Jacques Beauchard
Jacques Beauchard
Redécouvrir la puissance fondatrice et parfois destructrice de la multitude, tel est l'enjeu de ce livre. « Copyright Electre »
Face aux maux qui nous affectent, il importe d'intégrer les composantes de notre milieu de vie : l'eau, l'air, le climat, le vent, l'alternance du jour et de la nuit sont les agents primaires du Bien Commun. Soit une sensibilité qui refonde l'identification de la rivière, du rivage, de l'espace maritime, de la montagne, de l'habiter, de la faune et de la flore, de la terre, comme agents d'un « être collectif » aujourd'hui menacé. Constitué par le vivant et le non-vivant, cet être collectif se tient au coeur du territoire et c'est lui qui est en quête du Bien Commun. Car, les sites et leur patrimoine, vivant et non vivant, faune et flore, sont porteurs d'une coopération vitale, « horizontale » qui seule permet de gérer un développement durable. Mais, toujours insuffisant et face à des intérêts contraires, le Bien Commun mobilise des rivalités opposées. Au-delà de l'aspect consensuel, sa promotion implique d'en reconnaître le caractère conflictuel.
La guerre était devenue un impensé pour les Européens. Son retour sur nos terres nous oblige à reprendre notre histoire, en démêlant l'ennemi de l'adversaire, et le criminel de l'ennemi : il s'agit d'admettre l'ennemi comme la boussole du politique. Dès son origine, tout territoire politique est lié au conflit, et l'Ukraine se métamorphose en unité politique à travers la guerre, suivant une territorialité opposée à celle de la Russie : c'est ce qu'il faut comprendre. Afin d'éviter une troisième guerre mondiale, ne faut-il pas que des pourparlers se développent entre les belligérants, en posant « la prise de terre » au coeur du conflit ? Jacques Beauchard est professeur de sociologie à l'université de Paris Val-de-Marne XIII et a enseigné à Beyrouth jusqu'en 2006. Il est spécialiste des questions d'aménagement politique du territoire et des conflits.
Que disent les Gilets jaunes de notre démocratie ? Comment comprendre ces désordres hétérogènes et sans représentation ? Partant de ce terrain, l'auteur analyse la dynamique des foules plurielles qui vont donner naissance à un « peuple d'en bas » contre celui « d'en haut », confondu avec le système. Comment dans ces conditions de division faire unité politique ? Tel est le défi sans cesse relancé au politique qui s'en trouve déstabilisé jusqu'à laisser place à une montée des populismes. Une piste s'ouvre pourtant avec la redécouverte de l'espace public et plus largement de la catégorie du « public » clairement identifiée comme l'agent central de « l'unité du multiple » chère à Aristote.
Géopolitique, attentats, violences intérieures, guerres : tout concourt à démontrer combien l'identification de l'ennemi pose de plus en plus question ; tout en donnant lieu à des manipulations multiples. Le terrorisme djihadiste et les métamorphoses de la guerre post-westphalienne obligent ainsi à redéfinir les contenus et la construction de cette identification complexe tout en repensant les origines de l'État. L'enjeu de ce livre est donc de prévenir la violence et la guerre par la compréhension de la politique et de l'institution du politique, tout en traitant les caractères les plus cruels de l'actualité.