Jean-Christophe Merle
Jean-Christophe Merle
Au cours de l'année académique 1997-98, l'École des Sciences philosophiques et religieuses a consacré ses leçons publiques au libéralisme. Privé d'adversaires déclarés aujourd'hui et porté aux nues par les tenants de "la mondialisation heureuse" (pour reprendre le titre d'un ouvrage d'A. Minc), le libéralisme n'a pas que des vertus... Certes, ses réalisations historiques sont particulières et multiples, mais ses principes politiques, économiques et sociaux, eux, ont des prétentions universelles. Objets de nombreuses contestations, ces prétentions demandent à être interrogées dans leur origine, leur contenu, leurs présupposés et finalités. Se dispenser de ce travail risque non seulement de nous laisser démunis face aux défis politiques, économiques, culturels et sociaux que nous avons à relever, mais plus fondamentalement encore, de nous aveugler sur une large partie de leurs enjeux.
L'esprit du temps est traversé par un renouveau du débat sur le droit et les droits de l'homme. Ce débat s'est pourtant peu attaché à un domaine du droit dont l'enjeu est considérable : le droit économique et social. Une réflexion menée à partir du Droit Naturel classique permet de retrouver les prémisses de cette discussion ainsi que de mesurer ses impasses actuelles. Le présent livre entreprend de reposer la question du droit de propriété. À l'aide d'une discussion critique des contributions de Kant et de Fichte, il tente de redéfinir ce droit de telle façon que les droits sociaux s'y trouvent inclus d'emblée. Il esquisse un modèle économique qui assure à la fois l'égalité des chances et des ressources, tout en respectant l'initiative individuelle, la propriété privée et les lois du marché. Le dilemme du droit individuel de propriété et des droits sociaux s'en trouve considérablement relativisé.