Jean-Marie Apostolidès
Jean-Marie Apostolidès
Ce triptyque nous offre : une autobiographie de Marcel Mazeron, quatre entretiens des trois protagonistes de ce projet, et enfin, le film Buvons, buvons et moquons-nous du reste. Un ensemble qui rend la parole à un vaincu de Mai 68, qui a pris ses slogans à la lettre, plutôt que de faire carrière.
Découvrez comment Tintin dans tous ses états décrypte le mythe du surenfant, figure unique née après la Grande Guerre.
L'Hypnose théâtrale approfondit l'essentiel des travaux que Jean-Marie Apostolidès a consacrés au théâtre. Il se penche sur le tournant historique décisif des années 1870-1914, entre le Second Empire et la Modernité, qu'il est le premier à analyser de cette manière : le passage du « théâtre frontal », où les comédiens sont en contact direct avec le public, à un « théâtre hypnotique ». Celui-ci voit l'apparition de l'esthétique du quatrième mur, faisant de la scène un espace fictionnel autonome où les comédiens sont perçus comme des êtres réels. À partir des oeuvres : L'Arlésienne d'Alphonse Daudet, Ubu Roi d'Alfred Jarry et Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand, l'auteur dégage le dispositif qui a permis aux spectateurs d'assimiler l'affaiblissement de la structure patriarcale autoritaire. Professeur à l'université de Stanford, Jean-Marie Apostolidès (1943-2023) fut un essayiste aux intérêts multiples, du théâtre classique au situationnisme (Debord le naufrageur, Flammarion) en passant par Hergé (Dans la peau de Tintin, Les Impressions Nouvelles).
"Georges Remi est mort le 3 mars 1983. Mais 30 ans plus tard, Hergé est encore bien vivant. J'entretiens avec lui un dialogue qui ne s'est pas arrêté depuis qu'il a quité notre bonne vieille terre. Cette lettre est une façon de rendre public cet échange avec un artiste hors pair, qui est moins un fantôme qu'une ombre bienfaisante. Loin d'avoir terni l'éclat de Tintin, le récent film de Steven Spielberg l'a fait découvrir à une nouvelle génération de lecteurs. Un nouvel avenir se laisse entrevoir pour le héros d'Hergé. Que ce soit à travers les 22 albums canoniques ou à travers des films qui prendront graduellement leur distance face aux aventures originelles, Tintin est en passe de devenir un mythe. Ce sont ces bonnes nouvelles que ma lettre vise à transmettre à Hergé. J'en profite pour lui parler de ses personnages et lui proposer une interprétation d'un succès qui ne s'est pas démenti depuis plus de quatre-vingts ans." Jean-Marie Apostolidès
Il y a plus de vingt ans disparaissait Guy Debord, l'un des derniers grands intellectuels français, figure mythique des mouvements d'avant-garde de la seconde moitié du xxe siècle. Écrivain, cinéaste, penseur révolutionnaire, autodésigné « ennemi de son siècle », il a été le chef de file de l'Internationale lettriste (1953-1957) puis de l'Internationale situationniste (1957-1972), et, à partir de son oeuvre majeure, La Société du spectacle (1967), l'infatigable pourfendeur de la société de consommation. Mais Debord était également, selon ses mots et comme le révèlent ses archives, « un déclassé conspi¬rateur, un aventurier ne respec¬tant rien parce que n'ayant rien à perdre », un « enfant gâté, qui a toujours cru que le monde était fait pour lui faire plaisir et n'a jamais été capable de ressentir les choses au-delà de cet infantilisme affectif », un « Capricorne patient comme le grisou qui s'accumule dans les galeries de mines de la société ». C'est qu'il était bien placé pour connaître l'homme qui se cachait derrière le mythe qu'il s'était forgé, et cette part d'ombre que l'impressionnant travail d'investigation de Jean-Marie Apostolidès met enfin au jour. Une biographie intime et sans concession où l'on découvre un homme qui construisit sa vie comme une oeuvre d'art, en se rêvant tour à tour bandit, chef de bande, agitateur, général d'armée, empereur et philosophe.
Il y a plus de vingt ans disparaissait Guy Debord, l'un des derniers grands intellectuels français, figure mythique des mouvements d'avant-garde de la seconde moitié du xxe siècle. Écrivain, cinéaste, penseur révolutionnaire, autodésigné « ennemi de son siècle », il a été le chef de file de l'Internationale lettriste (1953-1957) puis de l'Internationale situationniste (1957-1972), et, à partir de son oeuvre majeure, La Société du spectacle (1967), l'infatigable pourfendeur de la société de consommation. Mais Debord était également, selon ses mots et comme le révèlent ses archives, « un déclassé conspi¬rateur, un aventurier ne respec¬tant rien parce que n'ayant rien à perdre », un « enfant gâté, qui a toujours cru que le monde était fait pour lui faire plaisir et n'a jamais été capable de ressentir les choses au-delà de cet infantilisme affectif », un « Capricorne patient comme le grisou qui s'accumule dans les galeries de mines de la société ». C'est qu'il était bien placé pour connaître l'homme qui se cachait derrière le mythe qu'il s'était forgé, et cette part d'ombre que l'impressionnant travail d'investigation de Jean-Marie Apostolidès met enfin au jour. Une biographie intime et sans concession où l'on découvre un homme qui construisit sa vie comme une oeuvre d'art, en se rêvant tour à tour bandit, chef de bande, agitateur, général d'armée, empereur et philosophe.