Isabel Allende
Isabel Allende
Cette étude se consacre à l'examen des écrits libertins de François-Antoine Chevrier (1721-1762), l'un des écrivains les plus turbulents de son époque. Bien que Chevrier ait eu une activité littéraire considérable - romans, oeuvres satiriques, pièces de théâtre, articles journalistiques, critiques théâtrales et mémoires -, sa production demeure aujourd'hui relativement méconnue. L'écrivain se distingue par sa veine satirique et par un tempérament impétueux. À la différence des premiers contes qui témoignent de l'influence orientale et s'inscrivent dans un univers féerique, sa production littéraire ultérieure reflète une réflexion plus approfondie ainsi qu'une attention croissante portée à l'évolution des moeurs de la société de son temps.
Abandonnée à la naissance par un aristocrate chilien, Emilia grandit dans le San Francisco du XIXe siècle, devenant une jeune femme indépendante et ambitieuse. Elle refuse les limites imposées aux femmes de son époque et défie les normes sociales. À dix-sept ans, elle commence à publier des romans sous un pseudonyme masculin, mais Emilia veut plus. Voir le monde. Dire la vérité. Lorsqu'une guerre civile éclate au Chili, elle saisit l'occasion de devenir journaliste et de partir pour raconter le conflit. Au coeur du chaos, entre violence et passion, la jeune femme est confrontée à la brutalité du monde et à ses propres origines. Car ce voyage est aussi une quête : celle de son propre père chilien et de son identité. Alors qu'elle découvre également l'amour, la guerre s'intensifie et Emilia se retrouve en grand danger. Cette incursion en enfer va bouleverser sa vie, à tout jamais...
Vienne, 1938. Samuel a cinq ans lorsque son père est sauvagement assassiné pendant la Nuit de Cristal. Juste parce qu'il est Juif. Rongée par la peur et le désespoir, la mère de Samuel n'a qu'une issue : elle doit faire quitter le pays à son fils pour le protéger de l'enfer. Effrayé et seul, le petit Samuel monte à bord d'un train qui va le conduire de l'Autriche occupée jusqu'en Angleterre. C'est le début d'un long voyage pour le garçon qui ne reverra jamais sa mère et dont le seul réconfort sera de jouer du violon. Soixante-dix ans plus tard, la jeune Anita et sa mère montent elles aussi dans un train, fuyant la violence du Salvador pour trouver un asile aux États-Unis. Mais à leur arrivée, elles sont séparées et Anita se retrouve seule. Heureusement, elle est accueillie dans un refuge tenu par Samuel. Un havre de paix aux douces vibrations d'un violon qui répare les âmes brisées et chante l'espoir d'une nouvelle vie.
Le 8 décembre 1991, la fille d'Isabel, Paula, sombre dans un profond coma dont l'issue est incertaine. Sa mère entame alors un douloureux combat contre la maladie, qui emporte chaque jour un peu plus son enfant. Dans sa détresse, elle décide de s'en remettre à l'écriture, qui lui permettra de remonter le fil du temps et d'appeler à l'aide sa longue lignée d'ancêtres, selon la tradition instaurée par son "clan". Elle évoque ainsi l'histoire, tantôt amusante, tantôt bouleversante, des grands-parents de Paula, se laisse emporter dans un récit où se mêlent souvenirs d'enfance, témoignages historiques, voire confidences, tous adressés à la jeune malade. La tragédie qui frappe sa fille la conduit à jeter sur son passé un regard lucide et critique, et c'est avec une simplicité parfois empreinte d'ironie qu'elle nous raconte l'éveil de ses sens, ses difficultés d'épouse et de mère, ses efforts pour s'affirmer dans une société machiste ou son exil, après le coup d'État militaire. Tout au long de cette oeuvre qu'elle voudrait salutaire, Isabel Allende tente à la fois d'exorciser sa propre angoisse et d'éloigner sa fille du gouffre : peut-être, en fouillant sa mémoire, trouvera-t-elle un remède pour échapper à l'horreur clinique du moment et, surtout, faire revenir Paula à la vie. Traduit de l'espagnol (Chili) par Pierre Guillaumin
Elle s'appelle Eva, qui veut dire vie, sa mère ayant voulu qu'elle y morde à belles dents ; Eva Luna, parce qu'elle fut conçue par un Indien de la tribu des Fils de la Lune piqué par un aspic, que sa mère arracha à l'agonie en lui faisant l'amour. Petite bonniche rebelle et émerveillée, écoutant aux portes et abreuvée de feuilletons radiophoniques, elle a le don d'inventer des histoires rocambolesques, improbables, renversantes, drôles et dramatiques comme la vie même, ce qui lui vaudra plus tard de sortir de la misère, de la servitude et de l'anonymat. Entre-temps, son destin aura croisé celui de dizaines de personnages plus hauts en couleur les uns que les autres. Isabel Allende compte parmi les romanciers vivants actuellement les plus traduits dans le monde. La Maison aux esprits, D'amour et d'ombre et Eva Luna ont été en France des best-sellers en édition courante et figurent parmi les meilleures ventes du Livre de poche.
Le personnage d'Eva Luna, dans le roman du même nom, n'avait pas sa pareille pour raconter des histoires aussi extraordinaires que véridiques, tirées notamment de la chronique du village d'Agua Santa. C'est un vaste éventail de ces "contes" de la Shéhérazade latino-américaine que rassemble ce livre. En fait, vingt-trois petits romans dont chacun est un condensé de la virtuosité et de la richesse narratives d'Isabel Allende. Unité d'inspiration dans la formidable variété des situations, permanence de l'ironie sensible et foisonnante dans des registres qui vont du burlesque au lugubre, de l'ingénuité au deuil, de la nostalgie à la colère, de l'amour à la révolte. Ces vingt-trois petits chefs-d'oeuvre sont à dévorer d'une traite ou à déguster, mais plus probablement encore destinés à connaître successivement les deux lectures. Traduit de l'espagnol (Chili) par Carmen et Claude Durand
Quittant le monde sud-américain qui lui est familier, la romancière de La Maison aux esprits nous entraîne en Californie, sur les pas de deux familles d'errants : celle du prédicateur Reeves qui parcourt l'Ouest à bord d'un vétuste camion, prêchant la recherche du "plan infini" qui justifie nos existences ; et celle des Morales, immigrés mexicains d'un quartier de Los Angeles hanté par la violence. Avec beaucoup d'habileté, Isabel Allende croise et décroise les fils de ces différentes trajectoires qui tissent la toile d'une fresque contemporaine, d'où se détachent les mythes et les drames de notre XXe siècle finissant: l'explosion urbaine, la marginalisation et l'exclusion de groupes sociaux, le développement du mouvement hippie et du "Flower Power", la guerre du Vietnam, l'avènement du féminisme et la libération des moeurs, la course à l'argent des classes moyennes. Traduit de l'espagnol (Chili) par Claude Fell
À la mort de Rosa del Valle, sa fiancée d'une incomparable beauté, Esteban Trueba s'exile aux Trois María, la propriété abandonnée de sa famille, pour tenter d'oublier sa peine. Dix ans plus tard, le domaine a retrouvé sa splendeur d'antan et les fermiers des conditions de vie décentes. Esteban, désormais riche propriétaire, revient à la ville chercher une épouse et jette son dévolu sur Clara l'extralucide, soeur de Rosa. Il construit pour elle une grande demeure. Bientôt, la maison s'emplit de leur descendance et de visiteurs, sans oublier les esprits attirés par les dons surnaturels de Clara... Mais le temps passant, les failles et les ambitions de l'irascible Esteban finissent par fissurer le fragile équilibre familial, alors que le cours de l'histoire emporte les siens dans les affres des révolutions sociales et politiques du xxe siècle. Premier roman d'Isabel Allende au succès mondial, La Maison aux esprits est devenu un classique incontournable. À travers trois générations de la famille Trueba, à la croisée de l'Histoire et du merveilleux, Isabel Allende tisse une évocation poétique et terriblement lucide du pays qu'il lui a fallu fuir après le coup d'État militaire de Pinochet. Traduit de l'espagnol (Chili) par Claude et Carmen Durand
Irène, fille d'une grande bourgeoise déchue qui a transformé sa résidence en hospice, noue avec Francisco, descendant de rescapés de la guerre civile espagnole, une relation d'amitié complice. Elle est journaliste, lui, photographe, elle a grandi dans l'insouciance de sa classe, lui les yeux grands ouverts sur les réalités de leur pays aux mains des Forces Armées. À la suite d'un reportage sur une faiseuse de miracles, ils se trouvent à l'origine de la révélation d'un massacre politique, ébranlant les fondements de cette dictature qui ressemble tant au Chili de Pinochet. La répression s'abat alors... Mais dans l'ombre de l'épreuve, c'est aussi un amour indissoluble qui voit le jour. Passant sans cesse de l'ombre à la lumière et de l'amour à la terreur, ce second roman d'Isabel Allende donne vie à des dizaines de personnages pathétiques ou burlesques, de la jeune paysanne épileptique au général fantoche terré dans son bunker, du prêtre-ouvrier des bidonvilles à l'inventeur de la machine à cueillir les noix de coco, et, surtout, ces inoubliables figures de mères, d'épouses, de filles, qui font de l'autrice de La Maison aux esprits la romancière du destin des femmes latino-américaines. Traduit de l'espagnol (Chili) par Claude et Carmen Durand
Le 15 mars 1832, dans le port chilien de Valparaiso, les Sommers trouvent à leur porte un bébé abandonné. Eliza va mener une existence de petite fille modèle au sein de sa famille d'adoption, jusqu'à ce qu'elle découvre l'amour à seize ans auprès d'un jeune homme pauvre et exalté, Joaquin Andieta. Quand, en 1849, le bruit court que l'on a découvert de l'or en Californie, Joaquin part tenter sa chance vers le nord. Eliza s'embarque clandestinement sur un voilier, à la recherche de celui dont elle porte l'enfant. Après un voyage infernal, cachée agonisante dans la cale du bateau, elle débarque à San Francisco. Déguisée en homme, elle entreprend un périple pour retrouver Joaquin dans un monde sans foi ni loi, peuplé d'êtres avides et de prostituées. Tao Chi'en, un jeune médecin chinois en quête de sagesse - que les hasards de la vie ont conduit de la Chine de Kuantung à Hong Kong, Valparaiso puis la Californie - l'aide à se frayer un chemin dans cette jungle fiévreuse où se côtoient et s'affrontent des individus de toutes nationalités et conditions. En toile de fond, on assiste à la naissance de San Francisco, à l'explosion soudaine du trafic commercial le long des côtes du Pacifique, entre le Chili et l'Amérique du Nord. Fille du destin est la fresque d'une époque aventureuse, marquée par la violence et l'appât du gain, où les personnages tentent, envers et contre tout, de préserver des parcelles d'amour et d'amitié. Dans cette traversée au long cours, Isabel Allende campe des personnages inoubliables, qui incarnent la tension entre les valeurs aristocratiques de la vieille société européenne et la conquête individualiste du Nouveau Monde... Entre le destin subi de l'héritage et le destin choisi de la liberté. Isabel Allende, journaliste et romancière chilienne, née à Lima en 1942, vit aujourd'hui en Californie. Fille du destin, traduit dans le monde entier, a reçu un accueil exceptionnel de la critique et du public. Traduit de l'espagnol par Claude de Frayssinet.