Jean-Jacques Urvoas
Jean-Jacques Urvoas
La Ve République est-elle vraiment au crépuscule de son efficacité ? Antimanuel de droit constitutionnel décrypte sans détour les dysfonctionnements actuels de nos institutions et propose des pistes concrètes pour les réinventer.
Une approche thématique structurée autour des pouvoirs constitués à travers les phrases qui sont régulièrement reprises par les manuels de droit constitutionnel. Des citations qui marquent autant d'étapes dans le déroulement de la Ve République. Du général de Gaulle à Emmanuel Macron, de François Mitterrand à Jacques Chirac, l'évolution institutionnelle de notre régime politique est ainsi balisée par l'influence de ses principaux acteurs.
Sa naissance fut hésitante. Sa composition est régulièrement critiquée. Son utilité, périodiquement contestée. Pourtant, le Sénat a su résister aux bourrasques, se trouvant un rôle singulier, d'ailleurs assez différent de celui d'indispensable contrepoids à l'Assemblée nationale que lui avait imaginé le général de Gaulle. Aujourd'hui, si la « chambre haute » conserve des détracteurs - les uns voudraient la fusionner avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE) quand d'autres la verraient bien muer en une véritable chambre des régions, voire militent pour sa suppression -, elle contribue à la stabilité du régime. Réformer le Sénat ? Peut-être, si l'on n'oublie pas qu'un parlement bicaméral est intrinsèquement une horlogerie fine destinée à modérer les passions causées par le gouvernement des hommes. Jean-Jacques Urvoas montre combien le Sénat doit veiller à demeurer, selon l'heureuse formule de Maurice Schumann, « l'édit de Nantes permanent de la République ».
En matière de sécurité, les faits sont accablants - un vol avec violence est commis en France toutes les quatre minutes trente, un cambriolage toutes les deux minutes - et les politiques mises en oeuvre depuis une dizaine d'années par la majorité au pouvoir ont prouvé leur inefficacité. Face à ce constat, la gauche, à qui l'on a longtemps reproché de sous-estimer ces questions, doit faire preuve d'imagination. Jean-Jacques Urvoas relève le gant et propose, dans ce texte bref et lumineux, de nouvelles pistes, plus audacieuses que jamais, pour répondre à la légitime demande de sécurité des Français. Il invite ainsi la gauche à envisager la fusion des ministères de l'Intérieur et de la Justice pour mieux articuler la loi et l'ordre, il préconise la régionalisation de la police, la démilitarisation de la direction générale de la gendarmerie, la reconversion des CRS, le désarmement des polices municipales ou encore la suppression de la Préfecture de police de Paris. Dix propositions efficaces et novatrices qui, à quelques mois des échéances électorales de 2012, devraient relancer le débat public.