Hélène Noizet
Hélène Noizet
Sous les pavés haussmanniens, Paris cache un Moyen Âge méconnu : églises, ruelles et parcelles ont façonné la ville que nous connaissons.
De quoi est fait ce que l'on appelle communément « la ville » ? Comment se construit dans la longue durée l'espace urbain ? Quels sont les rapports entre morphologie urbaine et fonctionnement social ? Cet ouvrage propose de répondre à ces questions en explorant les mécanismes de la fabrique urbaine. Les formes urbaines sont ici analysées dans une double perspective : celle de leur fabrication par des pratiques sociales qui varient sans cesse et, en retour, celle de leur influence sur le fonctionnement social.
It might seem as if towns and cities are always developed according to top-down urban plans. However, Hélène Noizet and Anne-Sophie Clémençon can show that most urban form is made through `unthought' processes. Instead of focusing on major building initiatives, this book deliberately looks at how ordinary urban areas are produced. The authors adopt a long-term overview, providing innovative ways of understanding the interaction between urban morphology and social function. They map out the dynamics underlying the formation - and constant rebuilding - of urban tissue using numerous examples, mainly from Europe. Despite the different historical contexts they cover, ranging from protohistory to the present day, the forces at work are shown to be similar. As we face the current climate crisis, our planet is becoming increasingly urban: this is one of the key issues we face. In order to address it effectively, we need to know how urban areas are really made.
Cette étude se propose d'aborder l'espace urbain comme une construction impensée de l'activité humaine. Les pratiques et les représentations des acteurs qui s'impliquent dans la ville de Tours (les chanoines de Saint-Martin, les moines de Saint-Julien et de Marmoutier, les rois, les archevêques, les comtes...) sont examinées tout d'abord pour elles-mêmes, comme une série de moments particuliers, liés à chaque fois à des finalités spécifiques et très diverses - et en général non urbaines. Puis, elles sont mises en relation avec les caractéristiques de l'espace urbain, c'est-à-dire le parcellaire et le réseau viaire précisément décrits grâce à un système d'information géographique, en montrant qu'elles participent à structurer cet espace urbain de manière dialectique, et non causale ou immédiate. Les temporalités propres à l'activité sociale, qui ne sont pas les mêmes que celles de la structuration de l'espace urbain, interagissent néanmoins en permanence avec celles de la ville. C'est ce jeu de décalage entre des temporalités aux rythmes différents qui permet d'expliquer la morphogenèse de la ville.