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Gisèle Venet

Gisèle Venet

3 livres
Couverture ebook de Temps et vision tragique, de Gisèle Venet
Presses Sorbonne Nouvelle | 31 janvier 2018

Le théâtre de la Renaissance anglaise connaît en France depuis de nombreuses années une faveur qui ne se dément pas. L'oeuvre de Shakespeare fait l'objet d'une attention incessante qui suscite des traductions et des interprétations nouvelles, des mises en scène audacieuses, dans le souci d'affirmer sa modernité. Il fallait une audace singulière et une largeur de vision remarquable pour embrasser d'un même regard la période la plus riche de ce théâtre tragique, la période shakespearienne qui s'étend de Marlowe à Webster. Il fallait une vaste culture et une acuité de l'intelligence susceptible de se déployer selon trois dimensions, littéraire, historique et philosophique, pour relier l'exploration de la temporalité à travers les formes dramatiques à une vision panoramique des traditions culturelles dont le théâtre élisabéthain est issu. Il fallait enfin un juste équilibre entre l'attention au contexte historique dans lequel toute oeuvre s'inscrit et l'aptitude à manier les instruments de la critique moderne dans la recherche d'une compréhension stimulante pour le lecteur de notre temps. C'est un moment dans l'histoire du théâtre anglais, mais aussi dans l'histoire de la conscience et de la sensibilité que Gisèle Venet a su cerner et restituer dans cette étude magistrale qui ne remonte à l'Antiquité et au Moyen Âge que pour éclairer la crise baroque et l'émergence d'un héros tragique nouveau. Robert Ellrodt

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Couverture ebook de La Beauté et ses monstres, de Line Cottegnies, Tony Gheeraert, Gisèle Venet
Presses Sorbonne Nouvelle | 31 janvier 2018

Les études réunies sous le titre La beauté et ses monstres sont nées d'un constat de rupture entre l'idéal platonicien qui posait l'alliance étroite du Beau et du Bien et les pratiques esthétiques des XVIe, XVIIe siècles. La poétique baroque, expression d'une crise de la pensée analogique et de l'idéalisme platonicien, procède en effet d'une reconnaissance implicite de la dangereuse contiguïté entre le beau et le monstrueux et trouve son originalité créatrice dans la mise en mouvement de formes « dépravées », dans l'invention de formes qui contreviennent aux lois de la « proportion ». Métamorphoses et anamorphoses jouent de cette virtualité du monstmeux latent en toute forme parfaite qu'un rien peut déformer, déjouant toute tentative de figier des rhétoriques littéraires ou d'immobiliser des genres dans une codification rigoureuse. De même, par l'attraction qu'elle exerce, tant physique que métaphysique, la beauté a suscité la défiance devant l'envers toujours possible de cet attrait, la séduction par une beauté frelatée ou trompeuse. L'étrange et fascinante intimité entre la beauté et ses monstres fonde de la cohérence d'une dynamique de recherche par-delà la variété des angles d'analyse adoptés et la contiguïté entre le beau et le monstrueux apparaît bel et bien comme facteur supplémentaire d'unité dans l'expression de la sensibilité baroque. Ce volume, à ce titre, est une contribution à l'histoire d'une esthétique liée à cette sensibilité et aux paradoxes par lesquels elle trouve à s'exprimer, paradoxes qu'implique la saisie unifiée d'éléments contradictoires. C'est une illustration de plus, s'il en fallait, d'une crise de la représentation qui a trouvé dans une esthétique de la discordia concors ou de la coincidentia oppositorum sa réponse la plus pertinente, sa « monstrueuse beauté »

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Couverture ebook de Le Mal et ses masques, de Gisèle Venet
ENS Éditions | 1 juillet 2017

Le « mal », impensé collectif, prend corps au gré de diverses représentations mythiques, poétiques, graphiques, musicales. Sorcières, guérisseuses, Machiavels, Antéchrists, voire bestiaire infernal, incarnent au théâtre ou dans la littérature pamphlétaire des xvie et xviie siècles ces « agents du diable » censés rendre visibles les dangers de l'invisible, mais que seuls leurs masques permettent de démasquer. La « diabolisation » de l'adversaire politique autorise une «chasse aux sorcières» qui n'a rien de métaphorique, mais au théâtre comme sur la scène politique, elle permet aussi la mise en évidence des jeux pervers du discours, le mal aux prises avec les mots, masque de l' « équivoque » qui ne parle pas seulement par la voix des sorcières comme dans Macbeth, mais inscrit l'ambivalence, menace de dévotement, comme mal au coeur de tout discours. L'ambivalence contient en elle la parodie, qui ne retient de l'invisible que le risible, mais elle permet aussi toutes les ruses de l'imaginaire pour surmonter les traumatismes du corps et de l'esprit, comme chez Graves ou Coleridge. Le théâtre lyrique, « chant des Enfers », témoigne aussi de cette « double voix ». Divertissement entre éthique et esthétique avec Purcell, ou affrontement idéologique entre choeurs des opprimés et choeurs des oppresseurs chez Haendel, il peut aussi prendre le relais du tragique : l'amalgame sensationnel, « théâtral », entre les monstres des enfers païens et l'enfer chrétien prive ce lieu par excellence du mal de toute référence métaphysique, pour mieux isoler comme nouveau « mal » le seul malheur de la passion trop humaine. L'enfer traditionnel se réduit à ses propres représentations parodiques, combien moins angoissantes que l'ontologie infernale proposée dans le Faust de Marlowe, égale à la contingence de l'être-là sans lieu ni durée définis.

Ebook
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