Jean Vartier
Jean Vartier
Ça n'a pas été une petite affaire pour Paul Ballanche, collégien à Saint-Jean-les-Touilleurs, d'entrer dans la Résistance à l'insu de ses parents. Il sera un des soixante hommes appelés à « camper » dans la forêt de Saint-Friard, ce qui le rapprochera de sa cousine Désirée, pulpeuse vedette des actualités cinématographiques, parce qu'à la place de son mari prisonnier, elle fait ronfler la forge pour ferrer les chevaux. La Gazette - tel sera finalement son nom de guerre - cultive deux ambitions au maquis : la conquête de la gloire et celle de « la » Désirée. Il se laissera plutôt conquérir par la seconde, tandis que la première s'obstinera à lui poser des lapins. Chronique picaresque d'un maquis plus porté à soigner ses menus qu'à utiliser sa puissance de feu, du reste longtemps inexistante, mais d'un maquis authentique. La vie quotidienne - minutieusement rendue - d'une clairière vouée, durant l'été 1944, à l'épopée, est animée par des personnages créateurs d'événements qui, si insolites soient-ils, se réclament de la réalité historique la plus pure. Jean Vartier les a rencontrés, au fil d'une longue enquête, dans deux provinces de l'Est. Ils se reconnaîtront et seront reconnus, même si les pistes qui mènent de la représentation au modèle ont été un peu brouillées. En tout cas, jamais n'avaient été percés avec autant d'acuité et de mépris des idées reçues, les grands et les petits secrets de ces communautés d'hommes du fond des bois. Jamais les curiosités n'avaient été poussées aussi loin dans le domaine de « l'envers de l'épopée » vieille de cinquante ans. Ceci pour aboutir au plus décapant des « comme si vous y étiez », servi dans une langue pleine de vivacité et d'humour.
Histoire de la capitale franc-comtoise. « Copyright Electre »
Découvrez les surnoms et moqueries qui ont façonné l’identité de 1300 communes de Lorraine et du Bassigny : une plongée savoureuse dans l’histoire locale, entre anecdotes légendaires et querelles de clochers.
La Lorraine inconnue des montreurs de saints, des flotteurs de bois, des luthiers qui assaisonnent leurs vernis aux herbes magiques. La Lorraine insolite des « père-la-pudeur » de Metz, des « pousse-à-la-revanche » de Nancy, et du curé... républicain de Pont-à-Mousson. Mais aussi la Lorraine-Far-West du pays de l'acier, avec ses métamorphoses et ses convulsions.
À Musard-Saint-Mamès, il y avait cent quarante électeurs, la Mairie ne tenait qu'à quatre voix... Rouges et Blancs se heurtent... Mais parfois, l'amour les réunit... Une comtesse incandescente... Des jeunes gens qui prennent feu...
Tout messie a son précurseur. Celui de Victor Hugo était né 22 ans avant lui, dans le même quartier du Vieux Besançon : c'était Charles Nodier, qui ne quitta définitivement sa province natale qu'à l'âge de 34 ans. Voici reconstituées avec minutie les aventures du fils prodige d'un juge de la Terreur, mûri dans la familiarité de la guillotine, du collégien fondateur de société secrète, du poète accusateur de Bonaparte, emprisonné pour ses vers et converti à « l'action directe ». Sur les traces de ce Fanfan-la-Conspiration, Jean Vartier nous ouvre des chemins de contrebandiers, au coeur de la forêt jurassienne et jusqu'au campement des Bons Cousins Charbonniers. Nodier, écrivain de la pénombre, excellait à brouiller les pistes et à gommer la ligne de démarcation entre l'imaginaire et le vécu. C'est donc à une véritable enquête romantico-policière, riche d'attraits pour le lecteur, que s'est livré Jean Vartier, afin de percer les secrets d'une carrière sinueuse et de retrouver les clefs d'une personnalité ambiguë et d'un art dont nous mesurons aujourd'hui l'étonnante modernité.
Médecin des eaux de Plombières, le Dr Jean le Bon, alias Solon de Vôge, ami de Pierre de Ronsard, en réunit plus de 5 000, il y a 400 ans. Jean Vartier nous fait partager le plaisir qu'il eut à puiser dans la besace de Solon, avant d'étaler sa propre moisson : proverbes de l'ensemble de nos terroirs, pour la première fois réunis, qui reconstituent la symphonie des voix de jadis, sur les espaces villageois où elles se manifestèrent de préférence, le parvis et son « marché de boucs », le pas des portes et son « couarail », le devant des cheminées et ses « loures » (grandes veillées). Proverbes, mais aussi dictons, témoins d'un art, soigneusement restitué, de prédire la pluie et le beau temps, témoins aussi d'une manière immémoriale de planter ses choux et autres légumes, sous l'oeil et la protection des saints. Les amateurs de jardinage retrouveront ici le secret des semis à l'ancienne. Il est plus facile de faire des mots que de casser des mottes, dit un proverbe lorrain. Mais les proverbes lorrains sont des mots adoptés dont on ne se lasse pas de savourer la réussite.