Jean Tardieu
Jean Tardieu
"En septembre 1927, au moment précis où ses premiers vers sont publiés dans La Nouvelle Revue française, le jeune poète Jean Tardieu embarque pour une longue traversée à destination de Hanoï : ses deux années de service militaire lui permettront de rejoindre son père, le peintre Victor Tardieu, qui a fondé l'École des beaux-arts de l'Indochine, où prendra naissance l'art moderne vietnamien. Durant les trois premières saisons de son séjour, Jean Tardieu écrit de longues lettres à trois de ses amis parisiens : d'abord à ses camarades Michel Pontremoli et Jacques Heurgon, de jeunes intellectuels passionnés de littérature et curieux du vaste monde, puis à Roger Martin du Gard, son maître dans l'art d'écrire et son mentor dans la carrière des lettres. Dans le sillage d'André Gide de retour du Congo, le jeune poète propose au fil de ses lettres un ample journal de voyage où les descriptions éblouies des paysages du Tonkin et des oeuvres des artistes de l'École se mêlent à une critique virulente du colonialisme." Delphine Hautois
"En septembre 1927, au moment précis où ses premiers vers sont publiés dans La Nouvelle Revue française, le jeune poète Jean Tardieu embarque pour une longue traversée à destination de Hanoï : ses deux années de service militaire lui permettront de rejoindre son père, le peintre Victor Tardieu, qui a fondé l'École des beaux-arts de l'Indochine, où prendra naissance l'art moderne vietnamien. Durant les trois premières saisons de son séjour, Jean Tardieu écrit de longues lettres à trois de ses amis parisiens : d'abord à ses camarades Michel Pontremoli et Jacques Heurgon, de jeunes intellectuels passionnés de littérature et curieux du vaste monde, puis à Roger Martin du Gard, son maître dans l'art d'écrire et son mentor dans la carrière des lettres. Dans le sillage d'André Gide de retour du Congo, le jeune poète propose au fil de ses lettres un ample journal de voyage où les descriptions éblouies des paysages du Tonkin et des oeuvres des artistes de l'École se mêlent à une critique virulente du colonialisme." Delphine Hautois
Paris, 1941 : ' la température est gravement malade ', ironise Jean Tardieu avec les termes imposés par la censure dans les cartes interzones. À Francis Ponge, exilé au sud de la ligne de démarcation, il raconte à mots couverts son quotidien fébrile, tiraillé entre poésie et ravitaillement. Dans cette insolite correspondance, provoquée par le désordre de la guerre, émaillée d'allusions à décrypter, on peut lire le détail de leur travail poétique et leurs stratégies éditoriales, tout comme le désarroi affectif, les incertitudes professionnelles ou les privations matérielles. On peut aussi déchiffrer entre les lignes les positions politiques et tâcher de reconstituer ce qui est tu des activités clandestines. Les deux poètes sont alors engagés dans des expérimentations décisives pour leur oeuvre à venir, tandis que le paysage éditorial est bouleversé du nord au sud par l'occupation allemande. À travers leurs lettres, ce sont ainsi les réseaux parisiens et lyonnais de la littérature en guerre qui se donnent à voir. D. H.
Paris, 1941 : ' la température est gravement malade ', ironise Jean Tardieu avec les termes imposés par la censure dans les cartes interzones. À Francis Ponge, exilé au sud de la ligne de démarcation, il raconte à mots couverts son quotidien fébrile, tiraillé entre poésie et ravitaillement. Dans cette insolite correspondance, provoquée par le désordre de la guerre, émaillée d'allusions à décrypter, on peut lire le détail de leur travail poétique et leurs stratégies éditoriales, tout comme le désarroi affectif, les incertitudes professionnelles ou les privations matérielles. On peut aussi déchiffrer entre les lignes les positions politiques et tâcher de reconstituer ce qui est tu des activités clandestines. Les deux poètes sont alors engagés dans des expérimentations décisives pour leur oeuvre à venir, tandis que le paysage éditorial est bouleversé du nord au sud par l'occupation allemande. À travers leurs lettres, ce sont ainsi les réseaux parisiens et lyonnais de la littérature en guerre qui se donnent à voir. D. H.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.