Jean-Loup Amselle
Jean-Loup Amselle
Le terme de « friche » est récemment venu au monde de l'art - lieu alternatif, espace intermédiaire, site abandonné où se produisent des formes artistiques nouvelles. C'est sur ce modèle quelque peu paradoxal (la friche tire sa vitalité des ruines) qu'il faut comprendre nos rapports avec l'art africain. De par son caractère auto-référentiel, l'art contemporain occidental serait dans une impasse. Face à ce délitement, le métissage, le recyclage, le mixage des cultures apporteraient la solution miracle et l'Afrique serait ainsi une source majeure de régénération de l'art occidental. Oui, mais de quelle Afrique parlons-nous ? Il s'agit moins ici de réfléchir aux qualités proprement esthétiques de l'art africain que de délimiter, à travers celui-ci, la place qu'occupe l'Afrique dans notre imaginaire. Art « premier » ? Art « classique » ? Art « contemporain » ? L'art africain apparaît comme ce lieu stratégique d'interlocution - y compris dans ses malentendus - entre l'Occident et l'Afrique.
C'est dans la conjoncture de l'après Deuxième Guerre mondiale et de la conférence de Bandung (1955) qu'émerge le paradigme postcolonial, courant d'idées qui accompagne l'entrée sur la scène internationale des pays décolonisés dits du « Tiers Monde ». Dans leurs critiques de la domination occidentale, le ou les postcolonialisme(s) ont mis en avant la traite esclavagiste transatlantique et la colonisation. Progressivement, une théorie plus radicale s'est imposée : la « pensée décoloniale », qui fait remonter à la découverte des Amériques, en 1492, la mise en oeuvre d'une nouvelle formule de domina¬tion sociale et d'exploitation économique, désormais indexée sur la notion de race. À partir de leurs itinéraires respectifs, le philosophe Souleymane Bachir Diagne et l'anthropologue Jean-Loup Amselle dialoguent sur des questions cruciales qui engagent les rapports entre l'Afrique et l'Occident : l'universalisme, les spécificités culturelles et linguistiques africaines, le soufisme ouest-africain, le panafricanisme. Ces échanges reposent sur la conviction partagée que toutes les entreprises qui visent à établir une communication entre les différentes cultures humaines de notre planète sont salutaires, car elles permettront d'abattre les barrières réelles ou imaginaires qui fragmentent notre monde.
Comment comprendre la pulsion touristique actuelle vers le chamanisme ? Qu'est-ce qui pousse un nombre toujours plus grand d'Occidentaux à entreprendre un voyage initiatique, à participer à cette « fièvre de l'ayahuasca » qui saisit l'Amazonie péruvienne, en absorbant cette plante psychotrope au péril de leur vie, ou du moins de leur santé mentale ? Dans cet essai très original, Jean-Loup Amselle s'intéresse moins aux récits de l'expérience de soi qu'au chamanisme comme fait culturel, économique et social. Les enjeux de cette enquête dépassent le cadre de l'Amazonie péruvienne et de ses pratiques pour interroger nos sociétés occidentales et leurs problèmes. Comment le Sud soigne-t-il le Nord ? Quels sont les fantasmes moteurs de cette « filière du chamanisme » ? Et comment le chamanisme est-il reconfiguré dans la transaction touristique ? En liaison avec le développement massif du tourisme, le chamane devient un professionnel des affaires, un entrepreneur associant les valeurs ésotériques des héritiers du New Age et de la Beat Generation avec le savoir des guérisseurs amazoniens. L'ayahuasca serait bel et bien l'un des religions actuelles des Occidentaux, avec ses risques de dérives sectaires et d'aliénation des individus.
Les anthropologues, bien souvent malgré eux, ont usé et abusé de la notion d'ethnie, sans toujours préciser ce qu'ils entendaient par ce terme. Parallèlement, les médias se sont hâtivement emparés de cette appellation si peu contrôlée pour tenter d'" expliquer " tel ou tel événement de la politique africaine. Encore aujourd'hui, ce terme est utilisé dans les analyses souvent réductrices de certains conflits (ex-Yougoslavie,Rwanda, etc.).L'ensemble des textes réunis dans ce livre - devenu un classique depuis sa première édition en 1985 - s'efforce, en conjuguant analyses de portée générale et études de cas, de s'interroger sur cette notion controversée à partir de la situation africaine. En effet, il est important de repenser les notions d'ethnie et de tribu, de plus en plus souvent associées à d'autres notions comme celles d'État et de nation. Et il est impératif de revenir sur certaines formes de classifications par trop schématiques et réductionnistes.
Planter des piquets, dresser murs et murets, ouvrir des guichets... L'être occidental se complaît en des clivages qui l'aident à conforter ses fantasmes territoriaux. Et le globe de se transformer à ses yeux en pelote de lignes et de frontières étanches, en vaste cage des méridiens qui, sur un mode empreint de mélancolie, sanctionnerait la nature immuable des choses. La littérature et les arts s'accommodent parfois de cette trompeuse évidence. Pour plus d'un, néanmoins, le canon artistique est l'expression d'un ethnocentrisme. Pour plus d'un, l'universalisme culturel est la marque d'une occidentalisation, voire de la globalisation en cours. Imaginera-t-on une alternative ? un monde qui privilégierait la périphérie et dont le centre libéré du carcan global véhiculerait un début d'équité ? De-ci, de-là, par-delà les océans, des écrivains ont fait preuve de cette sorte d'imagination, des artistes aussi, nombreux, pour qui le globe et les cartes ont fini par devenir la matière d'une pensée fluide à portée planétaire.
De la critique postcoloniale, on retient surtout la remise en cause de l'universalité de la raison occidentale et celle de la prétention européenne à exporter les Lumières, la démocratie et les droits de l'Homme. Pour Jean-Loup Amselle, cette opposition entre l'Ouest et le reste est simplificatrice : elle ignore les connections et les interférences réciproques, ne prend pas en compte des philosophies ou des pensées concurrentes de la pensée occidentale élaborées en Europe et, enfin, méconnaît les réflexions et les controverses venues Afrique, d'Asie et d'Amérique du Centre ou du Sud. Pour y voir clair, il a donc entrepris une vaste enquête à travers continents et théories, auteurs et institutions. Du renouveau d'une certaine pensée juive dans le sillage de Benny Lévy à l'indigénisation du mouvement zapatiste, en passant par la défense des savoirs endogènes africains ou l'affirmation d'une temporalité indienne spécifique, il analyse les divers « décrochages » par rapport à l'Occident et les dangers que ceux-ci recèlent quand ils mettent en avant les principes essentialistes de cultures et de races. Chemin faisant, il revient aussi sur la figure tutélaire de Gramsci pour montrer combien l'hommage rituel dont celui-ci fait l'objet dans les études postcoloniales repose sur un usage infidèle de sa pensée. Ce vaste parcours, solidement documenté et argumenté, nous ramène finalement dans la France d'aujourd'hui où le postcolonialisme arrive tardivement, au moment où la crise des deux modèles d'intelligibilité de la société, celui de la lutte des classes et celui de la République, favorise l'ethnicisation des rapports sociaux.
Accustomed to spending fortunes on fast women and high living, Lord Wynchingham is horrified to lose a fortune in a card game and then finds that he is almost bankrupt. So when Tina Croome, his beautiful orphaned Ward, throws herself on his mercy he says that there is nothing he can do. Unless, she suggests, he uses the last of his credit to launch her into London Society and quickly attract a rich husband. Soon she has a long list of suitors, including the wealthy but odious Lord Welton who Tina reluctantly agrees to marry to save Lord Wynchingham. The more she comes to despise her fiancé, the deeper she falls in love with Lord Wyncingham. But it is too late to prevent the arranged marriage? Cue her evil cousin Claude who arrives on the scene with a mad kidnapping scheme. A fun, feisty, exciting romance, Cartland once again delivers a fast-paced, action-packed love story. Perfect for fans of Georgette Heyer, Julia Quinn, and Ginny Dye. In her lifetime, British author Barbara Cartland wrote over 700 novels and was most famous for her contemporary and historical romances. A prominent figure in London society, the young Cartland began her writing career as a gossip columnist for the Daily Express. It was partying in 1920's London that gave her inspiration for her first book, "Jigsaw", a racy society thriller. After marrying into the McCorquodale family, she began writing romance and holds a Guinness World Record for the most number of books published in one year: 191. Her books have been translated into many different languages, as well as adapted for stage and screen. She is beloved the world over and even counts the young Princess Diana as one of her many fans.
L'idée que l'avenir de l'humanité se trouve dans le passé et que la solution aux problèmes du présent est à chercher du côté d'une sagesse venue du fond des âges n'est pas neuve. Chaque époque a connu la tentation du primitivisme. L'incertitude idéologique actuelle lui donne toutefois une vigueur nouvelle. Le regain d'un tourisme mystique cherchant au loin, dans l'absorption ritualisée de substances hallucinogènes, les clés d'un paradis perdu, n'est qu'un aspect de cet attrait des origines. Car le primitivisme, aujourd'hui, prend trois formes : politique, anthropologique, artistique. Jean-Loup Amselle soumet ici chacune d'elles au feu de la critique. De la conception du musée du quai Branly à la référence à la « négritude » dans le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, en passant par la promotion, en Afrique de l'Ouest comme en Amérique du Sud, d'identités et de valeurs ethniques, il montre comment États et hommes d'État font de l'authenticité et de la tradition des arguments ou des instruments de pouvoir. Il dénonce également, chez certains de ses collègues anthropologues, une conception figée des cultures exotiques, voire un fétichisme des savoirs indigènes ; comme s'il fallait renvoyer les « sauvages » hors de l'histoire pour mieux pouvoir juger la pensée occidentale. Il analyse enfin le « processus de purification culturelle de l'autre » à travers une production artistique dont l'exotisme formaté est apte à séduire un public international. Cet ouvrage argumenté, engagé, parfois ironique, prend ainsi résolument parti contre les usages contemporains du mythe primitiviste.