Henry Méchoulan
Henry Méchoulan
Quand Amsterdam se libère du joug espagnol à la fin du XVIe siècle, la ville ne compte aucun juif. Cinquante ans plus tard, elle abrite la plus florissante communauté juive du monde et voit naître Spinoza. Comment des juifs du secret, pratiquant un catholicisme de façade depuis 1492 dans la péninsule Ibérique, ont-ils pu réussir à construire la Jérusalem du Nord, vitrine du judaïsme occidental, et contribuer à l'aventure économique d'Amsterdam ? Cet ouvrage retrace le destin d'une communauté née de la rencontre entre l'éternelle espérance juive et l'exceptionnelle tolérance hollandaise.
Traqués par la toute-puissante Inquisition, contraints de masquer leur foi, les cryptojuifs - les juifs du silence - chercheront malgré tout à rester fidèles à la Loi de Moïse. Mais comment vivre, travailler, transmettre la foi dans ce climat de secret et d'angoisse ? Comment affronter au quotidien la peur du lendemain dans une société en proie au racisme religieux ? Les réponses sont ici laissées aux bourreaux, aux victimes, et à ceux qui ont connu l'expérience de l'observance clandestine.
Face aux réquisitoires contre l'argent au nom de la liberté, nous avons voulu montrer comment l'argent a permis à la liberté de s'installer et comment il a veillé sur elle, à partir d'un exemple et non d'un modèle : Amsterdam au temps de Spinoza. La ville a été le laboratoire de l'argent dans sa modernité, et celui des libertés dans leur diversité. Grâce au lien circulaire entre argent et liberté, Amsterdam, après la première révolution européenne qui enfante la République des Provinces-Unies à la fin du XVIe siècle, est seule capable dans le monde d'éradiquer le despotisme, la tyrannie, le fanatisme, bien avant les exigences de 1789 ; elle a permis de faire entendre les voix de Descartes et de Spinoza que nous ne cessons encore d'interroger. Mais, doit-on pour autant confondre argent et liberté, fin et moyens ? Amsterdam a-t-elle été fidèle à cette volonté de liberté honnie par les rois et les prêtres, mais qui a sauvé des milliers de victimes de la violence et de l'intolérance ? Il appartient au lecteur de juger ce que la ville a fait de son argent et de sa liberté à l'heure où la République vit son siècle d'or, et de ne pas oublier que le regard sur le passé n'est jamais neutre.
Indépassable Spinoza, vraiment ? Intouchable, assurément. Inattaquable ? Pas pour Henry Mechoulan.Considéré comme une figure prophétique de la modernité, admiré par Hegel, Freud, Einstein, et tant d'autres, Spinoza a gagné une immense popularité en apparaissant comme le sage de la joie, le héraut de la liberté de penser et le maître de la « vraie vie ». Mais cette image convenue ne serait-elle pas la conséquence d'une reconstruction artificielle ?Sentences tronquées, traductions parcellaires, citations décontextualisées, affirmations péremptoires et omissions caractérisées : le Spinoza qui nous est présenté ici ressort différent, englué dans ses préjugés, ses contradictions, ses subterfuges et ses mensonges, ne cessant de les mêler à sa démarche qui se drape dans la recherche de la vérité.C'est le Spinoza réel, avec ses lumières mais aussi et surtout avec ses ombres, que dévoile enfin cet ouvrage iconoclaste, percutant et convaincant, savant et passionnant. Une grande contribution à l'histoire de la philosophie et un traité de sobriété intellectuelle.Directeur de recherche honoraire au CNRS, professeur associé à l'université libre de Bruxelles, membre correspondant de l'Académie royale de sciences morales et politique d'Espagne, Henry Mechoulan est l'auteur de nombreux ouvrages sur la philosophie classique et la pensée politique du XVIIe siècle, dont Amsterdam au temps de Spinoza. Argent et liberté.