Géraldine Meignan
Géraldine Meignan
Florence Schulmann est une miraculée : son premier cri résonne à Bergen-Belsen au coeur de la désolation, trois semaines avant l'arrivée des forces britanniques. N'ayant pu avorter, sa mère est parvenue à cacher sa grossesse et à obtenir l'aide d'une kapo peu de temps avant de perdre les eaux. Florence est donc une rescapée, mais une rescapée sans souvenirs. Et une enfant hantée : tous les soirs, blottie dans son lit, elle entend ses parents murmurer et pleurer de l'autre côté de la cloison. De leur traumatisme, elle ignore tout - la liquidation du ghetto de Brzeziny, la perte d'un premier fils dans d'effroyables circonstances, leur séparation dans deux camps distincts, leurs retrouvailles inespérées, l'impossibilité de rentrer en Pologne. C'est à l'adolescence que Florence se dessille, à l'occasion d'un premier voyage en Israël où les gens se bousculent pour la rencontrer. Ce jour-là elle comprend qu'elle n'est pas une jeune fille comme les autres. A 80 ans, elle accepte enfin de se raconter : après être retournée à Bergen-Belsen, après avoir participé à des groupes de paroles, ressorti photos et archives. Née entre nuit et brouillard, Florence remonte ici le fil de son histoire, car elle sait que les mots sauvent, que la transmission est une boussole, un devoir, pour ses petits-enfants et les générations suivantes. Un livre remarquable, un témoignage rare.
Connaissons-nous l'origine des aliments de notre assiette ? Est-on sûr qu'ils ont été analysés avec précision ? Evidemment non, les récentes affaires et les futures à venir nous prouvent que nous avons perdu tout contrôle de la chaine alimentaire. Géraldine Meignan nous plonge au coeur des réseaux de la malbouffe : d'un coté les filières du crime organisé, les entreprises qui ferment les yeux par opportunisme... de l'autre les brigades criminelles qui traquent la viande avariée dans les abattoirs, les inspections aux frontières impuissantes à vérifier plus de 3% des porte-conteneurs qui les traversent... Au-delà du constat, le livre dénonce : le manque de transparence en France lorsqu'il s'agit de sécurité alimentaire ; le manque de courage des entreprises incapables de protéger les lanceurs d'alerte, ceux qui sont prêts à dénoncer des actes de malveillance ou de négligence ; la puissance des lobbies à Bruxelles qui freinent des quatre fers lorsqu'il s'agit de renforcer la législation et protéger le consommateur ; l'hypocrisie des politiques qui attendent la survenue d'une crise pour passer à l'action ; l'ambiguïté des magistrats prompts à condamner des cadres de l'industrie mais pas les services de l'État y compris quand les faits sont accablants ; le double jeu des laboratoires. Une enquête unique et sans concession. La deuxième partie du livre donne des clés au lecteur pour naviguer dans les méandres de la malbouffe (déjouer les pièges de l'industrie, identifier l'origine d'un produit, faire le tri etc.).