Jean Schuster
Jean Schuster
« Il y a des passions semblables aux vents alizés, qui prennent les gens à certaine hauteur », disait Stendhal. Jean Schuster a, lui, des passions aussi diverses et désordonnées que ses colères. Il nous propose aujourd'hui avec ce livre une promenade désinvolte dans quelques-unes de celles-ci. Des coups de coeur ciselés avec un soin d'orfèvre. Certaines figures ici évoquées sont connues : André Breton, Georges Bataille, Benjamin Péret, Federico Fellini, Woody Allen, Eric Losfeld, Marcel Duchamp, Georges Simenon, Raymond Queneau ; d'autres un peu moins : Matta, Wolfgang Paalen, etc.
Un dialogue littéraire rare où confession et tauromachie se mêlent à la réflexion sur l’écriture. Entre augures révèle les secrets de Michel Leiris, entre besoin de vérité et art de la provocation.
De sa fenêtre, Jean Schuster observe le monde avec un regard acéré et sans concession. Ce recueil de lettres et de notes, tantôt drôles, tantôt cinglantes, offre une plongée dans l’esprit d’un surréaliste intransigeant, où foi.
De sa fenêtre, Jean Schuster observe le monde. On ne s'étonnera pas trop que cette fenêtre tende - fréquemment - à se confondre avec l'écran du téléviseur. Ni que celui-ci, à son tour, au lieu de réfléchir les images du monde, se mue en miroir et réfléchisse l'observateur. Car l'observateur s'observe mieux à travers le miroir du monde. Certains seront sensibles ici - avant tout - à la causticité du regard. Et, cependant, les coups de coeur sont au moins aussi nombreux, dans ce mince recueil, que les coups de griffes. Mais les uns et les autres se règlent à la même pendule : le refus de souscrire à cette veulerie généralisée, qui tient lieu de conscience, dans notre pays en particulier, à la classe intellectuelle. La lettre - jamais envoyée - à Philippe Soupault, mérite une mention spéciale. La manière, d'abord, en est peu commune : on y passe apparemment du coq à l'âne, sans jamais sortir cependant de l'essentiel. Quant au ton, il est inimitable : à aucun moment Schuster n'élève la voix, dirait-on. Mais à force de lui faire patte de velours, la souris est morte. José Pierre.