Jean-paul Lacroix
Jean-paul Lacroix
Il était une fois... Toutes les histoires de notre enfance ont débuté ainsi, et c'était merveilleux. Il était une fois donc - vers l'an 1789, au temps des rois sans bergère, et de la guillotine prompte - un bon garçon, pour qui tout allait curieusement par trois : habits, maisons et, bien entendu, amours. Trois femmes se disputaient, en effet, le coeur du candide Cadet Rousselle : Isabelle-la-douce ; Violetta-la-passionnée ; Marguerite-la-rouée. Toutes étaient également belles, gracieuses, intelligentes, et Cadet, amoureux des trois, ne voulant faire de peine à aucune, n'arrivait pas à fixer son choix. Cela aurait pu être charmant... Hélas ! être trop aimé des femmes, comme chacun sait, n'est pas une situation de tout repos ! Chassé, délaissé, battu, blessé, pourfendu, trompé, trahi, emprisonné, condamné à mort, gibier en instance de potence, décapité en sursis... rien ne fut épargné à l'infortuné Cadet Rousselle, mais inutilement, puisqu'il restait toujours incapable de se décider : Aussi douce était Isabelle ; Aussi passionnée, Violetta ; Aussi coquettement rouée, Marguerite. Pourtant, d'aventures en périls, de complots en traquenards, de campagnes militaires en prisons politiques, et après avoir frôlé non pas trois, mais cent, mais mille fois la mort, Cadet allait enfin réussir à prendre parti, deux de ses amoureuses ayant, de guerre lasse, abandonné la lice, quand..., d'une pichenette malicieuse, le destin vint tout remettre en question.
Le comédien, c'est celui qui interprète sur une scène le texte des autres. C'est aussi celui qui, la pièce terminée, continue de jouer son propre rôle, dépassant bien souvent la fiction. Voilà le paradoxe du comédien, dont le naturel est de ne jamais l'être. Ah ! quelles comédies étonnantes nous donnent les acteurs en scène, en coulisses et à la ville... C'est sur ce théâtre caché au public que Jean-Paul Lacroix a dirigé ses projecteurs. Voici les comédiens en liberté, démaquillés, démasqués par centaines, de Talma à Charon, de "Madame Sarah" à Delphine Seyrig. Spirituels, puérils, odieux, géniaux... en un mot irrésistibles. Avec leur cabotinage, leur fraternité au curare, leurs amours à la petite semaine. Avec aussi leur exigence professionnelle, leur héroïsme, leurs amitiés pour la vie... leur talent surtout, leur présence ; ce don d'"aller au fond de la salle", ce miracle qui fait que des centaines de personnes, brusquement dépersonnalisées, s'identifient à eux. Un métier exigeant, un mythe éternel : grâce à Jean-Paul Lacroix la farandole magique des comédiens n'est pas près de se rompre. Qui d'entre nous n'a, un jour, rêvé d'y entrer ?
"Je ne suis pas le célèbre auteur du Catalogue d'objets introuvables, mais l'auteur du célèbre Catalogue d'objets introuvables" Ce n'est pas nous qui le disons, mais Carelman lui-même, dont les dessins/desseins n'ont pu vous échapper. L'humour loufoque, qu'est-ce que c'est ? Un comique de l'absurde, en quelque sorte, tissé d'énormités proférées à contre-courant, d'insanités énoncées volontairement par des hommes d'esprit pour parodier les ignares ou les crétins. En somme, ces perles seraient des perles... de culture ! Qui sont les champions de ce sport difficile ? Ils se comptent par dizaines - et vous ne connaissez qu'eux - mais vous ne connaissiez pas toutes leurs trouvailles. Alphonse Allais, Henri Monier, Pierre Dac, Woody Allen, Cavanna, Raymond Devos..., quelle équipe ! Jean-Paul Lacroix, qui fut l'admirable chef d'orchestre de "H comme Humour" et de "S comme Sottise" mène avec talent cette ronde endiablée. Comme il dit : "Plus on est de fous...".