Jacques Trémolet de Villers
Jacques Trémolet de Villers
« Une sorte de procession sortait de l'obscurité et cheminait vers nous. Émouvant cortège d'hommes, où les pères précédaient les fils, et les fils les petits-fils et les arrière-petits fils, jusqu'à la treizième génération. L'Écriture sainte était dépassée. Ils n'étaient pas quatre, ni cinq, ni six, mais treize, de fils en fils... ce miracle capétien. Hugues Capet et ses successeurs, les bâtisseurs de royaume. Pas toujours célèbres. Peut-être pas toujours très brillants... Parfois fondus dans l'ordre de la succession et ne tranchant guère par leurs exploits individuels... le contraire de l'aventurier romantique. Ceux que Jacques Bainville a appelés « L'honorable Maison capétienne ». Ils étaient une maison. Un royaume serait donc d'abord une maison. La Maison de France, comme il y a aussi la Maison d'Autriche... Et puis il n'y en a pas tant d'autres. » À ce mystérieux colloque des morts, les Rois de France ont convié l'auteur et sa petite-fille Zélie. À la clarté des torches et de la lumière spirituelle, ils lient avec eux une conversation pleine de douceur. Ils n'ont jamais abandonné leur royaume. Ils veillent sur lui. Rien de ce que nous traversons ne leur est étranger. Avec une sagesse qui jamais ne pèse ou n'impose, les voici qui éclairent les enjeux des temps présents. Prouesse poétique et historique, La Nuit des Rois rend contemporaine la sagesse des temps passés. Jacques Trémolet de Villers, dans une veine inédite, renoue avec l'art de faire parler les Anciens qu'il avait si magistralement illustré dans En terrasse avec Cicéron.
Le 21 février 1431 s'ouvre l'un des plus fascinants et décisifs procès de l'Histoire : celui de Jeanne d'Arc. Cette jeune fille de 19 ans, prétendue analphabète, hallucinée, hérétique, sera en moins de cent jours condamnée à être brûlée vive. Dès le premier interrogatoire, les juges, Cauchon en tête, assènent les coups. Ils sont abbés, docteurs en théologie, familiers du droit canon, décidés à la faire plier. Dès sa première parole, Jeanne, seule à la barre, déjoue les pièges des hommes d'Église et de loi. Elle fait preuve d'un ton libertaire, habile et plein d'humour qui les déstabilise par la force de sa sincérité. Les voix, puisque c'est là l'essentiel, portent. Cent jours durant, va se jouer, en cette froide salle d'audience, l'éternel combat de la vérité. Tout procès se conclut dès la première audience. Jacques Trémolet de Villers, plaideur des plus importants procès politiques de ces dernières décennies, décrypte les paroles échangées et nous livre, en voix off, son commentaire jour après jour. Il introduit son lecteur dans la salle, lui fait comprendre les convictions des parties, et surtout lui fait saisir le courage sensible du personnage de Jeanne, jusqu'à craindre l'issue... ll y a du bon dans la procédure. Elle conserve, comme des pierres précieuses dans une châsse, un véritable trésor, et demeure en dernière analyse la seule raison sérieuse d'organiser la justice des hommes. Le texte intégral du procès, seul témoignage à faire véritablement entendre Jeanne, a été élaboré, de façon minutieuse, à partir des actes authentiques (les minutes conservées en latin et en français), vérifiés aux meilleures sources et complétés par les dépositions du procès d'annulation. Jacques Trémolet de Villers a plaidé de nombreuses affaires civiles et pénales à caractère politique, idéologique et médiatique. Écrivain, il a publié une biographie du célèbre avocat du XIXe siècle Pierre-Antoine Berryer, Aux marches du palais, de même que Heureux qui comme Ulysse, commentaire de son anthologie de la poésie française Vingt-quatre poèmes que nous devrions savoir par coeur pour les dire à nos enfants. Il poursuit son travail avec cet « Évangile selon Pilate » qu'est le procès de Jeanne d'Arc.