Jean-Pierre Tuquoi
Jean-Pierre Tuquoi
Au cœur des Landes, une bergerie en ruine devient le théâtre caché de l’Histoire. Latche, la maison des secrets révèle comment François Mitterrand y a tissé sa légende, entre intimité familiale.
Le meilleur témoignage sur la chute de Napoléon.Ce témoignage, considéré comme fondamental par les historiens du Premier Empire, était introuvable depuis un siècle. Il est ici présenté dans sa dernière édition critique et augmenté d'une présentation inédite de Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon. " Les [Mémoires] les plus variés, les plus fiables et les plus utiles à l'historien sont ceux de Fain. " Thierry Lentz
De l'Oubangui-Chari, du nom choisi par le colonisateur français en 1905, à la Centrafrique actuelle, Jean-Pierre Tuquoi nous raconte l'histoire inouïe d'un pays inventé. Devenu indépendant en 1960, le territoire passera, au fur et à mesure des coups d'état, par diverses mains, dont celles de Bokassa, l'influence de l'ancien colon restant omniprésente et l'appétit des concessions minières insatiable. Porté par une documentation riche et variée, le récit est saisissant de justesse et d'émotion.
C’est un lieu-dit non loin de la côte Atlantique, au cœur de la forêt landaise. Une petite route y mène, bordée de chênes-lièges et de pins : Latche. Ce qui n’était à l’origine qu’une bergerie en ruine acquise par le futur président dans les années soixante pour abriter ses amours avec la jeune Anne Pingeot devint, au fil des ans, le repaire de la Mitterrandie. Autour de Latche gravitaient la tribu du président et des personnalités politiques en visite sur les terres du dirigeant de gauche, tous et toutes soumises aux rituels obligés : visite au couple d’ânes et balade en forêt. Les courtisans comme les amis sulfureux s’y sont ainsi bousculés, de Jean-Jacques Servan-Schreiber à Jacques Attali en passant par Édith Cresson, Jean Daniel, François de Grossouvre et René Bousquet, l’ancien chef de la police de Vichy. Dormant sur place, pour leur dernier séjour en dehors de ce qui fut l’URSS, Gorbatchev et sa femme en repartirent avec des rêves de datcha tandis qu’Henri Kissinger, des années auparavant, avait quitté la propriété rassuré après une rencontre secrète avec le président d’une France passée à gauche. Ce livredresse autant le portrait aiguisé de la Mitterrandie que celui, intime, d’un homme qui avait fait de ce coin des Landes son autre pays à l’abri des bruissements élyséens. Les murs de la bergerie resteront à tout jamais chargés de ces petites histoires, anecdotes cocasses, drames personnels mais aussi grande Histoire qui, ensemble, construisirent le « mythe » Latche. Yves Harté, ancien journaliste à Sud Ouest, prix Albert Londres. Jean-Pierre Tuquoi, est un ancien journaliste du Monde.
Les cours de Maurice Merleau-Ponty n'étaient pas rédigés à l'avance. Les notes dont ils se servaient, abondantes ou succintes, ne lui fournissaient qu'un appui. Jamais cet appui ne le dispensait du risque d'avoir à penser devant les autres. Il lui arrivait parfois de s'en écarter au point de l'oublier. Ces résumés ont été rédigés par Merleau-Ponty lui-même. Ils disent tout ce qu'il leur est possible de dire : la variété et la rigueur des questions qui commandaient les cours, et leur vertu de nourrir des oeuvres qui s'élaboraient dans le même temps - l'Introduction à la prose du monde, Le visible et l'invisible.
Marrakech, le XXIe arrondissement de Paris ? « Le Paris du Sahara », comme le disait Churchill qui venait poser son chevalet de peintre amateur dans les jardins de la Mamounia, le plus célèbre des hôtels de luxe du Maroc. C'est toujours vrai. De Nicolas Sarkozy à Dominique Strauss-Kahn, de Bernard Henri-Lévy à Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi, les hommes politiques, de droite comme de gauche, les intellectuels de tous bords, les patrons du CAC 40, sans parler des vedettes du show-biz, se retrouvent à Marrakech. Ils y sont chez eux. Et c'est là, dans un riad de la médina, au bord de la piscine d'un palace, ou dans une villa au coeur de la palmeraie, que se nouent des pactes politiques et des alliances industrielles. En arrière-plan se dessine une Marrakech qui, sur fond de misère, offre des plaisirs sexuels interdits en Europe.L'attentat du café l'Argana qui, au printemps 2011, a coûté la vie de 17 personnes, dont 8 Français, a déjà fait vaciller l'engouement des Français pour Marrakech. L'entrée en force des islamistes au gouvernement va-t-elle définitivement détourner les touristes du royaume ? Et l'arrivée en France de la gauche au pouvoir sonne-t-elle le glas des relations franco-marocaines ?Dans une enquête fouillée, menée sur place et côté français, les auteurs de ce Paris-Marrakech dévoilent les relations quasi incestueuses et extravagantes qui unissent la France et le Maroc.
Depuis les accords d'Evian, les relations entre Paris et Alger ne se sont jamais vraiment apaisées : un mélange de douleur, de pragmatisme, d'histoires personnelles, de contrats d'entreprise. Mais depuis le début de l'année 2005, ce vieux couple tangue comme jamais, entre amertume et passion. Le 6 mai 2005, à Sétif, où l'on commémore la répression de 1945, qui fit sans doute des milliers de morts, le président Bouteflika fait lire un discours où la vérité - jamais entièrement élucidée - se mêle aux excès : « Les commandos de mort ont exécuté par centaines et milliers les citoyens. Les corps gisaient sur le sol, en proie aux animaux. Qui ne se souvient des fours de la honte installés par l'occupant dans la région de Guelma au lieu dit El hadj Mebarek, devenu lieu de pèlerinage où la mémoire conte les secrets de la victime et du bourreau. Ces fours étaient identiques aux fours crématoires des nazis. » Ces propos, qui font scandale en France, sont-ils la conséquence du projet de loi du 23 février 2005, déposés par le groupe UMP, où sont affirmés les « aspects positifs de la colonisation » ? Les années 2005 et 2006 devaient être celles de la réconciliation et de la mémoire. Un grand traité franco-algérien était en préparation, à l'image du Traité franco-allemand... de 1964. Colin de la Verdière, l'ambassadeur de France, préparait des gestes symboliques. Puis tout s'est effondré. La colère s'est répandue des deux côtés de la Méditerranée, entre maladresses et incompréhension, entre repentance et mauvaise foi, entre les discours de Bouteflika et ses séjours secrets à l'hôpital du Val de Grâce, entre libération d'islamistes emprisonnés et reprise des attentats... Un cocktail empoisonné. Dans ce livre corrosif, Jean-Pierre Tuquoi nous fait découvrir un couple détonnant. Deux pays qui se détestent et sont irrémédiablement proches. Deux pays qui se disputent dans les mots, mais ne cessent de commercer et d'échanger. On croise un président algérien roué, cultivé, francophone, mais affaibli politiquement et malade. On voyage dans un Quai d'Orsay ambigu, et dans notre histoire immédiate. Des faubourgs d'Alger aux banlieues de Paris, de Tibhérine à Tizi Ouzou, Jean-Pierre Tuquoi enquête, raconte, et cisèle un portrait de famille corrosif...
Jean-Pierre Tuquoi, quarante-neuf ans, journaliste au Monde, est un spécialiste de l'Algérie, du Maroc, de la Tunisie. Il a déjà publié deux livres : Emmanuel d'Astier, la plume et l'épée (Arléa, 1987, préface de Lucie Aubrac) ; et Notre ami Ben Ali : l'envers du miracle tunisien (La découverte, octobre 1999, préface de Gilles Perrault), qui fit grand bruit. En enterrant Hassan II, à l'été 1999, les Marocains pensaient voir disparaître une conception hautaine et archaïque de la monarchie. Deux années plus tard, les espoirs mis en Mohammed VI, « M6 » comme on le surnommait affectueusement, s'envolent. Passées les premières mesures audacieuses et quelques gestes sympathiques, le « roi des pauvres » ne cesse de décevoir. Alors que les rumeurs circulent au Maroc sur sa vie privée, sur ses voyages, Mohammed VI ne s'exprime guère, n'a lancé aucune réforme d'envergure, travaille peu, déserte Rabat, la capitale, au profit des autres palais hérités de son père. On est loin des audaces et du style flamboyant de Hassan II. Mohammed VI donne l'impression de s'ennuyer, comme si le pouvoir ne l'intéressait pas. Il y a donc une énigme Mohammed VI. Pour la percer, et entrevoir ce que pourrait être son règne, sur quoi se fondent tant d'espérance, il faut revenir sur ce qu'a été son enfance, ses années d'éducation, les rapports de « sidi Mohammed » avec son père. C'est un autre monde que l'on découvre alors, celui du palais, du harem, des petits complots, d'un luxe outrancier, et des excès... Un lieu de ténèbres. Mohammed VI a vécu à l'ombre d'un père jupitérien qui l'a broyé. Entre les Islamistes et les militaires, le Maroc risque d'en faire les frais.