Jacques Marcel Renard
Jacques Marcel Renard
Depuis une vingtaine d'années, l'histoire militaire, traditionnellement centrée sur l'événement, laisse le pas à une histoire des combattants. C'est ainsi qu'elle a réintroduit le prisonnier de guerre dans le patrimoine mémoriel de la Première Guerre mondiale. Ce livre expose la captivité de guerre dans ses aspects quantitatifs au travers d'une étude sérielle du fichier national des prisonniers de guerre allemands. Riche de plus de 400 000 fiches nominatives, il fournit des informations précises sur le parcours de chaque prisonnier depuis la capture jusqu'au rapatriement. Il s'agit donc d'un extraordinaire support qui autorise une mesure fine des flux, des déplacements, des conditions de mortalité, de l'importance des rapatriements, renouvelant totalement une perception jusqu'alors forgée au prisme des témoignages.
Les registres matricules du XIXe siècle, établis pour recenser les conscrits, fournissent une description physique de chaque recrue. L'hypothèse sous-jacente est que le patrimoine génétique de la population de la Manche n'a pas connu de grands bouleversements au cours des siècles. La Manche apparaît plus comme un pays exportateur d'hommes. La dernière vague migratoire d'importance remonte à la déferlante scandinave des X et XIe siècles. Les apports humains postérieurs très limités n'ont guère modifié ce patrimoine génétique.