Henri Agel
Henri Agel
Découvrez l’homme qui a révolutionné le cinéma documentaire : Robert J. Flaherty, explorateur, cinéaste et pionnier du docufiction.
Toute réflexion sérieuse et vivante sur le cinéma, commence par un regard porté sur l'espace dans lequel se déroule et s'accomplit un film. Les grands théoriciens, esthéticiens et metteurs en scène, ont dit cette fonction spatiale, les uns dans leur exégèse, les autres dans leur travail créateur. Dualité du plan cinématographique, espace contracté et espace dilaté, espace off, espace sonore, espace abstrait et espace sacré : peu à peu, se noue un réseau qui donne à voir - avec un autre regard - les moments les plus beaux et les plus denses des films qu'ont signés Murnau, Mizoguchi, Dreyer, Renoir, Vigo, Lang, Rossellini, et tant d'autres, de l'expressionnisme allemand aux oeuvres de Marguerite Duras. L'auteur n'isole le cinéma ni de la peinture, ni de la poésie : il leur trouve un commun dénominateur. Et, ainsi, le mode d'expression qui a donné naissance à Métropolis, ou au Voyage en Italie, se révèle une voie privilégiée vers le mystère de l'être et du cosmos, comme un tableau de Klee ou un opéra de Mozart. Explorer l'espace du film, c'est tenter une sémiologie de la réalité, qui en laisse entrevoir les mouvantes et inépuisables significations.
Ces dix dernières années ont permis de faire un reclassement des valeurs esthétiques, peut-être provisoire, mais qui offre au moins l'intérêt de remettre à une place modeste certains talents abusivement admirés jusqu'ici, et de placer au premier rang des génies du 7e art encore méconnus. Il se trouve que ces « grands créateurs » offrent, à peu près tous, les mêmes caractères généraux ou, plus exactement, la même orientation générale qu'on pourrait appeler : lyrisme, sens du vertige, aspiration au spirituel. Ainsi, en établissant son palmarès, Henri Agel a été amené à définir ce qu'on pourrait nommer - pour reprendre un terme employé par André Bazin - une « ontologie du cinéma ». Elle mécontentera sans doute bon nombre de spectateurs, qui seront contraints de reconsidérer leurs goûts ; mais elle risque de susciter la sympathie de tous ceux pour lesquels l'écran apporte autre chose qu'un divertissement, ou un opium inoffensif. Il est temps de prendre le cinéma au sérieux, et de découvrir ses vrais classiques. La présentation de l'ouvrage, groupant des monographies par périodes, en fait une histoire du cinéma. Elle est personnelle, certes ; elle sera controversée, bien sûr ; mais, par là-même, les idées et les valeurs auront progressé.