Horace Peres
Horace Peres
Ce qui m'a plu dans ces nouvelles - et ce qui m'a décidé à les éditer - c'est qu'on ne sait pas comment elles sont faites. Leurs sujets ? Difficile, la plupart du temps, de les définir. Ces textes, apparemment très simples, sont profondément travaillés, souvent étranges, presque toujours déroutants, car le réel et l'irréel se mêlent étroitement. Horace Pérès a le don de voir - et de nous faire voir - le fantastique du quotidien. Il n'écrit pas des récits, mais compose des climats. Nous sommes captivés par des regards, des sensations, des nuances, des remarques apparemment sans importance, désinvoltes, et qui s'avèrent essentielles. Cela semble une suite de riens et, tout à coup, on s'aperçoit que c'était beaucoup, qu'on est comblé, troublé. Il faut lire Horace Pérès, dont l'art impalpable tient de la magie.
Mi-corse, mi-wallon, ayant passé dix ans de sa vie à naviguer, Horace Pérès aime la variété et les contrastes. D'où, en littérature, sa prédilection pour les nouvelles, qui permettent d'observer et de décrire le monde d'une infinité de façons. L'accueil favorable des connaisseurs à ses trois précédents ouvrages, lui a donné - après quelques années de silence - l'envie de revenir à ce genre très apprécié des Anglo-Saxons, peu aimé chez nous, mais qui est, pour lui, par rapport au roman, ce que le quatuor à cordes est à la musique symphonique : la quintessence de l'art. Le volume qu'il nous offre a pour thème majeur l'indifférence, dans laquelle il voit un excès de passion.