Ivan P. Kamenarovic
Ivan P. Kamenarovic
La Chine vient à nous: des textes prestigieux sont désormais traduits, des tournées théâtrales nous introduisent dans la légende et dans l'Histoire, le fengshui arrive en Europe. Mais que savons-nous de la civilisation qui leur a donné naissance? La Chine classique est extraordinairement vivante sous ses habits modernes. La méconnaître serait voyager en aveugle là où il y a tant à voir. Ivan P. Kameranovic.Docteur en philosophie, diplômé de chinois aux Langues orientales ; Enseigne à l'université depuis 1988, membre du Centre de recherches sur l'Extrême-Orient de Paris-Sorbonne (en 2005)
Au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin s’empare du Traité Du ciel d’Aristote et en livre une lecture aussi audacieuse qu’inattendue. Ce commentaire, rédigé à l’apogée de sa carrière, révèle comment le théologien concilie science antique et foi chrétienne.
L'époque des Tang (618-907) a brillé en Chine d'un éclat inégalé, et le très long règne de l'Empereur Xuanzong, de 712 à 756, passe aux yeux de beaucoup pour un âge d'or. La généralisation du système des examens, destiné à recruter une élite sur une base assez large, a entraîné un brassage social inconnu auparavant. Elle a aussi permis à l'éducation de reposer sur un socle commun, par-delà les différences sociales, géographiques ou religieuses. Pour nous faire pénétrer dans cette société raffinée, Ivan P. Kamenarovic' met en scène la formation de trois garçons issus de milieux divers : l'un vient d'une famille de lettrés-fonctionnaires, l'autre est un jeune aristocrate, le troisième est socialement sans position. Ils n'ont évidemment pas les mêmes points de vue sur le monde qui les entoure, ni sur l'avenir qu'ils espèrent, mais ils s'initient ensemble au maniement de l'arc et aux subtilités du pinceau. À travers l'itinéraire de ces trois garçons depuis leur apprentissage de l'alphabet jusqu'à leur premier poste, l'auteur raconte la vie quotidienne d'une civilisation à son apogée, qui a essaimé notamment en Corée, au Viêt-Nam, au Japon et dont les traces ne s'effacèrent plus.
Convaincu de la nécessité d'agir dans et sur le monde, l'Occident a élaboré au fil des siècles l'idéal de l'homme d'action. Cette soif d'action est liée à la conscience d'avoir prise sur les événements comme d'ailleurs sur la nature. La pensée chinoise ne connaît pas ce clivage d'un sujet activiste et d'un monde considéré comme objet. Terre et Ciel, yin et yang : la relation entre les termes d'un couple n'est pas d'opposition ni de contradiction mais plutôt de complémentarité. Partie intégrante de l'univers, l'homme chinois ne se situe pas à l'écart du monde afin de mieux le penser et le transformer. Le « non-agir » est à l'honneur dans les propos des penseurs et des hommes politiques, quelle que soit leur école de pensée : confucianiste, taoïste, bouddhiste. Comprendre les lois du réel, tant physiques que morales, et s'y conformer : telle est la clé de l'équilibre et de l'harmonie. Immobile et silencieux, le Sage « agit selon le non-agir ». Docteur en philosophie ancienne et titulaire d'une maîtrise de langue et civilisation chinoises, Ivan P. Kamenarovic a enseigné la pensée chinoise dans le cadre du Département de Philosophie de Paris IV Sorbonne. Ses recherches et ses publications portent notamment sur les traditions de pensée des lettrés chinois, en particulier en relation avec les arts, ainsi que sur les perceptions occidentales de la culture chinoise.