Jean-louis Hue
Jean-louis Hue
Voici "le chat dans tous ses états", poils longs et poils courts, couverts de cocardes ou d'électrodes, sentant le foin, l'ambre ou la misère, chats fous et chats trop sages, chats d'intérieur et chats de cimetière, chats de race et chats de gouttière, chats chassant, chats couchant, chats enfuis, l'auteur leur cavale aux trousses, visitant les salons d'exposition, les muséums, les galeries d'art, sautant d'un laboratoire à un affût, d'un boudoir mondain à quelque taudis surpeuplé. Il a compulsé des thèses aussi bien que des bandes dessinées et des livres d'enfant. Il a interrogé des éthologues, des poseurs de pièges, des dames à chats, regardé des estampes, lu des poèmes, remué des ossements, reniflé des pâtées en boîte. Il a également suivi les mystérieux cheminements de ses trois compagnons félins, dans leurs parcours de nains, parmi les venelles à souris, les volcans pour taupes, le maquis des herbes...Et cette quête d'un fanatique finit par déboucher sur la plus singulière des histoires d'amour, dessinée avec délices par un écrivain-né. Entre l'épithalame et l'encyclopédie, son livre, unique, insolite et merveilleux, communiquerait au pire ennemi des bêtes cette passion, dont on ne guérit pas : le bonheur d'aimer les chats.
Les premières gouttes de pluie, retrouvées à l'état de fossile, datent de près de trois milliards d'années. La pluie n'a cessé depuis, partout et à toute époque. La pluie de la Bible, la pluie de la Mésopotamie, la pluie de l'Antiquité gréco-romaine, la pluie des Temps modernes. Elle a arrosé les peurs de l'an mille, parfois éteint le soleil de Louis XIV, s'est glissée dans le calendrier révolutionnaire sous le nom éphémère du mois de pluviose. Egalitaire, la pluie perturbe les travaux des champs autant qu'elle complique la vie des piétons, affole prètres et sorciers et change le cours des batailles (Crécy, Azincourt ou Waterloo), mouille le SDF comme le président de la République, François Hollande s'en souvient... Avec l'essor de la météorologie, au XIXe siècle, les pluies font la gloire des savants qui la quantifient et tentent de lui trouver une logique, jusquà nos jours où elles s'invitent dans le dérèglement climatique. Mais la pluie n'est pas que quantité, elle est sensation, les peintres et les poètes le savent bien. La pluie, qui a l'air monotone, est pleine de surprises, comme ce livre où nous apprenons la grande et la petite histoire de ce phénomène physique qui a un petit grain. Sous la conduite de Jean-Louis Hue qui glisse des souvenirs personnels dans ses quarante épisodes, soit bien sûr le nombre de jours qu'a duré le Déluge, nous n'avons qu'une envie, de fermer le parapluie et de chanter sous la pluie.
" Ce n'est pas une romance, pense Olympe. On ne voit rien d'elle que ses mains, et pourtant on a la sensation de son emprise sur lui. Pas de l'amour ; du pouvoir. Olympe scrute. Sonde. Dans sa chambre ronde, assise en tailleur sur son lit, l'ordinateur entre ses cuisses, Jean-Sébastien Bach dans le casque, elle agrandit l'image. Une main, un dos. C'est le sujet du peintre. À l'arrière-plan, c'est de l'aquarelle noire. Elle aime cette main de femme. Elle aime ce dos rose d'homme. Musclé mais rose bonbon. Elle voudrait être avec eux. Dans le tableau. Surtout dans ce qu'on ne voit pas du tableau. "Les Indociles dressent le portrait plus vrai que nature d'un don Juan au féminin, créature irrésistible et vénéneuse, toute en contradictions. D'une grande finesse, ce roman, qui n'est pas sans rappeler Les Liaisons dangereuses, nous livre une belle réflexion sur l'amour et sur la création artistique.
La biographie d'un géant de la littérature soviétique mondialement connu par Cavalerie rouge et les Récits d'Odessa. Juif d'Odessa né en 1894, écrivain russe protégé par Gorki, Isaac Babel commence à publier avant la révolution d'Octobre. Rallié aux bolcheviks, il travaille quelque temps pour la Tchéka. Durant la guerre russo-polonaise, il est propagandiste au sein de la 1re armée de cavalerie de Boudionny, contrôlée par Staline. Ses Récits d'Odessa et surtout Cavalerie rouge (scènes brutales ou sibyllines rehaussées d'images somptueuses) le propulsent au premier plan de la jeune littérature soviétique. Mais Cavalerie rouge n'exalte pas seulement les exploits des combattants et remet en mémoire des épisodes que Staline veut faire oublier. Le tyran ne lui pardonnera pas. Malgré des amitiés haut placées, Babel, serviteur de la Russie nouvelle obnubilé par le monde juif de son enfance, tiraillé entre récits, théâtre et scénarios, déchiré dans sa vie familiale (une femme et une fille en France, une femme et une fille à Moscou), ne survit pas longtemps à la disparition de Gorki. Il est exécuté en 1940. Adrien le Bihan confronte la vie et l'œuvre de Babel aux grandes secousses qui les ont marquées : pogroms, débâcle des bolcheviks face aux Polonais, collectivisation forcée, terreurs successives, soviétisation de pays non russes. Il réussit le portrait d'un artiste insaisissable qui vénérait l'écriture, mais que fascinaient la violence, le sang et ceux qui en répandent. Un homme charmeur et secret, dont le principal ennemi, en dehors de lui-même, fut le maître du Kremlin.
"Je voulais retrouver le père Noël. Une telle ambition impose, au fil de l'âge, de parcourir des distances considérables. Je suis parti vers le Grand Nord, ne doutant pas que le père Noël m'y attende. J'ai visité sa maison, suivi ses rennes, erré dans sa nuit. Les mécréants qui pensent que ce genre de voyage ne mène nulle part seront détrompés. J'ai musardé sur le chemin du retour, passant par la Lorraine et la Hollande, ces pays où le père Noël a trouvé sa fortune. Du côté de Libourne, au coeur des vignobles du Bordelais, j'ai dépouillé son courrier. Dans les forêts d'Alsace, j'ai mesuré à l'aide d'une gigantesque toise ses vieux sapins. Au bout du voyage, mes valises pesaient aussi lourd que sa hotte. Et elles étaient remplies des mêmes trésors." J.-L. H.