Jean-yves Pouilloux
Jean-yves Pouilloux
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Pour des générations de lecteurs, Montaigne a laissé l'image d'un homme qui prend ses distances avec les soucis, les conflits, les maladies, dont la 'douce sagesse' se plaît dans 'la retraite au sein des Muses', dans sa fameuse tour-bibliothèque. Cette image académique d'un sage à la mode antique et d'une oeuvre, les Essais, compilant les maximes morales et qui pourrait servir de manuel de 'savoir-vivre en une société bien élevée', est ici vigoureusement battue en brèche. C'est un Montaigne aux aguets, traversé d'interrogations, que l'on découvre ici, un homme en perpétuel état d'attention éveillée. Montaigne refuse de prendre son parti des horreurs du temps, sans pour autant s'illusionner sur les résultats de la quête d'idées claires et distinctes que l'on pourrait tenir pour acquises : 'c'est l'incertitude qu'on trouvera au bout du chemin de pensée'. L'époque de Montaigne se montrait tout aussi extravagante que la nôtre, ses réflexions sont aussi d'une brûlante actualité et demeurent des réflexions pour notre temps.
Pour des générations de lecteurs, Montaigne a laissé l'image d'un homme qui prend ses distances avec les soucis, les conflits, les maladies, dont la 'douce sagesse' se plaît dans 'la retraite au sein des Muses', dans sa fameuse tour-bibliothèque. Cette image académique d'un sage à la mode antique et d'une oeuvre, les Essais, compilant les maximes morales et qui pourrait servir de manuel de 'savoir-vivre en une société bien élevée', est ici vigoureusement battue en brèche. C'est un Montaigne aux aguets, traversé d'interrogations, que l'on découvre ici, un homme en perpétuel état d'attention éveillée. Montaigne refuse de prendre son parti des horreurs du temps, sans pour autant s'illusionner sur les résultats de la quête d'idées claires et distinctes que l'on pourrait tenir pour acquises : 'c'est l'incertitude qu'on trouvera au bout du chemin de pensée'. L'époque de Montaigne se montrait tout aussi extravagante que la nôtre, ses réflexions sont aussi d'une brûlante actualité et demeurent des réflexions pour notre temps.
'"Ce livre essentiel, le seul livre vrai, un grand écrivain n'a pas, dans le sens courant, à l'inventer puisqu'il existe déjà en chacun de nous, mais à le traduire. Le devoir et la tâche d'un écrivain sont ceux d'un traducteur." Ces lignes souvent citées sont écrites par Marcel Proust dans le dernier tome de son immense construction, Le temps retrouvé. Elles ne sont pas exactement faciles à interpréter, et l'on a souvent été tenté d'y voir l'expression d'une croyance plus ou moins mystique dans la permanence d'un au-delà de la mort qui viendrait hanter les vivants, ou d'une adhésion à ce qu'on a appelé des tentations spiritualistes voire carrément spirites, ou encore d'une philosophie idéaliste. On peut aussi y lire une véritable "religion de l'art", et de la littérature en particulier. Et tant d'autres, poètes, essayistes, romanciers, qui ont ressenti l'urgence d'ouvrir les yeux, ou comme disait Huxley, reprenant William Blake, d'ouvrir les "Portes de la perception". C'est le parcours que je me propose d'explorer à travers des oeuvres en apparence éloignées les unes des autres, et même hétérogènes, mais, selon moi, mues par une préoccupation analogue. J'espère qu'on acceptera d'accompagner mon cheminement hasardeux, et convaincu, voire obstiné.' Jean-Yves Pouilloux.
'"Ce livre essentiel, le seul livre vrai, un grand écrivain n'a pas, dans le sens courant, à l'inventer puisqu'il existe déjà en chacun de nous, mais à le traduire. Le devoir et la tâche d'un écrivain sont ceux d'un traducteur." Ces lignes souvent citées sont écrites par Marcel Proust dans le dernier tome de son immense construction, Le temps retrouvé. Elles ne sont pas exactement faciles à interpréter, et l'on a souvent été tenté d'y voir l'expression d'une croyance plus ou moins mystique dans la permanence d'un au-delà de la mort qui viendrait hanter les vivants, ou d'une adhésion à ce qu'on a appelé des tentations spiritualistes voire carrément spirites, ou encore d'une philosophie idéaliste. On peut aussi y lire une véritable "religion de l'art", et de la littérature en particulier. Et tant d'autres, poètes, essayistes, romanciers, qui ont ressenti l'urgence d'ouvrir les yeux, ou comme disait Huxley, reprenant William Blake, d'ouvrir les "Portes de la perception". C'est le parcours que je me propose d'explorer à travers des oeuvres en apparence éloignées les unes des autres, et même hétérogènes, mais, selon moi, mues par une préoccupation analogue. J'espère qu'on acceptera d'accompagner mon cheminement hasardeux, et convaincu, voire obstiné.' Jean-Yves Pouilloux.