Guillaume Calafat
Guillaume Calafat
Les vingt-huit études rassemblées ici s'intéressent aux multiples rôles joués par les consuls et l'institution consulaire auprès des marchands actifs dans l'espace méditerranéen du XVIIe au XXe siècle. Ce livre offre tout d'abord une présentation et une analyse des fonds et des sources disponibles pour mener à bien cette enquête historique, depuis les abondantes correspondances jusqu'aux manuels consulaires. Il met également à l'épreuve des pratiques et des usages les prérogatives juridictionnelles des consuls concernant le règlement des contentieux marchands et la certification des transactions et des contrats dans l'Empire ottoman comme en Europe occidentale. L'ouvrage propose ensuite d'observer la variété des contextes d'exercice des consuls et les stratégies commerciales différenciées de leurs autorités de tutelle, de la République de Gênes à la Suède, en passant par le Royaume-Uni, les États-Unis d'Amérique, la République des Sept-Îles ou le Royaume de France. Plusieurs études soulignent enfin les marges de manoeuvre politiques, diplomatiques et économiques de consuls qui évoluent dans des relations de pouvoir et des réseaux d'affaires aux contours mouvants. En posant de la sorte la question de l'utilité commerciale des consuls, ces différents chapitres invitent à jeter un regard nouveau sur l'histoire de la fonction consulaire et sur les mécanismes de régulation politiques et institutionnels du commerce international aux époques moderne et contemporaine. Cet ouvrage a été publié avec le concours du GIS Histoire et Science de la Mer.
LE livre de référence sur la Méditerranée à l’époque moderne (XVe-XVIIIe), au programme de l'agrégation d'histoire moderne 2023 et 2024. Cet ouvrage propose de réfléchir au large éventail des mobilités méditerranéennes de la fin du XVe au milieu du XVIIIe siècle, depuis les expulsions massives des populations juives et musulmanes de la péninsule Ibérique jusqu’aux déplacements des marchands et des marins habitués à fréquenter les ports, les villes et les escales pour les besoins du commerce. À travers une série d’histoires situées, il éclaire la vaste gamme des dispositifs institués pour réguler la mosaïque complexe des communautés politiques et religieuses dans les pays chrétiens et d’islam. Il offre ainsi une synthèse de l’histoire récente des migrations, des diasporas et de la condition des étrangers dans le monde méditerranéen de l’époque moderne. Guillaume Calafat Maître de conférences en histoire moderne à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IHMC), il est spécialiste des relations entre l’Europe occidentale et l’Afrique du Nord. Mathieu Grenet Maître de conférences en histoire moderne à l’INU Champollion d’Albi (FRAMESPA), il est spécialiste des migrations en Méditerranée.
Comment disait-on le droit sur les mers à l’époque moderne ? Par quels dispositifs les pouvoirs politiques dotés d’une façade maritime tentaient-ils de faire respecter un pouvoir de « juridiction », entendu comme un « droit de dire le droit », sur un espace liquide particulier ? Ces questions sur la liberté, la communauté et l’empire des mers ont donné lieu à une grande controverse juridique livrée à l’échelle du globe. Une mer jalousée propose d’en faire l’histoire à partir de l’observatoire méditerranéen. De la mer Adriatique aux mers du Levant, du golfe du Lion aux littoraux nord-africains, l’enquête décline à différentes échelles, depuis les bureaux des juristes jusqu’aux ponts des navires, un large éventail de conceptions concurrentes des limites maritimes et des eaux « territoriales ». Ce faisant, l’ouvrage revient, au carrefour de l’histoire, du droit et de la philosophie, sur des notions juridiques cardinales de la pensée politique moderne, telles que la « propriété », l’« occupation », la « possession » et la « souveraineté ». Guillaume Calafat les inscrit dans une généalogie de longue durée embrassant l’histoire antique et médiévale, les textes du droit romain et leurs commentaires médiévaux, les lois byzantines comme la normativité musulmane. Une mer jalousée s’appuie ainsi sur une centaine de textes imprimés à propos de la domination des mers, en les croisant avec des libelles manuscrits, des atlas, des cartes, des traités, des gravures, afin de brosser le portrait d’une mer au statut disputé et incertain. Guillaume Calafat est maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Institut d’histoire moderne et contemporaine). Ses recherches portent sur la Méditerranée de l’époque moderne, et notamment sur les échanges marchands et maritimes entre Europe occidentale et monde ottoman.