Jean-Marie de Ketele
Jean-Marie de Ketele
Cet ouvrage est issu du symposium intitulé « Les sciences de l'éducation et l'université : enjeux politiques et épistémologiques autour de l'internationalisation et de la démocratisation des formations universitaires » en 2019. L'ouvrage réunit neuf chercheurs francophones venus de différents pays et traite des liens entre recherche et expertise et étudie les tensions qui résultent de la coopération entre acteurs de l'enseignement supérieur de statuts différents.
Ce livre est le premier qui propose un bilan critique de l'internationalisation de l'enseignement supérieur en abordant à la fois les aspects politiques, économiques, institutionnels et pédagogiques. L'enseignement supérieur s'est massivement internationalisé ces dernières années. Dans tous les pays les plus développés économiquement, les universités cherchent à capter un public d'étudiants étrangers, à envoyer elles-mêmes leurs étudiants à l'étranger et à recruter des enseignants-chercheurs étrangers. Les finalités assignées sont multiples, parmi lesquelles mieux préparer les étudiants à travailler dans un monde multiculturel et globalisé, obtenir une meilleure visibilité à l'international en accédant au statut « d'université de classe mondiale », se manifestant entre autres par un classement en bonne place dans les palmarès les plus réputés (Shanghai, Times Higher Education). L'objectif de ce livre est de proposer une analyse globale du processus d'internationalisation de l'enseignement supérieur en examinant les aspects politique, économique, institutionnel et pédagogique et en clarifiant plusieurs concepts utilisés dans ce domaine tels que globalisation, éducation transnationale, citoyenneté globale, compétence interculturelle, mobilité internationale et internationalisation chez soi. L'ouvrage développe en outre différents scénarios d'évolution de l'internationalisation de l'enseignement supérieur et avance des propositions pour qu'elle soit plus équitable et plus sociale.
Cet ouvrage d'une grande actualité correspond à une nécessité dans le cadre de l'analyse des professions de l'éducation et de la formation en pleine transformation. Il s'inscrit dans des perspectives scientifiques contemporaines relatives à la dimension sociale de l'engagement professionnel et de l'apprentissage du et au travail. Il ouvre de nouvelles modalités de questionnement et de nouvelles pistes par rapport aux analyses motivationnelles et identitaires en contexte de travail en mettant particulièrement en évidence le caractère interactionnel de l'engagement, du désengagement ou du non-engagement professionnel en référence à des contextes actuels en mutation. L'ouvrage se compose de deux parties. La première est centrée sur l'engagement et le désengagement de futurs professionnels ou de professionnels dans leur activité de travail. La deuxième partie étudie les stratégies d'engagement d'acteurs dans des dispositifs de formation professionnelle initiale, dans une période de remise en cause des raisons mêmes qui justifient leurs processus d'engagement dans les métiers de l'éducation et de la formation. Une « synthèse ouverte » proposée en fin d'ouvrage problématise les résultats exposés, issus d'une pluralité de terrains, en les mettant en relation avec les mutations contemporaines dans le monde du travail. Cet ouvrage s'adresse autant aux praticiens qu'aux chercheurs, aux acteurs de l'éducation et de la formation dans le domaine social et politique qu'aux étudiants.
Dans cet ouvrage, les apprentissages professionnels accompagnés sont présentés comme des formes de médiations opérées par les intervenants (formateurs, tuteurs, référents professionnels). Les apprentissages professionnels accompagnés apparaissent alors comme des processus de changements pensés, provoqués et valorisés par les formateurs. Apprendre pour l'apprenant serait alors affaire de transformations de soi et de son agir dans des conditions formatives qui relèvent d'un espace transitionnel et protégé, d'une aire de jeu dans laquelle les tâtonnements et les essais sont permis. Ce souci de l'accompagnement des processus de changement transparait à travers des dispositifs de formation spécifiques (formations en alternance, démarches d'analyse des pratiques professionnelles, modalités présentielles et distancielles...), il est aussi tangible dans les postures des accompagnateurs censées soutenir l'analyse des actions des sujets. L'apprentissage professionnel accompagné apparaît comme une voie de développement et d'évolution des acteurs faisant l'expérience d'épreuves de passage, qui modifient leurs manières de voir, parler, penser, agir et interagir, avec la présence d'un tiers favorisant la co-analyse et la co-interprétation de cette même expérience.
Comprendre les mécanismes de l'engagement/désengagement professionnel dans trois grands domaines : l'éducation, la fonction de l'inspection et la formation à divers métiers de l'humain. Pour les professionnels de l'éducation et de la formation, l'engagement dans le monde du travail indique un attachement pour l'activité professionnelle. Il peut également supposer des conflits de valeurs : les contraintes de gestion ont pris de plus en plus de place, l'injonction au professionnalisme est plus forte en ce début de 21e siècle. Dès lors, s'engager professionnellement revient à composer avec des mondes professionnels complexes qui obligent les acteurs à des prises de risque. Ainsi, l'engagement professionnel suppose que les acteurs entrent dans des processus de transformation afin d'agir de façon efficiente. Le jeu des régulations de soi dans l'activité constitue un défi professionnel qui est plus ou moins accepté et relevé par les acteurs engagés. En tant que composante de l'agir professionnel, l'engagement professionnel traduit une modalité de l'accomplissement de soi au travail.