Jean-François Roussel
Jean-François Roussel
Canonisée en 20212, à l'heure du projet de réconciliation entre la société, les Églises et les peuples autochtones du Canada, Kateri Tekahkwitha (1656-1680) est célébrée par les uns comme une figure d'unité entre les Premières Nations et la société allochtone, et par les autres comme la victime du colonialisme et de la mission chrétienne. Ce livre examine le processus colonial au coeur de la mission en Iroquoisie et expose la créativité des Iroquois catholiques dans leur invention d'un christianisme original. Kateri Tekahkwitha et les siens ne peuvent avoir été que profondément iroquois, tant par leur cosmologie que par leur réaction au fait colonial, qui ont très probablement orienté leur réception de la foi chrétienne au-delà de ce que les premiers hagiographes pouvaient en comprendre. Cependant, la tradition sur Kateri construit son récit comme un miroir où se mirent les hagiographes d'hier à aujourd'hui, avec leurs propres cultures, sensibilités, aspirations et préoccupations. Ce miroir accommodant, on propose de le dépasser ici, dans cet essai de théologie décoloniale et interculturelle. Si ce livre explore un thème historique, c'est à partir d'une question d'aujourd'hui : comment des allochtones pourraient-ils nouer avec un patrimoine spirituel autochtone un rapport respectueux de son altérité et des premières collectivités auxquelles il appartient, tout autant que porteur d'un chemin de décolonisation spirituelle ?
Les Tourquennois connaissent bien le nom « Gustave Dron ». Une avenue, un centre hospitalier, une station du métro de la métropole lilloise portent ce patronyme. Une statue monumentale honore le personnage à l'entrée de la grande ville. L'homme public a été célébré : le médecin hygiéniste de la fin du dix-neuvième siècle sut en effet se doter des moyens politiques d'agir concrètement en faveur des plus démunis. Député dès 1889, maire en 1899 puis sénateur jusqu'à son décès en 1930, les traces de ses oeuvres sociales ne manquent pas sur sa ville. Mais de l'homme privé, de sa personnalité complexe, de ses relations avec ses proches, à commencer par Maria son épouse, ou les géants de l'Histoire régionale et nationale (Jaurès, l'abbé Lemire) de la « Belle Epoque » aux années d'après-guerre, il ne demeure que des traces ténues. Le pari de ce récit historique consiste à donner chair humaine à ce que le temps a statufié et figé dans la pierre. Retrouver les sensations, l'air du temps, les paysages, les dialogues avec des personnes, célèbres ou anonymes. Ne rien sacrifier à la vérité, imaginer le reste... à Tourcoing, dans le Nord, en France.
La note de synthèse présentée dans ce numéro se propose, à travers le concept d'« obstacle à la formation », développé plutôt dans le monde anglo-saxon, de montrer que la non-participation à la formation relève de problématiques plus larges que celle des inégalités d'accès à la formation. Ce changement de perspective permet de prendre en compte tout à la fois la difficulté des individus à participer à la formation et celle des organisations à favoriser cette participation.
Comment les formateurs d'adultes tiennent-ils compte de l'expérience des formés dans la conception, le développement ou l'évaluation des dispositifs de formation ? En quoi ces choix définissent-ils leurs rôles, leurs professionnalités ? L'ouvrage aborde une problématique actuelle dans le champ de la formation des adultes. Chaque adulte est porteur de diverses expériences personnelles et professionnelles qui peuvent être considérées par le formateur soit comme une ressource, soit comme un obstacle à gérer en formation. L'expérience, produit de l'activité est aussi l'occasion de nouvelles activités de formation et, en cela, peut devenir un support d'apprentissage. L'apprentissage à partir de l'expérience interroge donc à la fois les dispositifs de formation et les professionnalités des formateurs. Mais comment les formateurs d'adultes tiennent-ils compte de l'expérience des formés dans la conception, le développement ou l'évaluation des dispositifs de formation ? En quoi ces choix définissent-ils leurs rôles, leurs professionnalités ? Quelles tensions peut-on identifier entre ces différents rôles, aux différents moments du processus de formation ? Quels gestes professionnels, quelles compétences professionnelles sous-tendent l'action des formateurs ? Sur quelles logiques d'action prennent-elles appui ? À la lumière de dispositifs de formation continuée qui misent sur l'expérience des adultes dans de diverses organisations (scolaires, marchandes et associatives), cet ouvrage questionne donc trois axes : le rapport des formateurs à l'expérience des formés ; les spécificités des dispositifs de formation ; l'identité des formateurs.
Lors de la campagne des élections législatives de mars 1978, Maurice Decroix, journaliste à Nord Éclair utilisa, concernant Guy Chatiliez, l'expression « Force tranquille ». Trois ans plus tard, un célèbre publicitaire en fit le slogan de la campagne présidentielle victorieuse de François Mitterrand... Pourtant, plus que la « tranquillité », c'est la « générosité » qui caractérise la personnalité de celui qui fut maire de Tourcoing de mars 1977 à juillet 1979 après plus de trente ans d'engagement au service des plus démunis. On connaît le candidat d'abord social-chrétien avant d'être socialiste, l'élu, aussi « opiniâtre que chaleureux »... Sans doute fallait-il également faire revivre le petit garçon découvrant l'alpage de ses grands-parents maternels, le jeune jociste d'avant-guerre, le « déporté du travail » STO incarcéré pour faits de résistance en Allemagne, le journaliste de terrain, le militant de la lutte contre la lèpre, le citoyen du monde que fut Guy Chatiliez. De même que l'homme qui se battit jusqu'au bout de ses forces contre la maladie qui l'emporta finalement à 56 ans. C'est chose faite avec cette biographie, à mi-chemin entre le récit d'une existence et le reflet des époques vécues par Guy Chatiliez, fondée notamment sur les témoignages de ceux qui ont connu l'homme dans toutes ses dimensions (familiales aussi bien que publiques) Il ressort de ce parcours de vie l'image d'un homme droit, juste, engagé, exigeant, profondément humain. Une « force généreuse »