Georges Prévélakis
Georges Prévélakis
Longtemps perçus comme relevant de l'enfance ou du simple divertissement, les jeux ont récemment envahi les espaces professionnels, dans l'industrie comme dans les services. Mais que penser des jeux de rôle désormais utilisés par les services de ressources humaines dans leur recrutement ? De ces salariés se pourchassant dans les couloirs pour se tirer dessus avec des projectiles en plastique, ou des compétitions ludiques qui s'insèrent dans l'activité productive elle-même ? En favorisant ce type de pratiques, l'employeur cherche-t-il simplement à instaurer une ambiance décontractée favorable au travail ? Revenant sur l'émergence et le développement de ce qu'il appelle le " management distractif ", cet art de gouverner par le divertissement et la diversion, Stéphane Le Lay interroge les ressorts et les effets de ces dispositifs en apparence ludiques. Prenant le contrepied des analyses complaisantes du " fun at work ", il met en lumière, à partir de différents sites d'enquête, la façon dont les jeux managériaux instaurent en réalité une rivalité permanente au détriment de la coopération, et consacrent la concurrence entre individus au sein même des organisations.
La Grèce constitue une énigme pour l'Occident. À chaque fois qu'on a pensé que le peuple grec était définitivement sur la voix de la modernisation, la situation s'est dégradée, comme depuis 2010. La Grèce constitue une énigme pour l'Occident. À chaque fois qu'on a pensé que le peuple grec était définitivement sur la voix de la modernisation, la situation s'est dégradée, comme depuis 2010. Jamais la confiance en l'avenir de la Grèce n'a été aussi basse, jamais on ne s'est autant interrogé sur l'identité grecque. C'est pendant de tels moments de crise que se révèle l'ambivalence de la relation entre la Grèce et l'Occident. On passe de l'admiration béate pour le " berceau de la démocratie " au mépris, parfois même à la colère. Ce décalage entre représentation et réalité est la source de la plupart des problèmes grecs, internes et externes. En sept ans, la crise a montré qu'elle ne peut pas être résolue par des simples approches économiques, sans une révision des idées reçues, sans la prise en compte de structures et de comportements enracinés dans l'histoire et la géographie. En dévoilant les atouts d'un " néohellénisme " disposant d'importants réseaux diasporiques, maritimes et religieux, ce livre échappe à une historiographie romantique et indique les ressources de la Grèce face à une Europe en train de redéfinir sa relation avec " les Autres ".