorisation statutaire de l'habitat. Elles font ressortir comment les services de proximité, et notamment ceux qui dépendent de l'action sociale, peuvent être la source de nouveaux liens sociaux, tout particulièrement pour les exclus. Ces recherches concrètes de sociologie du quotidien en ville, réactualisent la question du fonctionnement et de la diversité des services ; qu'ils soient marchands et pris en charge par des entreprises privées ou parapubliques, qu'ils soient fondés sur le don et le contre-don au sein de la famille ou entre amis, ou sur la gratuité comme les services publics, ou encore qu'ils soient la base d'une nouvelle utopie sociale. Les sciences sociales montrent dans ce livre que le lien social et la sociabilité n'ont pas disparu, mais qu'ils prennent de nouvelles formes. La multiplication des services de proximité en est l'indicateur le plus significatif.
Du latin auquel le Moyen Age fait de larges emprunts, de l'époque classique qui élabore davantage les notions morales, les mots qui désignent l'homme - ses particularités physiques comme ses sentiments, et ses activités - ont une histoire vivante (la nôtre) que Georges Gougenheim "raconte"."L'histoire d'un mot qui a vécu dans la langue est complexe. Souvent en français on retrouve l'influence latine propagée par les lettrés. Parfois cette influence a joué et a incliné le mot français dans le sens du mot latin. Mais il est arrivé aussi que des circonstances n'aient pas permis à l'influence latine de s'exercer efficacement. Les tentatives des latinistes sont restées éphémères et superficielles et le mot français a poursuivi sa carrière." G. G.